Innovation, crise et peur du vide

6 novembre 2012

Innover fait peur, par essence, car cela implique la découverte de quelque chose de nouveau. Un grand saut dans le vide. Les chances de réussir sont faibles. Echouer, à moins d’être inconscient, fait universellement peur. Mais jusqu’où cette peur est-elle supportable? 

Le “café du commerce” nous dit que les Français n’osent pas prendre de risque, parce qu’ils auraient peur d’échouer. Par contraste, la Silicon Valley serait la région où tous les risques sont possibles. Contrairement aux idées reçues, la Silicon Valley est un environnement doté cadre très rassurant pour l’innovateur. La région a su développer la “prise de risque” encadrée. Il y a des “règles”, connues de tous, et un parcours presque mythique de l’innovateur créateur. Une vraie culture du mentoring et de l’accompagnement, qui rassure à toutes les étapes. Et qu’a-t-on à perdre à 20 ans? Création de l’entreprise très jeûne, accompagnement, par l’université, puis par les investisseurs. Bref, un univers balisé, finalement très normé, dans lequel même l’échec est prévu dés le départ, le rendant bien moins effrayant. 

Les périodes de crise sont rarement propices à la prise de risque. Individuellement, nous voulons nous protéger. Collectivement, nous souhaitons protéger nos acquis. Pourtant, ce sont dans ces moments de troubles que nous avons le plus besoin de l’innovation, et que la peur du risque nous freine. Encadrer la prise de risque liée à l’innovation, l’accompagner pour rendre le passage à l’acte moins effrayant, et encourager les jeunes à monter leur start-up sont les voies qu’il nous faudrait explorer. 

André Citroën avait coutume de demander aux jeunes ingénieurs qui voulaient travailler pour lui “qu’avez-vous inventé”? Il faut retrouver cet esprit d’inventeur. 

 

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