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2030 : mon bureau à distance dans les monts d'Auvergne

20 novembre 2013

Et vous, vous la voyez comment votre Région en 2030 ? Quand le Nord-Pas-de-Calais se verrait bien lancer la Troisième Révolution Industrielle, l’Auvergne se rêve, elle, en Nouveau monde à conquérir : à trois petites heures de la mégalopole francilienne, son territoire regorge de terres vierges à défricher pour le travailleur émancipé du XXIème siècle. Explications, avec des auvergnats très engagés pour faire du numérique un levier de développement local.

Près de 9 jeunes cadres parisiens sur 10 rêvent de s’établir en province dans les prochaines années, à la recherche d’une meilleure qualité de vie. Et l’Auvergne a bien l’intention de les séduire, en leur offrant ce dont ils ont besoin pour créer localement de la croissance et des emplois. A commencer par la couverture du territoire en Très Haut Débit, sur laquelle la région affiche son volontarisme : l’objectif est de fournir une vitesse de connexion de 8 mbps minimum pour tout le monde d’ici à 2017, « jusque dans la ferme isolée », précise René Souchon, le Président de la Région. Et d’ici à 2025, il s’agit d’offrir 100 mbps à plus de 75% de la population.

Du Très haut débit à la campagne, à quoi bon ? On vous l’a dit et répété, aligner les infrastructures sans réflexion sur les usages revient à construire des autoroutes dans le désert. Mais en Auvergne le numérique s’inscrit dans une démarche de développement plus large, nous assure René Souchon. Avec Auvergne 2030 et son volet intitulé Ambition numérique, il nous décrit une véritable stratégie qui s’articule autour de deux priorités : l’accompagnement des entreprises innovantes et le travail à distance. 
 

Le travail à distance pour développer les zones rurales ?

« Le télétravail permet de répondre à la demande croissante de nombreuses familles à la recherche d’une meilleure qualité de vie », explique Bernard Delcros, Président de la Communauté des Communes du pays de Murat. 

Sur ce territoire, un centre de télétravail accueille des indépendants et salariés de 25 entreprises dans une logique d’animation de réseau et de mutualisation de compétences. Des formations au management à distance y sont proposées aux entrepreneurs, aux salariés et même aux étudiants. Les premiers pourront ainsi créer leur boite dans la campagne auvergnate (40% des personnes formées l’ont fait, assure Bernard Delcros). Les seconds en ont fait un argument de poids pour convaincre leur entreprise de les laisser travailler loin du siège plusieurs jours par semaine, et peuvent ainsi offrir à leur famille une qualité de vie à la campagne sans sacrifier à leur carrière. Quant aux étudiants, l’idée est de les retenir sur le territoire une fois diplômés, même s’ils n’y trouvent pas un emploi.

En attirant des professionnels talentueux sur le territoire auvergnat, la collectivité cherche a concrétiser une promesse que chiffre Pascal Guittard, Directeur de l’Agence Régionale de Développement des Territoires d’Auvergne : on mesurerait, pour une même entreprise, un différentiel de chiffre d’affaires de -12 000 ou de + 196 000 euros selon qu’elle serait située à Paris ou en région Auvergne. Les raisons ? des coûts d’exploitation moins élevés, à commencer par les loyers… en prime, la Région a des atouts pour séduire les cadres : une haute qualité de vie (Pascal Guittard rappelle que le niveau d’équipements sportifs et culturel par habitant y est plus élevé qu’à Paris) et, tous comptes faits, un revenu disponible par ménage plus important.
 

 

Des avantages pour les entreprises innovantes

Pour attirer les talents, les collectivités auvergnates mettent les petits plats dans les grands : un cluster spécialisé en « efficience industrielle » accueillant une centaine d’entreprises en lien avec les universités locales, un dialogue avec de grandes entreprises de la région, prêtes à ouvrir leurs plateaux à de jeunes pousses, et surtout un accompagnement personnalisé attendent potentiellement les startups qui choisiraient l’Auvergne comme territoire d’implantation. Pour accélérer les projets, la Région donne dans le mécénat de compétences et se propose en « facilitateur de proximité et de réactivité ».

« Quand une entreprise veut s’installer chez nous, je suis informé dans le quart d’heure ! », lance René Souchon. Comprenez : l’Auvergne peut offrir un soutien hors de portée des grandes régions métropolitaines, en développant une relation de proximité avec les entrepreneurs qui participent de son dynamisme.

Steny Solitude, PDG de Perfect Memory, peut en témoigner : après son installation en Auvergne, cette startup du web sémantique a séduit des clients prestigieux et décroché des prix internationaux. « C’était une prise de risque pour la Région, reconnaît-il, un engagement avec nous sur notre vision ».

Si toutes les entreprises sont concernées, l’Auvergne a défini sa priorité : l’accompagnement aux projets « travaillant sur la connexion des individus et des objets en toute confiance » – un secteur déjà ciblé par le gouvernement pour préparer la « Nouvelle France industrielle ».

Alors, un nouveau monde l’Auvergne en 2030 ? Si le travail a distance doit encore faire ses preuves comme modèle de développement des territoires ruraux, René Souchon la voit avant tout comme une région « heureuse » : 

« La dimension humaine, c’est le plus important. L’Auvergne de 2030, c’est d’abord la qualité de vie : un territoire dynamique, oui, mais avec des gens heureux ».

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