FrenchTouch : pour une approche raisonnée de l’éducation numérique share
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FrenchTouch : pour une approche raisonnée de l’éducation numérique

16 janvier 2015

Comment permettre aux élèves de tirer le meilleur parti du numérique dans leurs apprentissages ? Comment accompagner les enseignants dans le renouveau de leurs enseignements ? Ces problématiques, étaient au cœur des débats et conférences organisés par Learn Assembly lors de la French Touch de l’Education, les 17 et 18 décembre dernier à l’Ecole 42. Compte-rendu de la table-ronde « Quelle place pour le numérique dans l’éducation ? ».

Alors que le Grand plan numérique pour l’école a été annoncé par François Hollande le 14 juillet dernier, Benoît Thieulin, Président du Conseil national du numérique, Laetitia Grail, fondatrice de Myblee, Raphaël Taïeb, fondateur de lelivrescolaire.fr, et Thierry de Vulpillières, directeur des partenariats éducation chez Microsoft, sont revenus sur les principaux enjeux d’une telle transition. Pour faire en sorte que cette dernière cesse d’être une « boîte noire » aux yeux des parents, comme le regrette Benoît Thieulin, l’évolution du rôle des professeurs est l’un des premiers chantiers.

L’encadrant, le professeur de l’ère numérique ?

Pour Raphaël Taïeb, l’introduction de supports pédagogiques sur tablette change la posture de l’enseignant et les modalités et de son enseignement. Celui-ci passe d’une posture magistrale et verticale à un statut d’encadrant accompagné d’une plus horizontalité dans les échanges avec ses élèves. Face à l’abondance d’informations qui caractérise les médias numériques, l’enseignant se transforme pour lui en « guide », donnant une grille de lecture à ses élèves afin qu’ils sachent reconnaitre l’information, la traiter, la hiérarchiser. Savoir réutiliser leurs connaissances et notamment les informations glanées sur le net pour résoudre des problèmes, construire et développer leur jugement et soutenir les apprenants au moment de surmonter leurs propres blocages et difficultés sont autant de compétences que pourront acquérir les élèves.

Ce qui signifie que l’enseignant reste bel et bienau cœur du système d’apprentissage. Encore faut-il lui fournir des ressources pédagogiques adéquates, sur lesquelles il pourra s’appuyer. Un travail d’adaptation déjà fourni par un grand nombre d’acteurs privés du système pédagogique selon Thierry de Vulpillières, directeur des partenariats éducation chez Microsoft. Mais le chemin est encore long : pour être efficaces, il est nécessaire que ces ressources découpent et adaptent le programme en fonction des compétences à développer.

Le personnel éducatif, avocat du changement

Accusés d’un retard en termes de maîtrise des outils numériques, les enseignants seraient en réalité la première catégorie socio-professionnelle à adopter ces appareils au quotidien, selon Laetitia Grail, qui développe avec des enseignants des applications pour faciliter l’apprentissage des mathématiques. Mieux : selon Jean-Michel Fourgous, ancien Député et maire d’Elancourt (Yvelines), dans le premier rapport « Apprendre autrement à l’ère numérique », les professeurs seraient plus de 90% à se dire prêts à utiliser de tels outils dans l’enceinte scolaire. Cela est d’ailleurs déjà le cas d’un enseignant sur trois en France, soit 35.000 personnes qui utilisent des manuels numériques.

Autre idée traditionnellement ancrée : les connaissances s’acquièrent par une certaine forme de souffrance. « Cette manière de concevoir le débat pédagogique entre anciens et modernes ne fait progresser personne » selon Benoît Thieulin.

Maîtriser la transition numérique… pour que l’apprentissage ne se passe pas des enseignants

Frappé par une étude dévoilant une baisse importante du niveau scolaire au sein des classes sociales supérieures américaines, les plus avides en smartphones et tablettes, le Conseil National du Numérique appuie une approche raisonnée du numérique et des outils éducatifs qu’il offre, si son utilisation n’est pas éclairée des conseils et de la méthodologie du corps enseignant. Sans maîtrise, l’enseignement numérique peut en effet s’avérer bien moins structuré et plus délinéarisé que l’enseignement traditionnel.

Et ce phénomène risque de prendre de l’ampleur alors que se développe de plus en plus le le « homeschooling » aux Etats-Unis. Déçus de l’enseignement accordé à leurs enfants, les parents sont de plus en plus à les retirer de l’école pour leur faire suivre des cours à domicile… la plupart du temps sur des supports numériques.

Il est donc d’autant plus essentiel de donner aux enseignants les clés de l’utilisation numérique en classe, afin de faire la démonstration de l’innovation et du renouvellement à l’œuvre au sein de l’Education Nationale. Les opportunités sont là, à portée de main, notamment au travers des initiatives locales. « Elles sont des sources d’inspiration majeures », insiste Benoit Thieulin.

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