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Pourquoi les touches de notre clavier sont-elles dans cet ordre-là ?

L'Antisèche 29 décembre 2011
Dans les pays francophones, les six premières lettres du clavier sont « azerty ». Les anglophones utilisent eux un clavier « qwerty ». Et les germanophones un « quertz ». Pourquoi n'existe-t-il pas un clavier universel ?
Azerty, Qwerty, Quertz... Pourquoi les touches de notre clavier sont-elles dans cet ordre-là ? Pas pour que l'on tape moins vite

Mon Azerty

D’abord, quelques définitions toutes simples. Un clavier « azerty » est le clavier le plus répandu dans les pays francophones. Azer… comment ? Azerty : comme les six premières lettres de la première rangée de votre clavier. Celle de tout en haut à gauche, lue de gauche à droite –dans le sens logique de notre lecture.

De l’autre côté de l’Atlantique, de la Manche les claviers sont en « qwerty ». Et outre-Rhin, ils sont en Quertz. Et les lettres ne sont pas exactement à la même place. Mais pourquoi ?

Sholes et les machines à écrire

Vous vous êtes peut-être fait la réflexion un jour. Mais pourquoi les lettres de mon clavier ne sont pas dans l’ordre alphabétique ? Et vous avez peut-être lu quelque part qu’il s’agissait de ralentir la vitesse de frappe sur les machines à écrire. C’est faux.

D’abord, parce que lorsque le premier clavier a été inventé, non il n’y avait pas de dactylos à ralentir. Ensuite parce que le but de la machine à écrire était tout de même de… pouvoir écrire.

Les machines à écrire ont par contre déterminé la place des lettres sur votre clavier.

Si vous avez déjà vu fonctionner une machine à écrire, vous avez sans doute remarqué que ce sont de petits marteaux qui viennent frapper le ruban encreur. Et bien, au moment de la création de cette machine par Christopher Latham Sholes, en 1873, l’inventeur s’est rendu compte que si les lettres étaient disposées dans l’ordre alphabétique, les marteaux se télescopaient, rendant ainsi l’écriture impossible ou alors bien trop lente. Pour une version sympathique –en langue anglaise- de l’histoire de la machine à écrire, c’est par ici.

Mais pourquoi n’y a-t-il pas eu d’évolution du clavier ?

En fait, il y aurait pu en avoir. Et oui, d’autres personnes se sont déjà penchées sur l’ergonomie imparfaite de ce charmant outil qui nous sert à écrire, chatter, chercher, surfer, etc.

Sholes lui-même avait repéré le problème de ralentissement du clavier qwerty. Mais Remington qui se chargeait à l’époque de vendre la géniale invention, était suffisamment satisfait du succès de la machine à écrire. Les seules modifications apportées par Sholes ont donc été la possibilité d’écrire en capitales et en minuscules.

En 1932, c’est au tour d’August Dvorak d’inventer un nouveau clavier. Le pédagogue et professeur en psychologie à l’université de Washington avait mis au point, après dix années de recherche, un clavier plus ergonomique et surtout plus facile à prendre en main.

La disposition Dvorak, conçue pour le confort de l’utilisateur et repose sur plusieurs principes :

– utiliser les deux mains lors de la frappe

– se servir d’abord de la rangée centrale, ensuite la rangée du haut et en dernier la rangée du bas

– solliciter les doigts les plus habiles, à savoir l’index et le majeur.

Voici une image d’un clavier Dvorak :

Et pourquoi alors n’utilisons-nous pas tous ce système ? D’abord, parce qu’une fois que nous avons appris à écrire avec le clavier, nous nous disons tous que cela ne vaut pas le coup de prendre le temps de réapprendre avec un autre système. C’est ce qui a donné lieu à la théorie de la dépendance au sentier, ou path dependence, qui dénonce l’incapacité à adopter des systèmes supérieurs à ceux existants par simple influence du passé.

Ensuite parce qu’il n’a pas été prouvé de façon stricte que ce système fait gagner du temps. Et enfin, chez nous francophones, parce que le clavier a été optimisé pour la langue anglaise.

L’ère numérique n’y a rien changé ?

Pourquoi le clavier n’a pas fait l’objet d’évolutions au moment de l’apparition des systèmes numériques ? Et bien, le clavier d’ordinateur était déjà une petite révolution lors de son apparition. L’idée était même de garder la similarité d’apparence avec les claviers des machines à écrire afin de ne pas dérouter les utilisateurs.

Apparus dans les années 1960, les claviers numériques sont une véritable interface homme-machine. Depuis, la forme de votre clavier n’a pas finie d’évoluer. Par exemple des claviers « droits », c’est-à-dire en escalier comme les premières machines à écrire, nous passons peu à peu aux claviers plats reconnus comme plus ergonomiques.

Les touches n’ont cessé d’être plus nombreuses et plus adaptées aux usages, avec notamment le pavé numérique, les touches de fonction ou les touches multimédia. Et aujourd’hui, encore, il continue d’évoluer, principalement, avec les claviers des téléphones portables ou des écrans tactiles.

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