Hackathon Nec Mergitur : l’innovation pour renforcer la sécurité de Paris share
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Hackathon Nec Mergitur : l’innovation pour renforcer la sécurité de Paris

18 janvier 2016

Au Conseil de Paris, Anne Hidalgo s’était engagée à mobiliser les experts français et internationaux du numérique pour anticiper et contrer les menaces terroristes. Son engagement a pris forme ce week-end avec l’organisation du hackathon « Nec Mergitur » : 3 jours de réflexion collective autour du développement de services à l’usage de la police, des hôpitaux et des pompiers en situation d’urgence. RSLN y était.

400 participants, 38 équipes et 3 jours de travail au sein de l’Ecole 42 : à peine plus de deux mois après les attentats du 13 novembre 2015, hackers, ingénieurs, graphistes, entrepreneurs et fonctionnaires se sont rassemblés pour réfléchir collectivement à des solutions technologiques aux problèmes divers rencontrés par les autorités :

Une « première mondiale » selon Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris chargé de l’urbanisme, de l’architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité.

Les équipes constituées le vendredi 15 janvier 2016 au soir, dont les membres ne se connaissaient pour la plupart pas avant cette date, avaient donc trois jours pour proposer des solutions concrètes, directement réalisables, à un parterre de spécialistes ainsi qu’à la Maire de Paris, Anne Hildago, Jean-Louis Missika ou encore Michel Cadot, préfet de police de Paris.


Au total, 38 projets ont été présentés au terme des trois jours de réflexion. Une dizaine d’entre-eux ont reçu une mention spéciale.

Plans d’évacuation open-source et SMS pour le 17 au rendez-vous

Parmi les projets finalistes, quatre se sont particulièrement distingués. SOms et Navarro Hotline se sont ainsi penchés sur la problématique d’une alternative SMS aux plateformes d’urgence traditionnelles – des 17, 18 et 112. Pour éviter leur saturation, Jérôme Idelon, porteur du projet SOms, propose «  une solution qui permet de collecter des données sans intervention humaine, de façon automatisée, universelle, rapide. Aujourd’hui on appelle le 17, demain on pourra envoyer des SMS au 17 ». L’innovation vient surtout de l’identification rapide par SMS du type de situation – tirs, incendie ou agression, pour ne citer qu’eux -, de la personne et de l’envoi de consignes adaptées en attendant une éventuelle intervention.

Destinés à accélérer la recherche de plans de bâtiments, OpenEvacMaps et Repaire se sont également illustrés en proposant respectivement un service de crowdsourcing des plans d’évacuation et un système de recherches de plans de bâtiments publics. Ce dernier s’adresse en particulier aux services d’intervention de police, aux secours et à la préfecture.



Le traitement automatisé de l’information décliné sous toutes ses formes

Parmi les solutions les plus utilisées par les équipes de Nec Mergitur, le traitement automatisé et algorithmique de l’information a connu un franc succès. Net-Merge-Tur, dont la démarche a été validée par Twitter France, s’en est ainsi inspiré pour prévenir la radicalisation en ligne et mieux cibler les comptes auxquels adresser un contre-discours.

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Sur le même principe, l’équipe Etaonis a quant à elle proposé un outil d’analyse automatique des informations présentes sur les réseaux sociaux, et surtout des contenus des tweets, propice à une meilleure synthèse de la situation et à la prise de décision des autorités publiques.  

Lemon Tree en a également fait sa principale ressource pour soulager les plateformes d’appel en cas d’urgence en proposant d’analyser la voix des appelants pour déterminer leur niveau de stress et mieux hiérarchiser l’importance des différentes situations.

Enfin, Dispatch Victim s’est attaché à fluidifier l’orientation des blessés vers les différents centres hospitaliers, en fonction du niveau de tension et de la proximité géographique. Un outil pertinent non seulement en cas d’urgence mais aussi au quotidien, puisque 1 000 transports médicalisés sont dénombrés par jour au sein de Paris et de la petite couronne. 

L’esprit « hackathon » : une démarche à renouveler pour favoriser l’innovation à Paris ?

« C’est émouvant de voir cette intelligence réunie pour trouver des solutions à partir des situations concrètes qu’on a connues, tragiques, et d’imaginer comment on pourrait mieux y répondre », déclarait Anne Hidalgo lors de la clôture de l’événement, en promettant que les idées soulevées ne tomberaient pas dans l’oubli et feraient pour certaines l’objet d’une discussion avec Martin Hirsch, directeur de l’APHP, et Pierre Carli, médecin chef du Samu de Paris. 

« C’est un sacré accélérateur. S’il avait fallu attendre le rythme de nos institutions, dans trois ans, on y serait encore », a-t-elle ajouté.

Et Pascal Sanjuan, secrétaire général pour l’administration de la Préfecture de police de renchérir : « Nous avons vu qu’en deux jours, nous étions capables d’avancer sur ces problématiques concrètes et importantes. Je tiens à saluer la formidable réaction de la communauté de l’innovation aux actes barbares qui ont endeuillé notre territoire en janvier et en novembre. »

De quoi donner aux autorités l’envie de renouveler l’expérience : un hackathon pourrait ainsi être prochainement organisé sur l’épineux sujet qu’est l’emploi à Paris. 



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