Hour of Code ou comment les jeunes Français apprennent l’alphabet du XXIe siècle share
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Hour of Code ou comment les jeunes Français apprennent l’alphabet du XXIe siècle

6 janvier 2016
Depuis sa création en 2013 à l’initiative de Code.org, le mouvement Hour of Code a permis à un peu plus de 188 millions d’élèves dans le monde de s’essayer aux rudiments de la programmation informatique à travers des milliers d’ateliers gratuits. Cette année 487 événements ont été organisés dans toute la France. Et ont réuni plus de 4 000 enfants, parents, enseignants ou bénévoles de tous horizons… RSLN est parti à leur rencontre afin de mieux cerner l’esprit Hour of Code.

« Aujourd’hui, vous allez devenir développeurs ! », lance Mehdi, animateur de Simplon.co, aux invités exceptionnels du ministère de Bercy. Dans ce lieu où Axelle Lemaire déclarait quelques minutes plus tôt que la France avait besoin « de plus de gens sachant coder », une trentaine d’enfants, accompagnés d’une dizaine de bénévoles, ont été conviés pour démystifier le code.

« Est-ce qu’il y en a parmi vous qui parlent plusieurs langues ?, leur demandait d’ailleurs la ministre. Le code est une langue comme une autre, et porte en elle les mêmes richesses ». 

 

 

Apprendre à coder : un jeu d’enfant

Au programme de cette semaine donc, du code, cet alphabet du XXIe siècle dont la compréhension sera une compétence professionnelle essentielle de demain. Organisé à l’initiative de Simplon et Microsoft, l’atelier organisé à la cité des Sciences souhaite lui aussi « prouver que n’importe qui, quel que soit son âge, peut en apprendre les rudiments ».

Nathalie, animatrice de l’atelier, nous explique comment se passe la mise en pratique sur le module Minecraft :

« L’idée, c’est d’inviter les enfants sur ces technologies de leur monde, de leur époque : certains n’osent pas ou bien osent, sans que leurs parents ne comprennent ce qu’ils font… Ici, la démonstration permet de mettre à l’aise tout le monde : on clique sur un bloc, qui est en fait une instruction avancée pour faire avancer un petit bonhomme sur une grille. Ça permet en fait de raisonner, de comprendre la démarche purement logique derrière la programmation. » 

 

Apprendre donc, mais en jouant. Nicole, venue accompagner son petit-fils « fan de Minecraft », s’est finalement laissée elle aussi prendre au jeu. À 69 ans, cette retraitée s’amuse du fait de coder pour la première fois : « Je comprends un peu mieux pourquoi ce jeu plaît en le fabriquant moi-même », nous explique-t-elle en déplaçant des blocs.

 

Car que l’on ne s’y méprenne pas : le code n’est ni affaire d’âge… ni de sexe, comme le soulignait la ministre Axelle Lemaire :

« Quand on est une fille, on pense que le code est réservé aux garçons mais c’est faux ! Ce sera à vous tous de faire avancer le numérique. »

Et nombreuses sont celles qui ont (déjà) entendu le message, puisque cette édition a vu autant de filles que de garçons participer aux ateliers Simplon de cette session 2015.

Une heure de code pour décoder l’inclusion

Mais comment faire que la vague Hour of Code touche enfin ceux qui en sont le plus éloignés ? Au-delà des ateliers déployés sur tout le territoire, certains bénévoles n’hésitent pas à faire venir l’événement aux plus isolés. C’est le cas de Barbara, Key Account Manager chez Microsoft France, qui est allé à la rencontre d’enfants hospitalisés :

« En partenariat avec l’association Cé Ke Du Bonheur, nous avons rencontré à l’hôpital Saint Maurice une quinzaine d’enfants, de 11 à 15 ans, très au courant des nouvelles technologies, très en demande de conseils. On a utilisé le module Minecraft en 14 étapes sur des tablettes que nous avions apportées. Au début, ce sont deux lignes de codes, mais petit à petit c’est un vrai programme qu’ils développent. »

Pour achever de vaincre la barrière géographique, des ressources ont aussi été mises en ligne sur le site d’Hour of Code, chargé de délivrer à chacun des participants à la formation un diplôme très officiel – en ligne, bien évidemment. De quoi permettre à l’association Singa, qui se préoccupe de l’aide aux réfugiés, d’avertir sur Facebook ceux qui souhaitaient profiter de l’événement… sans pouvoir se déplacer à l’atelier tenu à la Cité des Sciences.

 

Sur place, Anne-Charlotte, chef de projet chez Simplon, a aussi révélé la naissance d’un tout nouveau programme en partenariat avec Singa et de nombreux sponsors, qui vise à lutter contre les barrières économiques qui empêchent encore l’accès à l’apprentissage du code :

« Il s’agira d’une formation pilote avant qu’il y en ait, on l’espère, beaucoup d’autres » détaille-t-elle au milieu d’une trentaine de réfugiés. « On est en cours de négociation pour obtenir des trajets, des déjeuners gratuits pour que vous assistiez à cette formation. »

Ibrahim, 25 ans et originaire de Guinée, souhaite postuler :

« J’aimerais bien continuer à manier l’ordinateur car le XXIe siècle, c’est ça… »

L’esprit d’Hour of Code serait-il alors surtout… celui de son temps ?

 Pour aller plus loin :

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