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Internet offre moins de diversité linguistique que la presse et la radio

21 mars 2014

Internet mérite-t-il sa réputation de Tour de babel virtuelle ? En réalité, 250 langues sont bien établies en ligne, mais 140 sont sous-représentées et plus de 6700 sont totalement absentes : c’est ce que révèle une étude d’Andras Kornai, professeur en linguistique informatique à l’Institut Technologique de Budapest, relayée par Al Jazeera. Avec au moins 280 millions d’exclus linguistiques – soit près de 4% de la population mondiale – le média offre ainsi moins de diversité linguistique que la presse papier ou la radio.

Des réseaux sociaux qui connectent le monde, des moteurs de recherche qui rassemblent les informations à l’échelle planétaire, des encyclopédies participatives… au-delà du mythe universaliste, y a-t-il vraiment de la place pour toutes les langues en ligne ? 

Certes, on peut trouver en ligne des applications en cherokee ou en navajo et la présence en ligne de nombreuses lanques rares rappelle les opportunités que représente théoriquement le réseau des réseaux pour le partage inter-culturel. Mais si la production, diffusion et consommation de contenus est en apparence plus simple sur Internet que sur les médias traditionnels, pour Ross Perlin, linguiste et auteur de l’article, chaque medium a ses limites et celle d’Internet, c’est d’être monoculturel depuis sa création.

L’initiative d’Unicode, visant à rendre le code compréhensible par tous, s’est notamment vue entravée par un « anglocentrisme » que l’on retrouve à toutes les strates du média. Confrontés à une terminologie informatique essentiellement anglo-saxonne, les aspirants internautes doivent aussi s’adapter aux raisonnements d’une autre culture.

Si les premiers noms de domaines en alphabet cyrillique, arabe et chinois ont récemment été ouverts par l’ICANN, beaucoup de progrès restent encore à faire, estime l’auteur. Sur 7165 langues recensées par la base de données linguistique Ethnologue, 3565 langues sont purement orales donc difficilement adaptées à Internet. S’ajoute, pour les 3600 restantes, une autre difficulté : les moteurs de recherche ne proposent leurs services qu’en une centaine de langues, tout comme les réseaux sociaux. Wikipedia fait figure d’exception avec ses 287 langues, mais au moins 4% de la population mondiale ne pourrait même pas écrire son nom sur Internet.

Faut-il alors casser l’Internet unique pour un réseau d’internets diversifiés ? C’est d’ailleurs déjà les perspectives qu’Outernet ou les projets de réseau Internet des pays émergents laissent entrevoir. Mais pour ces langues menacées de disparition face à une expansion numérique excluante, le combat pour la survie se joue-t-il pas d’abord sur le terrain « analogique » ? 

Pour lire l’intégralité de l’article, c’est ici.

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