Build your island : construisez votre île !

24 décembre 2012

Sept cents étudiants venus de 113 écoles de commerce, d’ingénieurs et d’universités, un logiciel de gestion et une île virtuelle à créer et gérer : voilà le programme du concours « Build your Island » organisé par l’agence Teamsquare et Microsoft France (l’éditeur de RSLN, ndlr).

Le but ? Exercer ses talents d’entrepreneur et de chef de projet, pour construire virtuellement un complexe hotelier sur une île paradisiaque.

Comme dans la « vraie vie », faire de son projet d’entreprise un commerce florissant était un vrai défi : l’emplacement géographique de l’île, la taille de l’hôtel, la surface des chambres, l’énergie et les matériaux utilisés, le niveau d’expérience des employés et leur salaire… tous les paramètres étaient à prendre en compte pour construire le meilleur hôtel, misant à la fois sur la quantité et la qualité des services offerts aux touristes. 

Tout au long de la simulation, les joueurs étaient amenés à prendre des décisions en maximisant leur score sur trois axes : la rentabilité du projet, l’empreinte carbone et la renommée de l’hôtel. Le tout, en développant des stratégies pour se démarquer de la féroce concurrence des autres équipes : chaque décision prise influait en temps réel sur le classement général. 

« Cela oblige à s’adapter », nous a confié Simon Klein, de l’équipe Bocaray.

A l’issue de la simulation, l’équipe qui obtenait le meilleur « ROI » – retour sur investissement – gagnait le droit de présenter son projet devant un jury d’entrepreneurs, avec un voyage, bien réel celui-là, à la clé.

Jeudi 6 décembre sur le Campus de Microsoft France, il n’y avait plus que cinq équipes en lice pour présenter leurs projets, lors de la finale de ce « business game ». Au cours de cette ultime étape, les finalistes devaient convaincre un jury soucieux de noter non seulement la rentabilité du projet, mais aussi la qualité de la présentation, et le professionnalisme de participants plus ou moins à l’aise dans l’exercice.

> Leçon n°1 : savoir gérer un budget et des contraintes inattendues

Les participants disposaient d’une réserve de près de cent millions d’euros afin de concevoir leurs projets. Pour piloter au mieux ce budget, les étudiants étaient invités à utiliser le logiciel de gestion de projet Microsoft Project 2010. Commandes auprès des fournisseurs, travaux, publicité : l’ensemble des décisions y étaient enregistrées et planifiées. 

Pour les aider à s’approprier les méthodes et les outils de la conduite de projet, la page Facebook du concours a servi de carrefour d’échanges et d’informations : sur toute la durée du jeu, plus de 3500 interactions y ont été enregistrées !

Tout au long de la simulation, les participants ont essayé d’adopter la meilleure stratégie pour doper leur rentabilité. Pour cela, il a fallu s’accorder entre équipiers, et remettre en cause certaines idées reçues. Par exemple, cibler la clientèle la plus aisée en proposant des prix élevés n’était pas forcément la meilleure solution : 

« Après avoir tout misé sur le luxe, on s’est retrouvés en 129ème position », raconte Luc Meunier, du projet Eucalyptus Island.

L’étudiant et sa co-équipière ont donc dû revoir leur stratégie et baisser les prix de leurs chambres… en se frottant au passage à des dilemmes de véritables entrepreneurs :

« J’ai découvert qu’il valait mieux réduire au maximum les coûts salariaux pour augmenter notre performance », expliquait par exemple Marion Minghetti. 

Cette réalité économique parfois cruelle – qui naît du fait que les règles comptables font des salaires une simple charge, et non une des composantes de la valeur de l’entreprise – l’équipe d’Eucalyptus Island l’a exploitée à fond dans le jeu : elle a pu atteindre une performance maximale en ne finançant aucun manager pour son hôtel… quitte à ce que ce « management par les chiffres » finisse par poser quelques problèmes de réalisme aux yeux du jury !

> Leçon n°2 : faire preuve de réalisme

A l’inverse, d’autres équipes ont fait le choix du réalisme. L’équipe Drakkar, par exemple, a bien remarqué qu’en jouant à l’extrême sur certains paramètres, le ROI était très extensible, ce qui aurait pu lui garantir une place facile en finale. Mais ensuite, comment défendre la crédibilité du projet devant des spécialistes ? 

« On n’a pas voulu se présenter devant vous avec quelque chose d’incohérent », a expliqué aux jurés Paul Gruson, de l’Edhec Business School. 

Même si la performance a été plus difficile à atteindre, leur projet se voulait équilibré sur les trois critères du concours. Il a même surpassé les attentes des investisseurs, en ne contractant aucun endettement :

« On garde cette possibilité pour plus tard, pour financer des développements futurs, expliquent les jeunes entrepreneurs. On n’a pas voulu miser tout sur le ROI, car on pense que la rentabilité d’un complexe hôtelier se fait dans le temps. Ainsi, notre hôtel est viable sur le long terme ».

Cette sagesse des étudiants s’est avérée payante : bonne dernière des cinq finalistes en termes de performance (selon le critère du ROI), l’équipe a remporté le concours en s’attirant les faveurs du jury sur cette stratégie… et les trois co-équipiers pourront ainsi transformer leur île virtuelle en vacances au soleil.

« J’espère que vous avez un peu mieux compris le management de projet », conclut Jean-Yves Brun, fondateur et dirigeant de Teamsquare, en s’adressant à l’ensemble des participants.  

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email