Emploi des jeunes : « la Web@cadémie m’a remis sur les rails » share
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Emploi des jeunes : « la Web@cadémie m’a remis sur les rails »

3 juillet 2015

Former des jeunes déscolarisés au métier de développeur : voici toute l’ambition de la Web@cadémie, véritable école de la seconde chance, aujourd’hui présente à Paris et à Lyon.

Qu’ils aient déjà une expérience dans la programmation ou qu’ils soient totalement novices en la matière, les étudiants sélectionnés suivent une formation de deux ans – la première année au campus d’Epitech, la deuxième en entreprise. Mais pour quels résultats ? RSLN est allé à la rencontre de deux de ces étudiants, aujourd’hui embauchés en CDI.

 

RSLN : Comment êtes-vous arrivés à suivre la formation de la Web@cadémie ?

Nicolas : Déjà tout jeune, c’était moi l’informaticien de la maison. Je récupérais toutes les machines qui ne fonctionnaient plus, je les remontais. J’ai d’ailleurs eu une expérience de réparateur informatique. Je voulais aller un peu plus loin que l’aspect physique de l’informatique.

Lorsque je suis sorti de terminale, je voulais poursuivre des études d’informatique et de programmation, mais j’étais bloqué par une chose : mon bac, que je n’avais pas. Je m’étais donc résolu à devenir réparateur informatique.

C’est grâce à mon oncle que j’ai entendu parlé de la Web@cadémie, qui avait vu un reportage télévisé sur France 5. Il m’en a parlé et m’a conseillé d’aller voir leur site internet : « Je suis sûr que c’est fait pour toi ! ».

Lilas : Je n’ai pas toujours voulu faire de l’informatique. Mais ma sœur aînée en faisait. Elle a fait un parcours classique pour y arriver. De mon côté, je ne trouvais pas trop ma place dans le système scolaire : on m’avait forcé à faire 1ère scientifique mais j’ai décroché. J’ai enchaîné des petits boulots, et je me suis rendu compte de ce qu’était l’informatique : j’ai vu ce que faisait ma sœur, je l’ai vue coder, et j’avais envie d’essayer. Mais mon problème, c’était que je n’avais pas le bac.

De recherches en recherches, je suis tombé par hasard sur la Web@cadémie, qui à l’époque venait à peine d’être lancée.

 

RSLN : Que retenez-vous de ces deux ans de formation ? Comment cela s’est passé ?

Nicolas : En une seule année, l’évolution a été folle : je suis passé du stade « je ne comprends rien à la programmation » à celui de « je comprends très bien ce que je dois faire ». La deuxième année était davantage en mode « tout va bien, je sais ce que je fais et où je vais ».

C’est donc la première année, celle de l’apprentissage à proprement parler, qui a été la plus dure pour moi. Tous les jours on avait des projets, on se préparait à l’année que l’on allait passer en entreprise. Et quand on y est, on se rend finalement compte qu’on a été vraiment bien préparés.

Pour moi, la première année c’est un peu comme une année de prépa : on nous bourre la tête de connaissance, on apprend à se débrouiller tout seul. La deuxième année, on met en pratique ce que l’on a appris, mais de façon plus « tranquille ».

Lilas : Ça a été un gros bouleversement pour moi. Dans le milieu scolaire traditionnel, c’est très axé sur la théorie, alors que là, beaucoup plus sur la pratique. D’entrée de jeu, on a un mois de « piscine » : on est plongé dans l’informatique pour nous mettre tous au même niveau. Tout de suite on sait si on aime ou pas. Il y a aussi beaucoup de partages, d’échanges avec les autres, ce qu’il n’y a pas forcement à l’école.

Je me suis investie à 100%. Mais maintenant je sais que je peux me débrouiller toute seule, que je peux trouver une solution lorsque j’ai l’impression d’être bloquée.

 

RSLN : Avez-vous eu un moment de découragement durant votre cursus ?

Lilas : Pour ma part, non. J’étais tellement motivée que c’était inenvisageable pour moi d’abandonner.

Nicolas : Abandonner, c’est LA chose que je me suis promis de ne pas faire lorsque j’ai commencé la formation. Donc je n’y ai jamais pensé. Par contre, oui, je me suis déjà dit : « tout était quand même plus simple avant » (rires). Mais je ne regrette absolument pas de m’être « déchiré » pour que ça fonctionne.

Je n’avais jamais touché à une ligne de code avant d’intégrer la Web@cadémie. Et j’ai terminé major de promo devant des gens qui avaient déjà fait de la programmation avant. Ça marche vraiment à la motivation. L’investissement personnel est primordial.

En termes de confiance en soi, ça m’a aussi relancé : j’étais sorti du parcours scolaire en ayant tout échoué. J’ai été pris à la Web@cadémie, j’ai intégré une entreprise, on nous dit qu’on fait du bon boulot… c’est une cascade de succès qui m’a remis sur les rails.

 

RSLN : Etait-ce une évidence de sortir de la Web@cadémie avec un CDI en poche ?

Nicolas : En fait, je suis resté dans l’entreprise où j’avais fait mon alternance. Dans la mesure où ils étaient satisfaits de mon travail, c’est la suite logique, finalement.

Si je n’étais pas passé par la Web@cadémie, je n’en serais sans doute pas là. Je serais encore chez moi à jouer à des jeux vidéo toute la journée, à faire des petits boulots qui ne plairaient pas. Cette formation m’a donné un métier, et un objectif : je sais ce que je fais et où je vais en me levant le matin.

Lilas : Euh… oui (rires). Après mon alternance, je suis resté dans l’entreprise où j’étais. Au bout de deux ans, j’avais envie d’aller voir ailleurs et j’ai changé d’entreprise.

Je n’ai pas mis beaucoup de temps pour trouver un nouvel emploi. Je n’ai pas mon bac, et la Web@cadémie m’a ouvert beaucoup de portes. Même en étant actuellement en poste, je reçois régulièrement des contacts. Je pense que cela tient au fait que les développeurs sont des profils recherchés, mais aussi à la reconnaissance de la formation de la Web@cadémie, car elle est rattachée à l’Epitech.

Mais pour l’instant, j’apprends tout ce que je peux en entreprise. Et j’espère ouvrir un jour mon entreprise, peut-être avec ma sœur… 

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