Handicap et nouvelles technos : un business pas tout à fait comme les autres share
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Handicap et nouvelles technos : un business pas tout à fait comme les autres

8 février 2010

(visuel : 958, par Robert S. Donovan, licence CC)

Monde du handicap d’un côté, et des nouvelles technos de l’autre : Georges Lamy Au Rousseau, jeune créateur d’entreprise, a eu l’occasion d’explorer les relations entre ces deux sphères, qui ne se parlent pas forcément suffisamment à son goût. « Même si on commence à sentir que cela bouge pas mal … », complète-t-il aussitôt.

Après une formation d’ingénieur
(HEI Lille), complétée d’une thèse de doctorat en physique, ce scientifique a passé dix ans dans les très sérieux laboratoires de recherche du ministère de la Défense. « Je me suis spécialisé en visée stellaire, un système de repérage qui permet de déduire la position d’un mobile par rapport à une référence … dont les satellites, par rapport aux étoiles », explique-t-il.

A priori, tout cela n’a pas grand rapport avec le handicap.
Le déclic se produit un peu plus tard : « En 2006, je crée ma société, pour explorer certains des usages qui me semblaient permis par les recherches que je menais. » Entre deux commandes traditionnelles (des histoires de routage, de satellites, et de positionnement, toujours), Starnav développe Head Pilot. Cette solution permet d’accéder à toutes les fonctionnalités d’un ordinateur, sans aucun contact, grâce à des mouvements de tête – déduits, vous l’aviez compris, à partir de ce fameux principe de visée stellaire. Pas de grand équipement spécifique : le tout se pilote à partir d’une caméra et d’un boîtier branché sur un simple port USB.

Très rapidement, Georges Lamy Au Rousseau va comprendre l’intérêt
que son projet peut revêtir dans le secteur du handicap, et entame un travail de « work in progress » avec des utilisateurs potentiels. Premier constat rapidement effectué : l’abattement des barrières permis par les nouvelles technos. « Toutes les personnes handicapées rencontrées nous ont expliqué que l’un de leur plus grand souhait était de pouvoir utiliser les messageries instantanées, qui leur permettent d’enlever toute trace de handicap … pour peu qu’elles puissent taper assez vite, par exemple », raconte le jeune patron d’entreprise. Conséquence pratique : Head Pilot intègre un logiciel de reconnaissance de texte.

Le second enseignement retiré est quasi-psychologique … mais a, lui aussi, des conséquences très pratiques : « La plupart des logiciels disponibles reposent sur un contrôle par les yeux. Mais allez expliquer à un handicapé qui dispose totalement de la maîtrise des mouvements de sa tête, qu’il ne doit plus s’en servir : il ne voudra surtout pas renoncer à cette liberté ! »

Oui, mais voilà : plutôt bien intégrée dans les réseaux classiques de l’entreprenariat (subventions d’Oséo, intégrations aux réseaux locaux d’entrepreneurs, …), Starnav, localisé  à côté de Caen, ne va pas particulièrement trouver d’écosystème « handicap et nouvelles technos » prêt à l’épauler dans sa démarche. « C’est d’autant plus difficile que, lorsque nous nous présentions à des décideurs, les produits n’étaient pas encore tout à fait achevés. C’est à peu près contraire à toutes les règles du marketing … »

A force de persuasion, Starnav a aujourd’hui trouvé
quelques clients pour son produit. « L’argent n’est pas souvent le problème mis en avant par les acheteurs potentiels », analyse Georges Lamy Au Rousseau. « A plusieurs reprises, on nous a opposé un problème administratif et décisionnel : notre produit ne trouvait pas forcément sa place dans les achats traditionnels … ».

> Pour aller plus loin :

– Starnav présentera son projet, mercredi 10 février, aux TechDays, organisés par Microsoft France (éditeur de RSLNmag.fr) à Paris.

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