Digigirlz : regards d’adolescentes sur le numérique

10 mars 2016

Elles étaient 300 collégiennes à se réunir sur le Campus de Microsoft France en ce mardi 8 mars 2016, journée des droits des femmes. L’objectif ? Sensibiliser les jeunes filles au numérique et à ses métiers. L’occasion pour RSLN de discuter avec elles de leur vision et de leur place dans un secteur encore très masculin.

« Pour une fois qu’en tant que filles, on a des privilèges ! » Depuis trois ans maintenant, aux environs du 8 mars, Microsoft et l’association Zup de Co organisent une journée « Digigirlz » : un événement unique en son genre, qui réunit 300 adolescentes de collèges classés REP pour les sensibiliser à un secteur, le numérique, et à des métiers dont elles peuvent se sentir exclues. Au programme : Atelier Hour of Code (une heure pour comprendre les principes fondamentaux du code), plongée au cœur des dernières tendances technologiques (Machine Learning, Big Data, IoT…) avec des experts du secteur et participation, entre autres, à un Forum des e-métiers.

« Des filles égales aux garçons dans le numérique, c’est juste normal », réagit Samantha, 15 ans, du collège Bernard Palissy dans le Xe arrondissement de Paris. Pourtant, les faits sont là : le secteur n’est composé que d’un tiers de femmes. Et dans les métiers techniques, les statistiques sont encore plus faibles.

Portrait d’une digigirl

Elles ont en moyenne 14 à 15 ans, connaissent tous les réseaux sociaux (sauf LinkedIn et Viadeo), préfèrent à Twitter l’appli Snapchat, où elles sont abonnées à des stars de Vine (Tonio Life, Jay Max, ou encore Salomé Je t’aime) – également suivies avec attention sur Facebook et Youtube.

Pour autant, le terme de « réseau social » ne leur vient pas à l’esprit quand on leur demande de décrire ce qui leur plaît dans le numérique. « Si je devais choisir trois mots pour décrire le numérique, je dirais : inventivité, créativité et progrès », nous explique Mila Faivre, 14 ans, du collège Moulin à Vent (Cergy). « Je dirais que c’est efficace, intelligent, rapide », note pour sa part Kadi Dembele, 14 ans, du collège Bernard Palissy.

Ordinateurs, tablettes ou smartphones : chacune a son outil préféré pour se connecter, même si le mobile reste privilégié pour discuter avec ses amis et prendre, bien sûr, quelques selfies. 

Lorsqu’on leur parle de femmes et de numérique, beaucoup citent l’exemple d’Emma Watson et de sa campagne pour l’ONU autour du hashtag #HeForShe. « C’est une féministe révoltée », apprécie Mila, qui a vu et aimé la vidéo de son célèbre discours sur Internet.

Sensibilisées aux questions d’égalité des genres, toutes peinent pourtant à citer les noms de femmes reconnues. Beyoncé ou Marie Curie se lisent sur quelques lèvres, mais les modèles – qui pourtant existent – viennent à manquer. Un constat contre lequel le mouvement Digigirlz, qui fera étape à Bordeaux le 7 avril et à Lille le 25 avril, entend justement orienter son combat. Cette édition a d’ailleurs été l’occasion pour Microsoft de signer la charte ONU Femmes, en présence de sa directrice, Fanny Beneditti, et de toutes les collégiennes.

Mila, embêtée de ne trouver « aucun nom de femme du numérique », se met à souhaiter un futur « où il y a plus de femmes parce que de base, c’est mixte ! ». Un futur où la journée Digigirlz ne sera donc plus perçue comme « privilège » par une jeune fille de 14 ans. 

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