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« Je twitte donc je suis » (New York Times)

3 août 2010

Sur le site du New York Times, Peggy Orenstein s’interroge sur la place qu’ont pris Twitter et les médias sociaux dans sa vie. Reprenant les propos de Sherry Turkle, professeur au M.I.T., elle questionne la distinction sans cesse plus floue entre public et privé.

 

« Dans les années 50, le sociologue Erving Goffman a avancé avec succès que chaque instant de la vie était une représentation : nous incarnons un rôle dans chaque interaction, en l’adaptant en fonction de la relation ou du contexte. Twitter a étendu cette métaphore pour englober des parties de notre expérience qui étaient jusque là considérées comme hors propos : manger une pizza au lit, lire un livre dans un bain, penser à quelque chose quelque part. En fait, le maquillage devient permanent, troublant les distinctions non seulement entre public et privé mais également entre l’authentique et l’artificiel soi. Si le monde était une scène, il est maintenant devenu un show de télé-réalité : nous, simples comédiens, ne sommes juste pas conscients de la caméra ; nous posons pour elle. »

 

La journaliste rappele brièvement que l’affaiblissement de cette distinction n’est pas propre aux médias sociaux ou à la technologie qui n’auraient qu’accélérés le phénomène : un film souvenir, une photographie de vacances ou un simple dessin de paysage répondent à ce même sentiment d’urgence et à cette même volonté de sauvegarder et de partager l’instant présent, quitte à l’altérer.

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