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Lu pour vous : « La télésanté, atout pour le bien être »

9 décembre 2009

(photo : Reconstruction en 3D d’un angioscanner, examen radiologique non invasif qui permet la visualisation des vaisseaux sanguins / avec l’aimable autorisation du docteur Allouch, clinique Ambroise Paré, Neuilly-sur-Seine )

Quinze recommandations précises pour un plan d’action étalé de 2010 à 2014, entre 1.000 et 2.000 créations de « Maisons de santé – télésanté », le tout pour un budget de 6,5 milliards d’euros : le député (UMP) Pierre Lasbordes a remis, le 12 novembre, un rapport intitulé « La télésanté : un atout au service de notre bien-être ». RSLNmag.fr décrypte ce document, qui aborde des enjeux essentiels, comme la lutte contre la désertification médicale, le maintien à domicile des patients, et les économies potentielles réalisées grâce à la télésanté.
 
1. De quoi on parle ?

Expliquez à un médecin qu’il pratique la « télésanté », et il risque de vous faire les gros yeux. Le rapport de Pierre Lasbordes insiste en effet sur une pleine page (p.37) sur la différence entre « télésanté » et « télémédecine ». La première se limite principalement à des thématiques médico-sociales, ou à vocation d’information : création d’un portail grand public d’information, création de communautés et de réseaux de santé, jeux électroniques pour séniors, rentrent ainsi dans ce champ. La télémédecine, déjà définie dans la loi, dans l’article 78 de la loi Hôpitaux, patients, santé, territoires, « relève du champ exclusivement médical », souligne le député. Au menu ? Les diagnostics à distance, mais également les actes d’assistance de médecins entre eux (aide à la décision médicale apportée à un médecin par un autre médecin situé à distance, à partir d’éléments d’informations médicales de caractère multimédia), télésurveillance médicale (transmission et interprétation par un médecin d’un indicateur clinique, radiologique ou biologique, recueilli par le patient lui-même ou par un professionnel de santé), notamment.
 
2. Qui va développer la télésanté ?

L’Etat, mais pas seulement. A l’échelle territoriale, Pierre Lasbordes souhaite mobiliser les Agences Régionales de Santé (ARS) : la mise en place de « projets pilotes », pendant une première phase (2010-2011), doit ainsi  « figurer dans les objectifs annuels du directeur général de chaque ARS », plaide le député. Nationalement, le parlementaire souhaite la création d’une délégation interministérielle pour la télésanté, rattachée au ministère de la Santé. Objectif : garantir une « gouvernance forte ». Mais la puissance publique ne doit pas être, seule, sollicitée, selon Pierre Lasbordes : le parlementaire souhaite ainsi que les plus grands projets fassent l’objet de partenariats publics-privés (PPP).

Et pour former des interlocuteurs « relais », le rapport avance une proposition très concrète : créer, à l’Ecole des hautes études en santé publique (Ehesp), un master « TIC et santé », qui sera ouvert aussi bien à des ingénieurs que des médecins, ou des gestionnaires d’établissements.
 
3. Où cela se passe-t-il ?

Contribuer, via les TIC, à réduire la « fracture médicale », pour « garantir un accès égalitaire à des soins de qualité » aux Français : l’objectif assigné au développement de la télésanté est clair. Il se traduit évidemment par la volonté de multiplier les soins pouvant être prodigués au domicile du patient, à distance. Il faut permettre « aux personnes âgées, fragiles, et/ou dépendantes, de continuer à vivre en toute sécurité dans leur de vie habituel ou de le rejoindre au plus tôt après un séjour à l’hôpital », écrit notamment le parlementaire (p.14). Mais la création de lieux relais est également nécessaire : Pierre Lasbordes suggère la création de 1.000 à 2.000  maisons de santé (des établissements souvent plurisdiciplinaires regroupant des médecins), labellisées « télésanté ».
 
4. Combien ça coûte ?

Pierre Lasbordes estime à 6,5 milliards d’euros le coût de son plan quinquennal, répartis en un coût de 2 milliards d’euros à la charge des professionnels de santé (équipement initial, puis fonctionnelement), et 4,5 milliards d’euros pour les patients et les aidants. Cette somme a priori importante est à mettre en regard des économies potentielles (chaque année, le budget des transports sanitaires pèse 3,4 milliards d’euros) … et représenterait, au total, entre 0,5% et 1% des 215 milliards d’euros annuels de dépenses de santé.

> Pour en savoir plus : le dossier "La santé du futur" 

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