Quand des collégiens vont à l’Assemblée pour enseigner le code aux députés share
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Quand des collégiens vont à l’Assemblée pour enseigner le code aux députés

22 janvier 2016

En marge des débats autour du projet de loi numérique, une petite salle du Palais Bourbon était réservée mardi 19 janvier à une leçon pour le moins inhabituelle : 12 collégiens montreuillois ont enseigné à des députés socialistes les bases de la programmation informatique. Comment s’est déroulée cette rencontre entre le code et les élus ? RSLN y était.                                              

« Mon père avait déjà essayé de m’apprendre le code avec un ZX81 mais… c’était moins drôle », confie Erwann Binet (Isère), néanmoins intimidé par ses deux professeurs installés à ses côtés, veillant aux moindres faits et gestes de leur élève-parlementaire. Et pour cause, les élèves de 4ème et 3ème du collège Marcellin-Berthelot de Montreuil ont été sélectionnés par leurs pairs pour une mission d’importance : restituer les connaissances en code apprises en septembre 2015 grâce à l’«école» Simplon. L’objectif ? « Montrer que le code, c’est de la logique, et que tout le monde peut le faire », dixit Yassin Aghano, animateur Simplon. Et ce peu importe son âge.


Reverse mentoring à l’Assemblée

Inverser les rôles pour renverser les préjugés autour du code : c’est justement la spécialité de la formation Simplon, où l’on est aussi bien apprenant qu’enseignant. Un parti-pris qui a plu à Razzi Hammadi (Montreuil et Bagnolet), à l’initiative de cette séance à l’Assemblée Nationale. « On va essayer d’être bons élèves ! », explique-t-il à ses six confrères socialistes se prêtant à l’exercice. 

L’idée, assez insolite pour la plupart de ces élus sortant de séance, a su convaincre Bruno Le Roux , président du groupe socialiste à l’Assemblée et député de Seine-Saint-Denis:  

« Il est toujours agréable de voir des jeunes essayer de faire passer à d’autres l’intérêt de ce qu’ils font ! »


« Il s’agit de sensibiliser l’opinion en montrant que même des élèves de base comme nous peuvent y arriver », précise Erwann Binet. Un événement qui est aussi une façon de communiquer alors que le projet de loi Lemaire est au même moment en débat à l’Assemblée.  

Verdict ? Les députés sont « plutôt bons »

Mais que pensent les enfants-professeurs de cette initiative ? Tewfik confie :

« C’est un honneur d’avoir été choisi par ma classe. On a visité les locaux et c’est hyper impressionnant. C’est une chance d’être ici… »

« Je jouais déjà à Minecraft avant, et j’avais entendu parler des exercices pour le code à la télé, donc j’avais déjà essayé tout seul y’a longtemps… », précise-t-il.

> A lire aussi : Hour of Code ou comment les jeunes Français apprennent l’alphabet du XXIe siècle 

Quid des députés : sont-ils aussi à l’aise que Tewfik avec des lignes de codes ? Le collégien est satisfait des ses élèves d’un jour :

« Ils sont plutôt bons. »

Après une heure de code à l’Assemblée, le verdict est donc tombé : apprendre à coder est véritablement à la portée de tous. Et l’enseigner ? Yassin Aghano, de Simplon est un peu gêné de le reconnaître : « Au final, les enfants sont meilleurs que nous à cet exercice ! »

  

 

 

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