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Ce qu'il fallait retenir de la première journée de la femme « digitale »

12 mars 2013

La première journée de la femme « digitale » a eu lieu ce vendredi 8 mars. Grande première, RSLN a voulu voir à quoi pouvait bien ressembler cette journée. Co-animée par Delphine Rémy Boutang et Catherine Barba, la journée de réflexion et de débats était consacrée à la relation entre femmes et entrepreunariat.

Dans une salle comble – et très féminine – du 8 rue de Valois à Paris, les intervenantes se sont succédées pour livrer leur vision de l’entreprise et de l’innovation. Pour la première journée, il était essentiel de définir ce qu’était la « femme digitale ». Delphine Rémy Boutang, co-fondatrice de The social bureau explique :

« c’est une femme d’aujourd’hui, qui utilise le numérique et cet outil pour créer de la valeur. Pas seulement avec de nouvelles entreprises mais aussi dans des entreprises existantes. Faisons en sorte de ne plus avoir de la journée de la femme qu’elle soit digitale ou pas. »

Les réseaux permettent de créer des liens solides

L’Observatoire Orange Terrafemina a publié son enquête sur les réseaux, le numérique et les pratiques des femmes. Détaillant les usages des hommes et des femmes sur les réseaux et des réseaux, Jérôme Sainte Marie, directeur général adjoint de l’Institut CSA a conclu que, comme pour les hommes :

« les réseaux et le numérique sont des adjuvants importants pour les carrières féminines ».

Pour les carrières féminines mais aussi humainement parlant. En atteste l’intervention de Gabrielle Laine-Peters, consultante qui a survécu au 11 septembre 2001 et qui, par une élégante métaphore filée, a mis sur un même pied d’égalité les réseaux physiques – voisins, commerçants entre autres – qui l’ont épaulée à l’époque et les réseaux numériques qui lui ont permis de garder contact avec les personnes croisées au moment des attentats. Pour voir un aperçu de l’idée qu’elle se fait des réseaux et communautés :

Une simple devise : il est indispensable de créer des connections et des communautés en ligne qui peuvent vous apporter autant que vous pouvez leur apporter.

Pourquoi c’est le moment pour les femmes de changer les choses ?

Les réseaux sont donc des adjuvants de carrière, mais c’est aussi une chance. Nathalie Andrieux, directrice générale adjointe au groupe La Poste en charge du numérique, estime que :

« Le digital transforme les sociétés en profondeur, donc les organisations en profondeur. Or elles ont été faites par les hommes pour les hommes et il faut saisir cette occasion unique – on n’en aura pas deux – nous en tant que femmes pour créer de nouvelles organisations et créer un autre modèle de travail et de reconnaissance de la valeur. […] On pourra changer les règles de l’entreprise pour donner leur place aux hommes et aux femmes. […] Si chez moi je n’étais pas là entre 19h et 20h30, je ratais tout [les moments familiaux, NDLR]. Alors je partais avec un gros sac et plein de dossiers pour ne pas rater ce moment-là. A partir de 18h30-19h je prenais mes cliques et mes claques et je rentrais chez moi. C’est encore plus facile maintenant. »

Et comment on change les choses ?

Virginie Fauvel, qui dirige 1000 personnes chez BNP Paribas et pilote la banque en ligne de la BNP, fait partie des femmes qui changent l’organisation de l’entreprise. Et pour bien réussir, elle a donné dix conseils pour être un entrepreneur numérique heureux – parce que « construire une start-up au sein de la BNP c’est pas simple ». Il faut d’abord définir une stratégie, et qui soit compréhensible de tous : c’est « l’efficacité produit de son intelligence par le nombre de personnes qui la comprennent ». En fixant peu d’objectifs et en les exprimant de façon simple, les équipes sont alors en mesure de tous les appréhender. « Inutile d’en faire 50 pages » précise Virginie Fauvel, qui ajoute également que la maîtrise de son agenda est primordiale. Mais le plus important reste « oser sortir du rang, prendre les vrais leviers de décision et ne jamais renoncer ».

Être à l’écoute est aussi un facteur de réussite. Gimena Diaz, directrice de Paypal France raconte comment faire d’une start-up une grande entreprise tout en gardant son esprit de start-up initial. Entre 1998 et aujourd’hui, la société est passée d’un salarié à près de 28.000. Pour conserver un esprit start-up, il faut une culture du feedback explique-t-elle et « écouter à tous les niveaux, même celui du stagiaire ! Il va nous donner une vision autre, qui raconte vraiment comment ils fonctionnent sur Facebook » Et elle ajoute :

« La diversité n’est pas juste homme et femme mais aussi de point de vue et de parcours, d’histoire. […] Il faut oser penser que rien n’est impossible. »

Les deux jeunes femmes Alexandra Mulliez, fondatrice de Sauvez le monde des hommes, et Céline Lazorthes, fondatrice de leetchi.com, ont aussi rappelé que pour entreprendre, la coquille ne doit pas être vide et que si la campagne d’Obama sur le web a fonctionné c’est avant tout parce que « derrière il y avait des idées. Une entreprise ça se crée avec de grandes idées. »

Bilan de la première journée de la femme « digitale » ? Il faut oser, ne jamais renoncer et réseauter. 

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