Innovantes, créatrices d’emploi : les start-up françaises en ont sous le pied ! share
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Innovantes, créatrices d’emploi : les start-up françaises en ont sous le pied !

23 juin 2014

Et la palme de l’hypercroissance revient… aux start-up françaises. Le chiffre d’affaires de ces sociétés a bondi de 43% entre 2012 et 2013 selon une étude conjointe d’EY et du think tank France Digitale, dévoilé à France Digitale Day le 11 juin dernier. 

Comment expliquer cette santé insolente ? En premier lieu par une forte présence à l’international. En effet, cette étude, menée auprès de 116 start-up, montre que le chiffre d’affaires réalisé en dehors de nos frontières a pratiquement doublé entre 2012 et 2013 pour atteindre 881 millions d’euros. 

Les petites start-up, championnes du recrutement

A noter que les championnes en la matière sont les plus petites entreprises : les start-up qui réalisent un chiffre d’affaires compris entre 0 et 5 millions d’euros ont vu leurs revenus bondir de 71% en un an, contre 20% de hausse seulement pour les entreprises de 5 à 50 millions de chiffre d’affaires. Jusque là, rien de plus normal pour des sociétés dont le modèle économique consiste à croître très rapidement pour passer à l’échelle : ce sont elles qui déclenchent les levées de fonds les plus importantes, augmentant sans cesse leur capital… les start-up françaises sont ainsi, avant tout championnes du capital-risque.

Mais il y a mieux : selon cette enquête, les start-up sont fortement créatrices d’emplois. En effet, ce sont pas moins de 1 376 emplois qui ont été créés en un an au sein des 116 entreprises interrogées. Une performance d’autant plus remarquable qu’il ne s’agit pas de contrats précaires : plus de 9 créations d’emplois sur 10 sont des CDI, précise l’étude, et 1% seulement des contrats concernent des stages. En matière de création d’emplois, les entreprises les plus petites sont une fois encore les plus dynamiques : les start-up de moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires rassemblent 70% des effectifs totaux.

Plus de la moitié des start-up interrogées bénéficient du statut de Jeune entreprise innovante. Sur le plan des aides, 3 entreprises sur 4 ont eu recours au CICE (Crédit impôt compétitivité emploi) et 17% au Crédit impôt innovation. 

Des modèles sociaux ?

Les start-up françaises se caractériseraient aussi par leur « culture du partage », nous expliquait Marie Ekeland, co-présidente de France Digitale :

« Le risque, mais aussi la valeur créée se partagent dans les start-up entre tous les acteurs clés de l’entreprise – fondateurs, dirigeants, salariés comme investisseurs. (…) Ce modèle social est vertueux mais nécessite de revoir les modalités de l’actionnariat salarié, au travers d’une réforme des régimes des actions gratuites et des BSPCE« . 

Le dernier enseignement de l’étude concerne le profil-type de l’entrepreneur. Agés de 42 ans en moyenne, ils sont plus de 9 sur 10 à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au master… et sont encore des hommes dans 94% des cas. C’est ainsi du côté de la mixité que les start-up peuvent encore améliorer leurs résultats sociaux, mais aussi économiques, comme l’explique Eva Fabry, Directrice du European Centre for Women and Technology (ECWT): 

« La participation active des femmes dans le secteur des nouvelles technologies est essentielle pour la croissance à long-terme et la viabilité économique de l’Europe. L’étude intitulée « Women Active in the ICT Sector » et présentée par la commission européenne en 2013 révèle qu’une meilleure intégration des femmes dans le secteur numérique en Europe pourrait apporter au PIB européen pas moins de 9 milliards d’euros par an. »

Il n’en reste pas moins que les résultats sont là, et ils sont particulièrement encourageants pour les jeunes pousses de notre pays. Si le french-bashing fait les choux gras de nombreux médias (anglo-saxons, mais parfois aussi français !) le baromètre France Digitale donne des points à ceux qui, comme TechCrunch, saluent une France dynamique au fort potentiel de « start-up nation ». Comme le conclut Marie Ekeland, qui était d’ailleurs citée comme l’un des symboles de la réussite au féminin dans notre débat « Femmes et numérique » :

« C’est maintenant une évidence : notre économie est dans une phase de transformation majeure liée, en premier lieu, à la mutation numérique ».

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