French Touch de l’éducation: des entrepreneurs sur les bancs de l’école share
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French Touch de l'éducation: des entrepreneurs sur les bancs de l'école

11 décembre 2014

Si vous vous intéressez à l’innovation éducative, vous ne l’aurez sûrement pas raté : Antoine Amiel, le fondateur de LearnAssembly connecte les professionnels de l’éducation aux entrepreneurs qui changent l’école. En avant-première de la French Touch de l’éducation, l’événement qu’il organise les 17 et 18 décembre prochains à Paris et dont RSLN est partenaire, il nous explique sa démarche.

RSLN : Qu’est-ce qui t’a incité à fonder Learn Assembly ?

Antoine Amiel : J’ai toujours été intéressé par l’éducation et en tant qu’élève et étudiant je ne trouvais pas forcément mon compte. Je cherchais plus de pluridisciplinarité, moins d’apprentissage scolaire, une valorisation de l’initiative et de la créativité et des professeurs plus variés issus de tous horizons. Alors que j’étais en stage, j’ai voulu devenir entrepreneur pour être indépendant mais je me suis aperçu que je ne savais rien faire. Je me suis aussi rendu compte que le numérique permettait à chacun de réaliser ses projets, à condition d’en avoir une bonne maitrise, ce qui là encore n’était pas mon cas. J’ai donc créé LearnAssembly, l’université des entrepreneurs et des professionnels du web que j’aurais rêvé d’avoir… Aujourd’hui, nous animons 20 événements (cours, conférences, ateliers) par mois avec un réseau de 400 intervenants opérationnels qui viennent partager leur expérience en présentiel et en vidéo.

On ne compte plus les levées de fonds dans le secteur des technologies éducatives, et pourtant l’école reste encore un milieu relativement fermé. Comment réagissent les profs face à cette vague d’innovation éducatives ?

A.A : Beaucoup de professeurs sont preneurs d’innovations, cherchent à les intégrer. Mais ils ont besoin d’être accompagnés pour bien utiliser les outils et aussi de savoir ou trouver ces outils  et lesquels sont de qualité ! Sinon, l’éducation sera inégalitaire et soumise au caprice de chacun. Dans certains pays, les programmes sont pensés avec le numérique. Dlès le début, tout le monde avance en même temps, ce qui facilite les choses.

Et les collectivités locales, sont-elles de bonnes alliées ?​

A.A : La multiplication des acteurs entraine un éclatement des responsabilités et une absence de vision commune, ce qui ralentit l’innovation. Les collectivités locales sont un acteur parmi d’autres. En France, elles sont en charge de l’achat de matériel, or le hardware est une partie de la réponse. A quoi servent des tableaux blancs interactifs sans aucune application et constamment éteints ? 

La French Touch de l’éducation rassemble un beau panel d’intervenants. Qu’est-ce qui les motive à venir ?

A.A : La French Touch de l’éducation a pour but d’accompagner le monde de l’éducation et de la formation en les réunissant autour d’un think-tank éphémère où tout le monde partage ses idées, ses retours d’expérience et ses convictions. Mon but est de décloisonner les acteurs, de permettre à un startuper de 24 ans de pitcher devant un patron de grande école, et de permettre à un patron de grande école ou DRH d’avoir des réponses à ses questionnements stratégiques sur le rôle du numérique dans la pédagogie. Ils viennent s’ouvrir, échanger, partager et repartir avec des idées concrètes de choses à mettre en place chez eux.

Le partage est un aspect de la pédagogie qui est un peu passé à la trappe, alors qu’il est essentiel dans un monde en pleine mutation !


La French Touch vise les entrepreneurs qui changent l’école, et Learn Assembly offre des formations aux entreprises. La recette de la transition numérique serait donc la même, de la fac au monde du travail ?​

A.A : La mission de LearnAssembly  est d’aider les entrepreneurs à passer de l’idée au projet et d’aider les entreprises à redevenir des startups. Nous le faisons via des Moocs, des cours, des conférences, des incubateurs. LearnAssembly utilise toutes les modalités pédagogiques, présentiel et e-learning, pour réaliser cela.

S’il y avait une recette toute faite, on le saurait ! Le numérique offre un nombre illimité de possibilités, chaque acteur doit apprendre à s’orienter dans ce fourmillement, à trouver les outils pertinents pour ses besoins. Ce qui est certain, c’est qu’un certain nombre de tendances de fond émergent. La première c’est l’auto-formation. Les gens ne veulent plus attendre qu’on leur propose des formations, d’autant plus que le contenu accessible via le web et sur le web est en pleine croissance et de plus en plus qualitatif. Corrélaire de l’auto-formation, la formation tout au long de la vie. De nombreux métiers disparaissent et se créent. Se reconvertir et être agile dans ses compétences est une question de survie aujourd’hui. Les gens doivent devenir entrepreneurs d’eux-mêmes. Troisième point, la culture numérique, qui casse les barrières et va concerner tous les marchés, toutes les entreprises et donc chacun d’entre nous.

On parle beaucoup des Moocs: comment se positionnent les entreprises sur le sujet?

Les entreprises se sont emparées du sujet des Moocs de trois manières : soit, elle créent de véritables Moocs grand public, dans une logique de brand content et de communication innovante. C’est le cas notamment de l’Afnic, qui a lancé une plateforme de formation pour les TPE-PME sur le numérique.

D’autres créent des versions privées de Moocs (Spoc) pour créer des programmes de formation massifs pour leurs collaborateurs. Sur ce type de projet, elles recherchent un accompagnement en ingénierie pédagogique mais aussi en RH pour bien sensibiliser managers et collaborateurs à ces enjeux. Enfin, de nombreuses entreprises utilisent tout ce qu’apportent les Moocs (social learning, évaluation par les pairs) pour créer des formations innovantes. Les entreprises avec lesquelles nous travaillons cherchent toutes des projets sur mesure et accordent beaucoup d’importance à la qualité de l’expérience utilisateur, au design et à la mesure big data du parcours de formation. Elles peuvent aussi être complétées par du présentiel, via des incubateurs physiques ou digitaux.

La French Touch de l’éducation a lieu les 17 et 18 décembre à Paris à l’Ecole 42. Partenaire média de l’événement, RSLN vous la fera vivre en direct et via notre prochain débat sur les pédagogies numériques.

Lecteur de RSLN, l’événement vous intéresse ? Partagez cette info et profitez d’une réduction de 30% sur votre entrée en nous écrivant à redaction[at]rslnmag.fr ! (dans la limite des places disponibles).

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