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La Grande Ecole du numérique : qu’est-ce que c’est ?

18 septembre 2015

La Grande Ecole du numérique prend forme. Jeudi 17 septembre 2015, François Hollande en a défini les contours. Comment et à quelle échéance sera-t-elle mise en place ? Que proposera-t-elle concrètement ? Et pour quel public ? RSLN fait le point.

Plan numérique de Najat Vallaud-Belkacem, importance du Big Data et des objets connectés dans les propositions d’Emmanuel Macron, rayonnement de la French Tech dans le monde et sur le territoire français porté, entre autres, par Axelle Lemaire… Ces derniers mois, les initiatives du gouvernement pour accompagner l’économie numérique française n’ont pas manqué. 

« Et pourtant, une pièce essentielle manquait à cet édifice », a rappelé François Hollande lors de la réception du rapport sur la Grande Ecole du numérique à l’Hôtel Marigny : « Une école du numérique. »

 

 

Menée conjointement sur trois mois auprès de 200 personnes aux profils variés, du jeune en quête de reconversion au chercheur en passant par les responsables de collectivités locales, la mission de préfiguration de la Grande Ecole du numérique (GEN), conduite par Stéphane Distinguin, Gilles Roussel et François-Xavier Marquis, a permis de poser les premières pierres de l’édifice. Et d’aboutir à un constat : la Grande Ecole du numérique est une « utopie réaliste ». Restait à lui donner l’impulsion politique pour la rendre réalisable.

 

Former 10 000 « jeunes et moins jeunes » aux métiers du numérique

L’initiative part d’un constat : alors qu’un nombre important de postes restent à pourvoir dans le numérique (35 000 selon le rapport Syntec numérique, 50 000 selon Alain Assouline, président de Webforce3), une proportion croissante de jeunes sont au chômage, sans diplôme ou à la recherche d’une reconversion professionnelle. La Grande Ecole du numérique propose ainsi de former 10 000 « jeunes et moins jeunes » aux métiers du numérique dans les trois années suivant son lancement grâce à 200 lieux de formations (« fabriques ») réparties sur l’ensemble du territoire.

« Tout doit normalement passer par l’école. Mais il y a ceux qui sont sortis de l’école déjà depuis des années. Il y en a qui n’ont pas forcément dans l’école ce qu’ils attendent et qui, néanmoins, se sont convaincus que leur avenir pouvait passer par le numérique. Et puis, il y a des besoins d’économie numérique qui ne trouvent pas nécessairement une offre correspondante du côté des systèmes actuels de formation », a résumé François Hollande.

 

 

2 500 élèves formés, 50 structures labellisées

La Grande Ecole du Numérique sera donc plutôt un Grand Réseau, composé de formations déjà existantes, reconnues, et qui seront désormais labellisées par l’Etat. Cinquante devraient l’être d’ici la fin de l’année :

 « Nous ne partons pas de rien. Il y a déjà eu beaucoup de choses en matière de formation numérique, a précisé le président de la République. On ne nous a pas attendus. D’abord, dans le monde associatif : Simplon, qui, à Montreuil fait beaucoup pour la diffusion et la formation au numérique, WebForce3, l’Ecole 42, l’Université de Haute-Alsace Nous voulons les rassembler et les réunir. »

Tournées principalement vers les jeunes en décrochage scolaire ou en tentative de reconversion, ces formations, au même titre que celles qui seront créées et correspondront aux critères de sélection, seront inscrites au répertoire national des certifications professionnelles. Ce qui permettra à ces formations de recevoir une dotation de 70 000 euros, et à leurs étudiants de bénéficier de bourses de l’enseignement supérieur s’ils remplissent les critères sociaux, chose impossible jusqu’alors.

> A lire aussi : « La République numérique prend ses quartiers » : le gouvernement mise sur la mobilisation citoyenne

 

La Grande Ecole du Numérique a officiellement été lancée par la tenue, dans les locaux de l’Elysée, d’Un « hackathon-Innovathon »

 

Une « anti » Grande Ecole ?

« Ce projet est anti-classement. L’idée est, qu’une fois le label obtenu, le cursus est valorisant partout sur le territoire national et doit être considéré comme tel, comme qualifiant et symbole de qualité par les employeurs. Cela va à l’encontre de la logique des grandes écoles qui favorise le classement et la compétition entre les élèves », a déclaré François Hollande.

Des cursus qui s’éloignent donc de l’élitisme souvent critiqué des Grandes Ecoles traditionnelles pour se tourner vers un modèle plus souple et plus en phase avec les réalités du numérique. Le tout sans oublier la finalité de l’initiative : « L’objectif doit être l’emploi. Tous ceux qui passeront par ces écoles du numérique seront des élèves, des apprenants qui iront vers l’emploi qu’ils créeront eux-mêmes ou qui leur sera proposé. »

« Nous sommes en train d’inventer le Polytechnique de demain », a annoncé François Hollande. Une phrase vue comme une « plaisanterie » par certains. Et s’ils se trompaient ?

 

> A lire aussi : Un hackathon à l’Elysée pour le lancement de la Grande Ecole du Numérique

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