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« La grande Ecole du Numérique vient conforter, accélérer et soutenir ce qui est déjà en place chez Simplon »

21 septembre 2015

Depuis l’Elysée, François Hollande a jeté les bases de cette Grande Ecole du numérique le 17 septembre 2015. Frédéric Bardeau, le directeur du réseau d’écoles Simplon, était présent. RSLN a recueilli ses impressions.

 

Quelles sont vos réactions face aux préconisations du rapport et aux déclarations de François Hollande ? 

Frédéric Bardeau : Je suis soulagé : nous avons beaucoup travaillé autour de ce rapport et avons été auditionnés pendant plusieurs mois. Il y a une forme de reconnaissance dans le rendu, qui s’inspire grandement du travail que nous avons mené sur le territoire français. 

Il est intéressant de voir que l’appel à projets pour financer les écoles du numérique et leur déploiement a gardé la plupart des recommandations du rapport, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre de configurations, après les différents arbitrages politiques et financiers.

 

> Lire aussi : La Grande Ecole du Numérique : qu’est-ce que c’est ?

 

Cela va-t-il donner davantage d’ampleur aux écoles du numérique ?

Frédéric Bardeau : L’initiative va crédibiliser et institutionnaliser la démarche que nous avions déjà auprès des territoires et des collectivités, et donnera une légitimité très forte auprès des employeurs.

De plus, l’Etat se mouille en proposant un cofinancement de 50 %, ce qui va créer, accélérer voire débloquer des projets de déploiement des collectivités numériques avec Simplon.

L’autre nouvelle, qui est un peu plus passée inaperçue, a trait à la confirmation d’une bourse de 650 euros par mois pour tous les jeunes en formation dans un cursus labellisé Grande Ecole du numérique, sur les mêmes critères que les bourses. Cela nous permettra d’aller chercher des publics un peu plus sociaux, en voie de reconversion, non indemnisés, ou encore en fin de droits.

Concernant Simplon, ce cadre vient conforter, accélérer et soutenir ce qui est déjà en place, sans bouleverser pour autant notre activité. Dans les six prochains mois, nous allons ouvrir 17 centres de formation. Cette évolution était en cours et hors financement Grande Ecole du numérique. Elle prendra une ampleur supplémentaire avec cette perspective de cofinancement et nous allons pouvoir nous permettre d’avoir une marge de manœuvre supplémentaire pour organiser plus de sessions de formation, ou lancer de nouveaux projets.

 

 

François Hollande fait de la liberté l’un des deux critères d’accès à ces écoles, avec la motivation. Une liberté qui se retrouve dans la nature des formations, censées avoir recours à une « pédagogie innovante ». Que désigne concrètement cette expression et comment prend-elle forme chez Simplon ?

Frédéric Bardeau : Nous sommes toujours gênés par ce terme de « pédagogie innovante », car, en termes de pédagogie, beaucoup de choses ont déjà été expérimentées ! Nous pouvons néanmoins qualifier nos dispositifs d’innovants en ce qu’ils sont hyper opératoires et adaptés à des jeunes en décrochage scolaire.

Chez Simplon, la formation repose sur trois piliers : la pédagogie par projet – pas de cours, pas de théorie, uniquement de la pratique –, le peer-programming, à savoir une éducation très horizontale basée sur l’entraide, et le fait que tous les événements que nous organisons soient un prétexte à l’apprentissage.

Des hackathons aux meet-ups en passant par les ateliers pour enfants : tout doit servir à monter en compétences, qu’elles soient « soft » ou techniques.

Tout cela sans parler du côté intensif de la formation, et du fait de véritablement baigner dans le code pendant six mois.

 

Quelles propositions supplémentaires auriez-vous aimé voir intégrées au rapport ?

Frédéric Bardeau : Il aurait été intéressant de plus faire le lien avec les employeurs et les entreprises, même si je ne suis pas sûr que l’Etat soit en mesure de faire davantage dans ce domaine-là. On aurait pu imaginer que l’Etat demande à des entreprises de s’engager ou de créer un dispositif d’exonération, d’incitation à toute entreprise qui embaucherait un apprenant issu de la Grande Ecole du numérique… Cela aurait été une bonne idée.

Cela étant, la labellisation aidera grandement auprès des entreprises et je reste surpris par le fait que ce dossier interministériel ait pu avancer si rapidement.

Par ailleurs, le travail sur les bourses, les référentiels de formation et le fait que ce ne soit pas l’Education nationale qui chapeaute l’ensemble représente déjà une belle bataille. 

 

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