Guerre des blagues : les ordinateurs rattrapent l’homme sur le terrain de l’humour share
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Guerre des blagues : les ordinateurs rattrapent l'homme sur le terrain de l'humour

8 avril 2014

Habitués à ce que les ordinateurs nous battent aux échecs ou soient meilleurs que nous en calcul, nous ne pensions pas qu’ils pourraient aussi conquérir le terrain de l’humour. Et pourtant : les ordinateurs progressent, nous expliquait Wired dans un article publié le 2 avril dernier.

Jusqu’à peu, imaginer un futur de l’humour dominé par les ordinateurs revenait à imaginer un monde fait de mauvaises blagues Carambar ou de boutades insensées. Démonstration :

– What kind of animal rides a catamaran?
– A cat.

( Quel animal navigue sur un chatamaran ? Le chat.)

– What is the difference between leaves and a car?
– One you brush and rake, the other you rush and brake.

( Blague malheureusement intraduisible car jouant sur les sonorités)

La raison ? Définir un programme capable de faire de l’humour revient d’abord à définir ce qu’est l’humour, un débat sur lequel les philosophes n’ont jamais pu trancher : moquerie de l’infortune d’autrui pour Platon, expression des pulsions refoulées pour Freud, incongruité pour Bergson… Plusieurs modèles se confrontent donc, mais ce qui pose principalement problème, c’est surtout d’inclure dans un programme tous les éléments proprement humains qui font l’humour (expressions, émotions, situations, culture…).

Pourtant MANATEE, l’ordinateur faiseur de blagues, est l’un des premiers programmes humoristiques à ne pas trop mal s’en sortir. Confronté à un comédien de stand-up newyorkais en vue, l’ordinateur aurait, du propre aveu du comique, surpassé son concurrent dans un type de blague bien précis. Comprenant le langage de façon mathématique, l’ordinateur a ainsi pu trouver des analogies amusantes dans le cadre de la structure de blague « J’aime xx comme j’aime yy : zz ».

Résultats (plutôt graveleux) :

J’aime les doigts comme j’aime les post-it : collants

J’aime les règles comme j’aime les verbes : irrégulières

Manque peut-être encore à l’ordinateur la capacité de faire des clins d’œil aussi potaches que ceux des humains. Aucun doute donc : les machines ont encore beaucoup à apprendre, puisque là-dessus nous les surpassons indéniablement.

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