Quand les jeunes inventent le monde de demain

20 mars 2013

Jeunes, innovants et motivés : ils sont des centaines de milliers à travers le monde à participer à la onzième édition d’Imagine Cup, les championnats du monde étudiants de l’innovation numérique. Certains sont développeurs, d’autres designers ou encore aspirants entrepreneurs et n’ont qu’une volonté : faire connaître et aboutir leurs projets. Nous avons suivi ces jeunes talents français pour trois jours de bootcamp. Reportage.

Réunis au Moulin de la Forge près de Chaumont-en-Vexin en Picardie, les 26 équipes françaises sont venues travailler sur leurs projets lors d’un bootcamp les 15, 16 et 17 mars derniers.

Le principe ? 72h pour profiter de l’expertise des coachs et des experts afin d’affiner leurs projets innovants et préparer leur présentation finale, aussi bien sur le plan technique que formel.

 

Une ambiance conviviale

Les participants viennent des quatre coins de la France et se sont donnés rendez-vous pour la plupart Porte Maillot à Paris pour un départ en bus. Pendant une heure et demie, ils ont vu défiler les paysages passant progressivement des barres d’immeubles aux prairies enneigées de Picardie. 

Mais il n’y a déjà pas de temps à perdre et certains groupes s’activent sur leurs présentations :

« Il faut qu’on synthétise plus, que ce soit moins long » lance un premier. 

« Vous ne voulez pas qu’on s’entraîne un peu ce soir à se passer la parole ? » poursuit un second.

Certains n’en sont pas à leur première participation et savent déjà à quoi s’attendre. Des idées plein la tête, quelques-uns des jeunes innovateurs ont décidé de retenter l’expérience pour cette nouvelle édition.

Arrivés sur le site du bootcamp, le cadre est agréable : salles de travail, grand jardin, babyfoot, table de ping-pong et feu de camp, toutes les conditions sont réunies pour préparer les jeunes gens dans les meilleures conditions.

Certains retrouvent leurs camarades qui ont choisi de venir en voiture. Répartition des chambres et installation. Ils se sentent déjà chez eux. Les choses sérieuses peuvent commencer.

Apprendre à « pitcher »

S’ils travaillent sur leurs projets depuis plusieurs mois et qu’ils en maîtrisent les aspects techniques, savoir le présenter de manière efficace en anglais est une autre affaire… 

Apprendre l’art du pitch en un week-end est donc l’un des objectifs principaux du bootcamp. Pour les aider, les experts leur proposent une série d’exercices qui se révèlent bien plus compliqués que prévus. Parmi eux, présenter son projet devant l’ensemble des participants en moins d’une minute est un véritable défi.

Pas de place pour la timidité. Il faut aller droit au but et convaincre. 

Des experts qui impressionnent

Dispersées sur l’ensemble du site, les équipes se sont succédées devant les jurys : entrepreneurs, professionnels des jeux vidéo ou encore anciens candidats vainqueurs d’Imagine Cup… de quoi impressionner les jeunes venus défendre leurs projets.

Mais le but de coachs est bien évidemment d’encourager les participants et de les aider à mener leurs initiatives à bout notamment lors des ateliers techniques.

Une expertise précieuse pour les jeunes innovateurs qui en attendaient beaucoup comme nous l’a expliqué Caroline, membre de l’équipe WIM qui participait dans la catégorie Citoyens du monde, destinée à des projets à vocation sociétale ou environnementale :

« Tous les projets sont différents, on n’a pas forcément peur des autres, mais ce qu’on souhaite c’est essayer de faire parler du notre et d’évoluer avec les retours des spécialistes. C’est l’élément central du bootcamp pour nous. »

Mettre en œuvre des systèmes innovants 

Répartis en trois catégories (innovation, jeux vidéo, citoyens du monde), les vingt-six projets proposés étaient tous plus originaux les uns que les autres.

Toujours dans la catégorie Citoyens du monde, Soriya nous a décrit son projet « Hold Me In Life » :

«  Il s’agit d’une plateforme médicale pour les pays en voie de développement, en particulier pour le Cambodge. Le but est d’améliorer le suivi et la diffusion de l’information entre les médecins, les patients, les ONG, et tous les organismes de santé par le biais d’une application. Toutes les données sont stockées dans le cloud afin de pouvoir les synchroniser avec les différents acteurs. »

Et le projet a demandé à son équipe un investissement de long-terme :

« Cela fait environ huit mois qu’on travaille sur notre projet. L’idéal serait de pouvoir déployer notre service dans des ONG mais nous avons besoin de moyens, notamment pour tester notre dispositif sur place. »

Caroline et son équipe, WIM, ont eux aussi choisi de replacer l’humain au cœur de l’innovation, pour aider ceux qui sont confrontés quotidiennement à des problèmes dans leurs déplacements :

 « Notre but c’est d’aider des personnes handicapées à se déplacer en entreprise à l’aide d’un boitier électronique que l’on fabrique. La personne va choisir sa destination et on va l’emmener comme un GPS interne jusqu’au bureau, en salle de réunion, à la cafétéria… On guide avec des informations vocales et visuelles tout au long du chemin, l’information est répétée si la personne n’est pas sur la bonne route. »

Et là encore, le projet est un travail de longue haleine :

« Nous sommes sur cette idée depuis un an et demi et ça entre dans notre cursus en projet de fin d’étude. Notre but c’est le développement en entreprise.  ».

Dans un autre registre, Romain et son équipe LCHD qui participaient dans la catégorie Innovation ont décidé « d’augmenter » un média traditionnel, le livre :

«  Nous voulons proposer une nouvelle expérience de lecture en associant au texte une ambiance sonore et une ambiance visuelle qui correspondent au sujet en faisant une analyse sémantique. On repère une émotion sous-jacente dans une page en fonction des mots. »

Autre type d’idée, l’équipe Furocks Team qui concourait dans la catégorie jeux vidéo a pour ambition de divertir sur un support désormais très répandu : le smartphone.

« Dans notre jeu, le héros petit hérisson qui sort de son pays et qui doit affronter des méchants. Notre projet n’est pas encore vraiment complet, mais ça commence à prendre forme. On est optimistes, le bootcamp va nous aider à aller plus loin. »

Si les projets ont bien évolué au cours de ce week-end, la route jusqu’à la finale française du 11 avril prochain est encore longue pour tous ces jeunes talents du numérique. Avant de, qui sait, peut-être partir défendre les couleurs françaises à Moscou cet été pour la grande finale mondiale.

Mais pour tous, futurs éliminés ou heureux vainqueurs, cette expérience, aussi bien technique qu’humaine, sera avant tout un grand pas vers de nouveaux projets et de nouvelles idées.

Et pour voir nos photos du bootcamp, retrouvez notre album ci-dessous. 


Created with Admarket’s flickrSLiDR.

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