« In Case You Missed It » : la fuite du temps à l’heure des réseaux sociaux share
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"In Case You Missed It" : la fuite du temps à l'heure des réseaux sociaux

3 juin 2014

A l’image de l’abréviation LOL dont on fêtait les 25 ans il y a peu, l’acronyme ICYMI pour In Case you Missed It (en français, « Si vous l’avez raté ») s’est imposé dans le langage des utilisateurs de Twitter. Dans NewStatesman, Elizabeth Minkel revient sur cette expression pour la consacrer comme le syndrome d’un temps mis sous le joug des réseaux sociaux.

ICYMI, une arme pour arrêter le flux et remonter le temps

Apparue pas moins de 900 000 fois le mois dernier, la mention ICYMI fait partie de l’art de recommander un lien et est souvent assimilée à une forme d’auto-promotion. Il s’agit surtout de rattraper le temps et de remettre à jour perpétuellement les pendules avec en renvoyant des informations importantes à nos yeux. Car « notre conception du temps a été déformée à l’ère numérique », précise Elizabeth Minkel.

Elle perçoit ainsi cet acronyme comme une injonction à courir après le temps, contre la dictature du temps réel qui nous plonge dans la frénésie du flux. Par son emploi, on essaierait de le court-circuiter en y mettant un point final. Une équation pourtant impossible, puisque le temps réel et l’écriture hypertextuelle – propres à Twitter – n’ont pas de point d’arrêt et seraient plutôt de l’ordre du tonneau des Danaïdes.

ICYMI, un levier de visibilité 

Elle permettrait aussi de lutter contre le volume de partages qui ne cesse de grossir sur Twitter. En 2011, Elizabeth Minkel a ainsi relevé que 70% des tweets n’avaient généré aucune interaction. Alors comment sortir du flot, comment faire d’une actualité, celle de l’instant, si ce n’est par le marqueur ICYMI ?

ICYMI, un remède au FOMO ? 

Ce syndrome de l’ICYMI, elle le rapproche du FOMO, l’acronyme de Fear Of Missing Out (en français, la peur de rater quelque chose – dans la « vie réelle » – que causent les événements postés sur les réseaux sociaux). Il provoque un sentiment de frustration, un état que l’on tenterait de dépasser avec la mention ICYMI. 

Mais las : si l’info est désormais ubiquitaire, il faut peut être accepter le simple fait que nous autres, pauvres humains, ne connaissons pas encore ce don. 

Pour en savoir plus, c’est ici dans l’article de NewStatesman.

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