Samantha West : « Je ne suis pas un robot ! » share
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Samantha West : "Je ne suis pas un robot !"

17 décembre 2013

Vous êtes-vous déjà trouvé dans la délicate situation de ne pas savoir si votre correspondant derrière l’écran est un humain ou un robot ? C’est normal : 61% du trafic sur Internet est réalisé par des bots, selon une récente étude d’Incapsula dévoilée dans un article de la BBC. On vous en parlait déjà dans un article consacré à Tofu Product, un robot capable d’imiter nos tweets : inondés par ces spambots, nous avons de plus en plus de mal à les identifier. A tel point que les débusquer puisse devenir un véritable travail d’enquête – en tout cas, des journalistes du Time s’y sont essayé. Leur cible : Samantha West, une télé-marketrice répondant au numéro (484) 589-5611. Robot ou cyborg ? Retour avec Alexis Madrigal de The Atlantic qui s’est penché sur l’article du Time.

> Samantha West, un robot humanoïde

Dans The Atlantic, Alexis Madrigal revient sur cette enquête du Time où il était question d’une télé-marketrice robot, Samantha West. A l’aide d’un test inspiré de celui d’Alan Turing, les journalistes du Time se sont interrogés sur son identité pour très vite en déduire que c’était un robot.

Plusieurs tests ont ainsi été réalisés pour vérifier cette affirmation, comme celui de poser la question :

« Samantha West pouvez-vous dire que vous n’êtes pas un robot ? »

Question à laquelle Samantha n’a jamais vraiment répondu ou plutôt a esquivé. Aux tests, plusieurs indices démontrent que c’est un robot : Samantha a une voix synthétisée, fait des répétitions décontextualisées de la conversation engagée par les journalistes. Lorsqu’elle ne sait pas répondre, elle émet un rire saccadé, puis renvoie à une autre question-type pré-enregistrée.

Vous pouvez écouter ci-dessous l’extrait :

> Samantha West, un robot qui n’en est pas un

Cependant, les spécialistes de télémarketing consultés par Alexis Madrigal sont formels : un robot réagissant aussi vite et de façon aussi nuancée a très peu de chance d’exister aujourd’hui. Et pourtant, on sent que ce n’est pas un humain qui répond… 

Le journaliste propose une explication : il s’agit d’un humain, dans un call-center, qui comprend l’anglais, écoute les questions mais répond via des réponses pré-enregistrées. Samantha West serait donc un cyborg : mi-robot, mi-humain… ou un robot assisté par un humain. Ces call-centers à appels sortants, spécialisés dans la relance, programment en effet des formats de conversations standards afin de gagner en efficacité, réactivité et en retour sur investissement. 

Une anecdote qui nous amène à la question suivante : dans une société numérisée et automatisée, serions-nous en train de perdre la distinction entre intelligence artificielle et intelligence humaine ? Ce sujet avait été abordé avec la nouvelle d’Edgar Allan Poe, Le joueur d’échecs de Maelzel où la technique était vue comme un moyen de tromper l’homme et de se jouer de lui. Une façon de nous rappeler qu’il y a toujours un architecte derrière toutes les grandes inventions robotiques… et de continuer à nous interroger sur nos pratiques quotidiennes. 

Pour en savoir plus, c’est ici.

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