Fracture numérique : l’accès à Internet ne fait pas tout share
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Fracture numérique : l'accès à Internet ne fait pas tout

11 janvier 2012

Sur les plus de deux milliards d’internautes dans le monde, près de 62% d’entre eux vivraient dans des pays en voie de développement. Une bonne nouvelle qui montrerait que la fracture numérique entre les différentes régions du globe tend à se réduire. 

Mais malgré ces chiffres encourageants, Mark Graham, chercheur à Oxford, appelle, sur son blog sur le site du Guardian, à penser cette fracture numérique au delà du simple accès à Internet. 

Au coeur de son argumentation, la forte « division numérique » en matière de production de contenus en fonction des continents :

« Beaucoup pensent que, désormais, nous avons tous accès à ce que le fondateur de Wikipedia appelle « la somme des connaissances humaines ». En théorie, les parties du monde laissées de côté par le flot des savoirs ne le sont plus. »

Mais l’auteur s’empresse d’apporter un bémol à ce qui n’est, selon lui, qu’un préjugé :

« Cette potentialité a trop souvent été mise en avant par rapport aux usages réels. De profondes divisions numériques du travail sont des évidences sur toutes les plateformes qui usent des contenus générés par les utilisateurs »

L’abolition des distances et d’une certaine géographie grâce à Internet ne suffirait donc pas, si chaque internaute ne s’approprie pas les outils offerts sur le Web. L’auteur cite ainsi deux exemples :

  • sur Flickr, l’immense majorités des photos proviennent des Etats-Unis, d’Europe et du Japon,
  • même chose sur Wikipedia, il y aurait plus d’articles écrit à propos de l’Allemagne que sur l’Afrique et l’Amérique du Sud réunis.

Ce qui ne signifie pas « qu’Internet n’a pas d’importantes implications dans les pays en développement » s’empresse de préciser Mark Graham. Mais il craint à terme « un accroissement des divisions entre d’un côté plusieurs centres numériques, et leurs périphéries de l’autre ».

« En d’autres termes, il y a des inégalités massives qui ne peuvent pas être simplement expliquées par les taux de pénétration inégaux d’Internet en fonction des pays. Une série d’autres barrières, physiques, sociales, politiques et économiques, renforcent cette fracture numérique, amplifiant le pouvoir d’information de ceux déjà au pouvoir et visibles » explique le chercheur.

Comment les réduire alors ? « En permettant aux gens de voir ce qui est et ce qui n’est pas représenté sur Internet » et en encourageant des plans pour « stimuler la la production de contenus numériques locaux » à l’image du projet Wikimedia’s Arabic Catalyst, qui cherche à encourager la production de contenus en arabe et sur le Moyen-Orient.

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