Jeunes, tous « digiborigènes » ?

10 octobre 2013

Michel Serres les avait baptisé Petite Poucette, pour leur capacité à envoyer des SMS avec leur pouce. Il voulait parler des jeunes de cette nouvelle génération nés avec l’Internet personnel et les nouvelles technologies. Plusieurs termes se sont vite ancrés dans la société pour les caractériser et en développer un bréviaire lexical. On pense notamment à celui de « digital natives », expression trouvée par Mark Prensky dans son article Digital natives, Digital immigrants de 2001.

Ainsi, ce qui définissait finalement cette génération était le fait qu’elle n’ait jamais connue un monde sans Internet. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle soit complètement « connectée « .

Et pour cause, ce lundi 7 octobre un rapport conduit par l’Institut Georgia Tech et par l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), affirme que : « Les digital natives sont une minorité des jeunes d’aujourd’hui». Une enquête du New York Times affirment par ailleurs qu’ils représenteraient seulement 30% des jeunes dans le monde. En France, ils ne seraient plus que 90,7% des 15-24 ans. Une mesure des « natifs du numérique » qui invite à trancher sur sa définition et à en définir une représentation.

> « Digiborigènes » plutôt que « digital natives »

Selon le rapport, un « digital native » est « un jeune, âgé de 15-24 ans, ayant passé au moins 5 ans à utiliser Internet ». Pour les dépeindre, un néologisme est proposé : les « digiborigènes », un compromis entre « digital natives » et « natifs du numérique ». 

De quoi enrayer toute confusion et surtout développer un modèle informatique qui permette de cartographier les données existantes : si un écart important peut être observé en matière de « digital natives » entre pays riches et pays pauvres, il n’existerait aucun écart générationnel entre internautes dans les pays développés.

« La plupart des personnes des pays riches sont connectés, plus de 84%  de la population totale, à la fois jeunes et vieux en Corée du Sud le sont par exemple ».

Seule exception du classement : la Malaisie se distingue en 4e position. « L’utilisation active des technologies à l’école » en serait la raison souligne Slate dans son article.

L’écart d’âge a pu être calculé en faisant le ratio entre le taux de pénétration de l’Internet pour la tranche d’âge des 15-24 ans et celui pour tous les utilisateurs dans un pays.

Pour en savoir plus, lire l’article sur Slate.

 

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