Quel est l’impact environnemental d’un e-mail ?

Histoire du web 29 août 2016
Chaque heure, plus de 10 milliards d’e-mails sont envoyés dans le monde. Un chiffre en constante augmentation, tout comme l’énergie consommée et son impact environnemental. Retour sur les implications bien réelles de cet objet numérique.

Pour la plupart des utilisateurs, appuyer sur le bouton «envoi» d’un email est une action complètement virtuelle. Pourtant, des data center aux ordinateurs ou smartphones utilisés, l’envoi d’un e-mail consomme une part non négligeable de l’énergie produite sur Terre. Avec des conséquences bien réelles sur les émissions de gaz à effet de serre ou l’extraction des matières premières. Surtout si, comme le prédit le Radicati Group, nous passons de 4,4 milliards de comptes e-mail en 2015 à près de 5,6 milliards en 2019.

Le trajet d’un e-mail de l’envoi à la réception : des kilomètres de câbles, des milliers de serveurs…

Lorsque vous envoyez un e-mail à votre correspondant, ce message suit un trajet et parcourt des infrastructures très concrètes, sans parler du device que vous utilisez, qui consomment de l’énergie électrique. L’e-mail est d’abord envoyé au data center de votre fournisseur d’accès, où il est traité et stocké grâce à de serveurs informatiques. Il est ensuite renvoyé par votre fournisseur d’accès au fournisseur d’accès de votre correspondant, qui le stocke et le traite également avant de l’expédier à votre correspondant. Le tout en passant par des kilomètres de câbles, 15 000 en moyenne.

Pour traiter toutes ces informations et stocker les e-mails, les data center ont besoin d’être alimentés en énergie, à la fois pour alimenter les serveurs et pour les refroidir, sans oublier les systèmes électriques redondant pour assurer un fonctionnement continu en cas de panne de serveurs.

… et des impacts environnementaux importants

Cette consommation d’énergie a un impact environnemental non négligeable. Dans un rapport de 2014, l’Ademe estimait que l’envoi d’un e-mail de 1 Mo produit l’équivalent de 15 grammes de CO2. L’impact climatique varie avec le poids des pièces jointes et le nombre de destinataires. Par exemple, l’envoi de 33 e-mails d’1 Mo à 2 destinataires par jour et par personne génère annuellement des émissions équivalentes à 180 kg de CO2, soit l’équivalent de plus de… 1 000 km parcourus en voiture. Au niveau d’une entreprise de 100 collaborateurs, l’envoi d’e-mails génèrerait ainsi 13,6 tonnes de CO2 par an.

Et cet impact ne se limite pas aux gaz à effet de serre : l’envoi d’un e-mail avec une pièce jointe de 1Mo consomme 7,5 g équivalent de fer, soit le poids d’une pièce de 1€. Les équipements électroniques (des devices personnels aux serveurs des data centers) nécessitent en effet d’importantes ressources pour leur production, notamment des métaux rares.

Sans compter les spams, qui utiliseraient annuellement autant d’énergie que l’équivalent de la consommation de 2,4 millions de foyers américains, et autant d’émissions de gaz à effet de serre que 3,1 millions de voitures consommant 7,5 milliards de litres d’essence.

Quelques bonnes pratiques

Alors que faire pour limiter l’impact écologique de l’envoi d’e-mails ? Le rapport de l’Ademe évoque plusieurs pistes :

  • Réduire de 10 % les envois d’e-mails incluant systématiquement son responsable et un de ses collègues. Ce qui permettrait d’économiser environ 1 tonne équivalent CO2 par an pour une entreprise de 100 personnes.
  • Utiliser un ordinateur portable, qui consomme 50 % à 80 % moins d’énergie qu’un ordinateur fixe.
  • Installer un anti-spam.
  • Réduire la taille des pièces jointes ou trouver des solutions alternatives (lien hypertexte, site de transfert, cloud).

Autant de gestes qui demandent peu de clics, mais peuvent avoir un effet bénéfique sur l’environnement.

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