Finale Challenge Administration 2020 : l’open data fait école share
back to to

Finale Challenge Administration 2020 : l'open data fait école

14 février 2012

La finale du Challenge Administration 2020, le concours pour la modernisation de l’Etat, a eu lieu mercredi 8 février dernier au Salon des Arts et Métiers. Cette année, c’est un projet de formation à l’open data qui s’est distingué. Présenté par la Data Team, composée de deux étudiants de l’ESCP Europe, le projet propose une formation aux agents de la fonction publique qui présente de nombreux bénéfices. Zoom sur un projet gagnant.

Intensifier l’open data en France

L’ouverture des données publiques est en plein boom en France. Initié par des collectivités territoriales pionnières comme Rennes, puis mis en lumière par le lancement du site data.gouv.fr, porté par Etalab, l’open data est une question au cœur de l’actualité des administrations françaises. La Data Team, composée de Rémy Lombard et de Ludovic Péran, étudiants en Master 1 à l’ESCP Europe, est partie d’un constat simple dans ce contexte : les agents de l’Etat ont besoin de se former à l’open data. Mais pourquoi ?

« Cette chaîne qui va de la conception des données par un agent public à leur réutilisation par un tiers comporte toutefois une faiblesse en amont: la récolte de données se fait de manière trop artisanale. Nous voulons sensibiliser et former les acteurs publics à la question de l’open data afin de permettre une meilleure conception des données en amont », expliquent Rémy et Ludovic.

Comment former à l’open data ?

Les deux étudiants ont imaginé un programme intitulé IDO (pour Institut des données ouvertes) fonctionnant en deux temps : l’information et la formation.

Le premier temps est d’abord l’objet d’information ou de sensibilisation. Pour Rémy et Ludovic, il faut commencer par diffuser des vidéos courtes et amusantes, un moyen plutôt pertinent au vu du succès des vidéos sur Internet. La Data Team s’appuie également sur l’édition et la diffusion auprès des agents d’un livre didactique.

Le second temps permet d’entrer dans le cœur de la formation imaginée par les étudiants. Elle repose sur une partie présentielle où les agents publics peuvent bénéficier d’une formation sur un temps très court. Et les étudiants ont également pensé à toutes les possibilités en offrant une version à distance de la formation pour les agents qui ne pourraient pas se libérer. L’e-formation permet ainsi de tirer parti de toutes les opportunités d’agendas déjà bien remplis.

Concrètement, la formation reposerait sur un tronc commun enrichi de modules plus spécifiques. En effet, les agents du ministère de l’Economie des Finances et de l’Industrie n’ont pas les mêmes besoins que la Direction de l’Urbanisme de la Ville de Paris. De cette façon, IDO poserait un socle de connaissances communes et partagées par tous les agents publics, tout en permettant d’apporter des applications plus spécifiques selon les secteurs des fonctionnaires concernés.

Des bénéficiaires multiples, un impact économique important

Pourquoi le projet de Data Team a séduit le jury du Challenge Administration 2020 ? Par ses impacts pratiques, informatifs et économiques sur les agents publics, l’administration et surtout les citoyens.

Le projet IDO bénéficie aux agents publics. Il leur permet en effet de mieux appréhender les opportunités de l’open data et d’offrir des données plus raffinées au public :

« Avec moins de contentieux pour le respect du droit à l’information, l’Etat et les collectivités font plus avec moins. En outre, la formation permet de rendre l’open data plus sûr : en sensibilisant aux enjeux de sécurité de l’open data leur vigilance est accrue sur les problèmes de diffusion de données protégées », souligne Ludovic.

Les citoyens bénéficient en parallèle de cette intensification de l’open data : ils ont davantage de visibilité sur les actions de l’Etat et des agents publics. Une manière efficace de gagner leur confiance et de répondre à leur besoin d’information

L’augmentation et l’amélioration des données ouvertes représentent un potentiel économique très important. En 2007, la DGME, Direction générale de la modernisation de l’Etat, estime le marché des données publiques en France à 2,2 milliards d’euros. Sur quels éléments repose cette estimation ? La valeur créée par la libération des données provient de la valeur d’usage des données, elle provient de l’utilisation et des applications qui en sont faites. En France les deux tiers des données sont des informations géographiques et peuvent ainsi trouver des applications géolocalisées. Pour compléter cette réflexion, une étude de la Commission Européenne avait évalué le marché global de l’information publique à 27 milliards d’euros en 2006. Et les deux étudiants de calculer :

« Le potentiel de croissance généré est énorme. A titre indicatif notons que si notre programme augmente de trois pour cents le nombre de données, cela crée un marché de 66 millions d’euros (à supposer que toutes les données créent la même valeur) ».

Des bénéfices quantitatifs et qualitatifs donc. Nous avons hâte de savoir ce que donnera ce projet, et s’il se concrétisera comme les projets de l’édition 2011. Nous concluons avec le jury : « mais c’est demain qu’il faudrait faire cela ! ».

Pour aller plus loin :

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email