Grand plan numérique pour l’école : les tablettes resteront-elles au placard ? share
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Grand plan numérique pour l’école : les tablettes resteront-elles au placard ?

27 octobre 2014

Considéré comme l’un des grands chantiers du gouvernement, le « Grand plan numérique pour l’école » avait été annoncé par François Hollande le 14 juillet dernier, dans une optique de transition numérique des écoles. Alors que l’une de ses principales promesses consiste à équiper les élèves en tablettes électroniques, Emmanuel Davidenkoff, le directeur de la rédaction de l’Etudiant fait part de ses interrogations quant à l’intérêt de cette mesure en l’absence d’une véritable démarche pédagogique.

Le 2 septembre, face aux élèves du collège Louis-Michel de Clichy-sous-Bois (Seine Saint-Denis) François Hollande faisait état des trois objectifs principaux du plan : le déploiement du très haut débit dans près de 16 000 écoles françaises, une formation appropriée des enseignants pour accompagner la transition numérique ainsi qu’une mise à disposition de livres scolaires au format ebook. Avec une ambitieuse perspective : équiper 70% des élèves du primaire et du collège ainsi que 100% des enseignants en PC-tablettes dotés de ressources pédagogiques numériques d’ici 2020.

Alors que des chercheurs tels que Tim Bell élaborent des exercices « unplugged » et des activités telles que la menuiserie ou le tricot pour permettre aux enfants de mieux appréhender la programmation, et quand fleurissent les écoles repoussant l’utilisation quotidienne des écrans, l’équipement systématique des écoles en tablettes n’est-il pas une solution de facilité ? S’il est certain que cette mesure permettrait aux élèves d’alléger leurs cartables, régulièrement jugés trop lourds, la principale réflexion à apporter devrait se concentrer sur l’utilisation de l’outil et la modification des modes d’apprentissage que celui-ci implique, selon Emmanuel Davidenkoff qui déplore l’absence de « dispositifs pédagogiques propres à faire entrer les élèves dans la pensée numérique ». 

Selon le spécialiste de l’éducation – qui n’est pas réputé pour son scepticisme à l’égard des nouvelles technologies, cette démarche pédagogique s’impose pour garantir le succès de l’équipement. Et rentabiliser au passage un plan de près de 700 millions d’euros.

Plus d’informations avec la chronique d’Emmanuel Davidenkoff dans L’Express.

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