Dyslexie et autres troubles dys- : que peut le numérique ? share
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Dyslexie et autres troubles dys- : que peut le numérique ?

Accessibilité 30 juin 2016
Qu’il s’agisse de détecter beaucoup plus vite les premiers signes de troubles dys (-calculiques, -lexiques, -orthographiques), aussi bien que de les atténuer au quotidien, le numérique a ouvert la voie aux innovations pour apprendre à mieux gérer ce trouble spécifique de l’apprentissage, reconnu comme handicap, qui touche environ 6 à 8% de la population française.

Optolexia, Ordyslexie. Deux solutions innovantes et « numériques » pourront bientôt permettre aux enfants DYS de voir nombre de leurs problèmes quotidiens fortement atténués. Optoplexia d’abord, met à profit les progrès du machine learning, du cloud et des capteurs afin de saisir les mécanismes de lecture caractéristiques des troubles DYS. Le test, très simple à mettre en œuvre, fait appel à un traqueur d’œil : pendant que l’élève lit un texte sur un écran, le traqueur capte et analyse les reflets sur la surface de sa cornée, ce qui permet de détecter au plus vite les troubles DYS pour, ainsi, mieux les prendre en charge. Optoplexia a été développé par des chercheurs de l’institut Karolinska, en Suède. Cette solution a déjà convaincu le gouvernement suédois de son utilité et de son efficacité. L’objectif est désormais de la promouvoir dans d’autres pays.

Ordyslexie constitue de son côté l’étape d’après : il s’agit d’un véritable cartable numérique qui aide à pallier les difficultés fréquemment rencontrées lors du parcours scolaire. Grâce à un classeur numérique, les documents si difficiles à trier sont rangés facilement par l’enfant, les cours pris sur l’ordinateur compensent les problèmes de dysgraphie, de motricité fine ou d’attention. L’usage d’un scanner permet ensuite de numériser les documents « papiers » et d’écrire directement dessus au stylet, tout en pouvant gommer, dupliquer, découper certaines phrases, notes ou parties de textes.

« Le parent qui était assistant va retrouver sa place de parent, et c’est l’enfant qui fait le travail. L’enseignant redevient également enseignant au lieu d’assister l’enfant. », explique Denis Masson, père d’enfants DYS et créateur d’Ordyslexie.

Depuis 2010, 1 700 enfants ont pu bénéficier de cette innovation. Mais 200 000 enfants sont concernés rien qu’en France et ne sont, à ce jour, toujours pas pris en charge.

Noël Diamant-Berger, de l'association FUSO - Copyright Bernard Lachaud

Quand les solutions existent, pourquoi ne pas les diffuser ?

Pour Noël Diamant-Berger, de l’association FUSO (Familles Utilisatrices de la Solution Ordyslexie), l’une des raisons de l’absence de diffusion de ces solutions est à chercher du côté des familles :

« Notre ennemi, c’est le fatalisme de la plupart des parents qui ne font rien pour expliquer pourquoi leurs enfants sont en difficulté à l’école. »

Pour Denis Masson, c’est surtout la méconnaissance globale des troubles DYS, et non les individus en soi, qui est à mettre en cause :

« Nous avons rencontré un professeur de maths pourtant extraordinaire, qui m’a affirmé n’avoir jamais rencontré ou entendu parler d’enfants DYS de toute sa carrière. Je lui ai répondu que c’était normal : avant, ils étaient exclus du système scolaire. »

L’innovateur envisage d’ailleurs d’accélérer le développement de sa solution  :

« Nous n’avons jamais fait de grandes campagnes de communication. Il faut avancer maintenant et proposer des solutions durables, qui s’adaptent aux équipements de chacun. Dans cette optique, on ne peut pas y arriver seuls. »

En partenariat avec Microsoft, les créateurs et utilisateurs d’Ordyslexie, qui repose principalement sur le logiciel OneNote), ont en effet pu dialoguer avec des ingénieurs logiciels afin d’évaluer comment améliorer leurs outils. Pour, ainsi, réussir à passer à l’échelle ?

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