Dépasser les handicaps grâce aux outils numériques

19 janvier 2012

Pour accompagner notre réflexion autour de la pédagogie numérique, suite à notre visite du BETT, le salon de l’éducation numérique, nous poursuivons la publication d’une série d’articles, de reportages et d’analyses sur la question de la pédagogie numérique.

Dyslexie, autisme, cécité, etc : certains outils technologiques peuvent se révéler un excellent soutien à l’éducation des enfants handicapés. Le point sur deux programmes intéressants.

> Kinect et autisme, un jeu d’enfant au Portugal

Dans l’école de Lagoa aux Açores, les enseignants ont décidé de se servir de moyens différents pour intégrer les besoins spécifiques des enfants à l’école. Léonardo Amaral, principal de l’école de Lagoa membre du programme Partners in Learning de Microsoft [NDLR éditeur de RSLN] explique qu’il a cherché à répondre aux besoins spécifiques des enfants atteints d’autisme ou de trisomie 21. Dans son établissement qui recense plus d’un millier d’élèves et une centaine d’enseignants, le principal a plusieurs types de scolarisations possibles pour les enfants handicapés en fonction de leurs capacités. D’une part, les enfants sont souvent intégrés aux classes traditionnelles. Mais d’autre part, certains enfants bénéficient d’un encadrement spécialisé dans une classe plus adaptée.

Certains enfants comme José, qui est autiste, ne peuvent cependant pas suivre de cursus du tout. L’enfant a des difficultés à être à proximité de ses camarades et même à être présent dans une salle de classe traditionnelle. Difficile pour lui d’avoir un contact quelconque avec les autres enfants de l’école. Pour le jeune garçon, entrer dans une salle de classe était longtemps inenvisageable.

« José passait en fait la plus grande partie de son temps à l’école dans le bureau du psychologue, il n’est pas allé dans une salle de classe pendant plus de trois ans » nous explique le principal.

C’est pour répondre aux besoins particuliers d’enfants comme José que l’équipe pédagogique de Lagoa teste depuis plusieurs mois l’impact de Kinect et plus particulièrement du jeu Kinect Adventures. Et pour José, les changements ont été très rapidement perceptibles. L’idée des enseignants ? Utiliser la console de jeu comme un support pour ramener l’enfant dans une salle de classe. Et une fois la console installée dans un espace public, José a effectivement continué à jouer, et est progressivement sorti de sa solitude.

« José passe désormais beaucoup de temps à jouer à Kinect. Il accepte désormais de jouer avec des camarades, et échange même quelques paroles avec eux. Nous y sommes arrivés ! » raconte Léonardo Amaral.

Plus de concentration, de meilleures capacités de mémorisation et de communication, une meilleure appréhension de l’espace, etc : Kinect a également permis à d’autres élèves handicapés de progresser. Et côté enseignants ? L’utilisation de Kinect permet de déceler rapidement des difficultés de perception de l’espace ou des problèmes visuels chez un enfant.

 

 

> Dyslexie, cécité et technologie en Grande Bretagne

Dans une conférence donnée à l’occasion du BETT, l’équipe de Steve Bennett, spécialiste des technologies à destination des handicapés, est revenue sur différents cas d’utilisation d’outils technologiques pour rendre l’école plus accessible à tous les enfants –sans aucune exception. Plusieurs programmes dans le Comté de Durham en Angleterre permettent à présent de proposer des formats alternatifs -sonores, textuels ou visuels- aux enfants handicapés.

Rappelant que l’accessibilité passe par un projet global –accès physique aux salles de cours- l’équipe est revenue sur l’utilisation de formats alternatifs pour un même document pour accompagner les enfants aux besoins particuliers dans leur scolarité. Le programme Dolphin s’est étendu à neuf écoles du Nord Est de l’Angleterre et a notamment pris en charge une trentaine d’enfants dyslexiques et aveugles. Les enfants ont pu profiter d’ordinateurs personnels. Durant l’année scolaire 2009-2010, les enfants ont ainsi pu bénéficier d’exercices et de leçons en format textuel, sonore ou en braille. L’idée ? Lorsque les enfants font un exercice d’écriture, ils peuvent demander à l’ordinateur d’épeler le mot de façon sonore.

 

Le résultat ? Les résultats scolaires des enfants ont été améliorés dans 71% des tests. Leur capacité à lire a quant à elle été améliorée de 56% et leur écriture de 70%. Et au-delà des chiffres, les enfants ont également profité du programme de plusieurs manières. Les enseignants et les parents ont témoigné unanimement :

« J’ai remarqué que ma fille Emilie avait beaucoup gagné en confiance, elle est beaucoup plus sûre d’elle, » explique Dave Steel, parent d’une enfant dyslexique.

Les enseignants du programme soulignent l’importance des nouvelles technologies qui simplifient le quotidien des enfants. Selon eux, les enfants reprennent la main sur leur scolarité et ont davantage de sentiment de contrôle qu’auparavant. Une façon unique de rendre à ces enfants pas comme les autres un peu d’autonomie : plus besoin d’avoir de l’aide pour réaliser un exercice. Le taux d’absentéisme des enfants, plus motivés, est réduit. Même les parents en bénéficient : perceptibles par tous, le document sonore crée du lien et les parents l’utilisent pour aider leurs enfants à faire leur devoir. Un cercle vertueux qui change tout.

 

Pour aller plus loin :

 

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email