Et vous, votre "fail", c’était quand ?

2 février 2011

Scoop : l’échec n’a pas de visage. Ou plutôt : il en a autant que d’histoires personnelles. En marge de la conférence sur l’échec entrepreneurial, nous avons rencontré plusieurs créateurs d’entreprises, ou futurs créateurs, et nous les avons interrogé sur leur relation à « l’échec ».

>> On commence avec Gilles Babinet, qui, à 44 ans, a déjà une foule d’expériences à raconter, parmi lesquelles quelques échecs, à commencer par un parcours scolaire tortueux :

 

>> Charles Nouyrit, 37 ans, raconte sans complexe son premier échec dans la création d’entreprise :

 

« J’ai planté ma première entreprise à 23 ans, alors qu’elle n’avait qu’un an et demi d’existence. Je manquais clairement d’expérience : il n’y a pas d’école pour apprendre à entreprendre… Evidemment, on ressent beaucoup de déception, et il faut savoir mettre son égo de côté. Mais après un échec, on a deux possibilités : se rouler en boule dans son coin, ou se mettre un bon coup de fouet, pour repartir.

C’est un peu le même esprit que dans le sport : quand on est sportif, on sait apprendre de l’échec, et le gérer. Derrière chaque performance, il y a un débrief pour décortiquer, analyser ce qui allait, ce qui n’allait pas … C’est ce que j’ai fait. J’ai aussi suivi les conseils de quelqu’un d’expérience. Il faut savoir s’entourer. On a remonté la même entreprise un peu plus tard, et ça a marché. L’important est de ne pas se laisser dégonfler par le regard des autres, savoir s’en détacher complètement. »

>> David Gautier, 30 ans, est docteur en sciences et consultant en informatique. Il n’est pas encore entrepreneur, mais, après trois années d’expériences, il se lance dans sa propre aventure, avec quelques collègues. Pour lui aussi, parler de l’échec est formateur : 

« Je n’ai pas encore connu l’échec, mais bien sûr j’y pense beaucoup, à l’heure de me lancer. Je suis venu ici pour entendre des témoignages, essayer de voir comment ça marche pour les autres. Et je ne suis pas déçu ! J’adhère à tout ce qui s’est dit : j’ai vu qu’on pouvait tomber et se relever. Entendre tous ces gens plein d’expériences, ça prouve que tout le monde a connu des échecs, et s’en est remis. Je sais maintenant que tout le monde a peur, mais qu’on peut apprendre à le gérer, et à vivre avec.

Au final, ça m’a boosté. Je sors d’ici deux fois plus motivé. J’ai en plus constaté que des gens sont prêts à aider les entrepreneurs, à prendre des risques avec eux. C’est important, surtout en France où on n’a pas l’habitude d’entendre ce genre de discours. Il est primordial de développer ce genre d’initiatives. Il faut donner envie aux gens de se lancer, et les responsabiliser. Il faut apprendre à oser. »

>> Julie Coutton, n’a que 24 ans, mais elle a déjà connu un semi-échec dans une première entreprise. Aujourd’hui, elle s’apprête à se lancer à nouveau, avec « J’aime attendre » (un nouveau service qui recense les heures de grande affluence dans les transports et lieux culturels, pour mieux choisir ses déplacements) :

« J’ai lancé une entreprise alors que j’étais encore étudiante, en Erasmus à Rotterdam. Un projet autour de la dégustation de vins. On a eu quelques clients, un peu d’argent … mais ça n’a jamais vraiment décollé, et ça n’a pas tenu. Une des raisons est que je n’y avais pas mis les moyens suffisants, notamment parce que j’avais peur de me lancer à fond. Je suis d’accord avec le fait qu’en France, on est paralysé par la peur de l’échec.

Après un échec, on met du temps à assumer, à regarder les choses en face et à prendre sa part de responsabilité. Je pense qu’on ne se remet pas vraiment tant qu’on n’en a pas appris quelque chose. Une fois les leçons tirées, on est plus fort : on apprend là où on est bon, on teste, et on est finalement capable de prendre plus de risques. Aujourd’hui, je suis en train de relancer quelque chose. Continuer à nourrir plein d’autres projets est surement la meilleure façon de rebondir après un échec. Evidemment, j’ai toujours peur. Mais ça fait vraiment du bien de voir qu’on est nombreux à galérer.»
 

 >> Visuels utilisés :

#failcon-16 par Palomar5, licence CC
Charles Nouyrit par rsepulveda, licence CC

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