Interdiction d’Uber en Allemagne : la start-up fait de la résistance share
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Interdiction d'Uber en Allemagne : la start-up fait de la résistance

3 septembre 2014

Un tribunal de Francfort vient tout juste d’interdire à Uber, l’application de taxis privés, de déployer ses services en Allemagne. Le pays, qui aurait constitué son marché le plus important en Europe, a ainsi statué que la société ne disposait pas des permis nécessaires à l’exercice de son activité. Cette décision entrave le développement de la start-up déjà présente dans près de 45 pays. Une information que nous relaie Mashable dans un article publié le 3 septembre.
 
Cette injonction temporaire contre Uber est le fruit d’une action intentée par Taxi Deutschland et constitue un véritable virage juridique. Elle fait écho aux décisions récemment prises contre ce nouvel acteur des transports en Belgique ou en France, et marque le mécontentement de plusieurs milliers de chauffeurs de taxis européens face à la « vague Uber ». Ceux-ci craignent de subir le même sort que les taxis new-yorkais, qui pâtissent amèrement de la concurrence. Début juin, un grand nombre d’entre eux s’était déjà lancé sur les routes européennes, de Berlin à Barcelone, pour protester et appeler à une réaction de la part de leurs gouvernements respectifs.

Une concurrence déloyale

Pour le tribunal, la start-up, désormais valorisée à plus de 18 milliards de dollars et présente dans près de 200 villes à travers le monde, offrirait des services comparables à ceux d’un taxi classique, à un tarif avantageux et sans se préoccuper des normes locales, créant alors une situation de concurrence déloyale.

Contrairement aux compagnies traditionnelles de taxis, Uber ne s’embarrasse pas des autorisations et assurances nécessaires à l’exercice normal de cette activité et maintient que sa principale vocation est de relier plus facilement et efficacement les conducteurs de taxis à leurs clients par le biais de son application.

Si la société compte faire appel de la décision prise par les autorités allemandes, elle ne semble pas véritablement inquiétée. Malgré les sanctions encourues, le directeur Europe de l’Ouest d’Uber, Pierre-Dimitri Gore-Coty, a ainsi déclaré que son entreprise poursuivrait malgré tout son activité dans toute l’Allemagne. Chaque véhicule de la société contrôlé en situation d’infraction encourt jusqu’à 250 000 euros d’amende.

Vers une intervention à l’échelle européenne ?

En France, une proposition de loi prévoyant d’interdire le repérage des services de voiturage par smartphones devrait être adoptée définitivement le 9 septembre, faisant suite à l’imposition d’un délai d’attente de 15 minutes pour les usagers de l’application, abrogé depuis. Le tribunal correctionnel de Paris doit, quant à lui, rendre mi-octobre sa décision sur l’offre de transports de particuliers de la petite entreprise.

Cette mesure du tribunal de Francfort n’est pas sans rappeler les récentes réactions face au développement d’AirBnB, le service de location d’appartements entre particuliers, et souligne le fort succès que rencontrent ces acteurs alternatifs du numérique.

Plus d’informations ici.

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