Internet et le monde du travail : des RH à la com’, ça commence à bouger sérieusement share
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Internet et le monde du travail : des RH à la com’, ça commence à bouger sérieusement

24 mars 2010

(visuel : Linkedin Chocolates, par nanpalmero, licence CC)

« Faut-il couper Internet au travail ? » : vous vous souvenez de ce titre, un chouilla provocateur, que nous avions lancé, début janvier, à l’occasion d’une journée de débats-simulations organisée par la branche française de l’Isoc à l’université Paris-Dauphine ?

Preuve que le sujet intéresse particulièrement,
des ouvrages entièrement dédiés à cette question des relations entre monde du travail et web s’invitent à présent en librairie. Deux publications récentes se penchent ainsi sur cette question – en adoptant toutefois des angles d’approches différents.

Première position :
celle de Vincent Ducrey, actuel conseiller Internet du ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. Dans un ouvrage à vocation globale, baptisé Le guide de l’influence (à paraître aux éditions Eyrolles le 25 mars), l’auteur tente de dresser un tableau aussi exhaustif que possible des relations entre organisations (entreprises, administrations, collectivités, …) et web. Et ce à tout point de vue : nouvelles manières de communiquer, conséquences sur les ressources humaines, … .

L’argumentation tient en quelques points, soigneusement packagés dans une théorie que l’auteur appelle « Hub-management ».

Mort du buzz et naissance de l’influence, détails sur les générations qui cohabitent désormais à l’intérieur de l’entreprise, Vincent Ducrey présente quelques-uns des constats posés dans son ouvrage :

Et voici quelques détails sur son argumentation, qui tient en trois temps :

– Etape une :  les nouveaux circuits de l’information.

Les nouveaux vecteurs de diffusions (de Twitter à Dailymotion, en passant par les forums de discussion)  remettent largement en question le circuit traditionnel de l’info qui suivait, selon l’auteur, une chaîne quasi-imperturbable (dépêche d’agence de presse –> radio –> télé –> presse écrite (j+1) -> conversations). Quel créneau (jour, heure, …) devez-vous plébisciter pour garantir à vos communications un taux de reprise maximum ?

– Etape deux : passer du buzz à l’
influence

Occuper le terrain au jour le jour, c’est bien … mais ne faut-il pas, également, s’investir à plus long terme ?

– Etape trois : une révolution des fonctions

Pour réussir tout cela, c’est une véritable révolution dans certaines fonctions et habitudes de travail qu’il va falloir mettre en œuvre. « C’est terminé, le comité de pilotage classique, qui se réunit une fois par mois et que l’on doit faire durer jusqu’au moment du déjeuner parce que l’on se sent obligés, diagnostique par exemple Vincent Ducrey. Le bon management, aujourd’hui, ce serait par exemple de réserver tous les jours 15 minutes au traitement de ces dossiers, quitte à ce que les participants interviennent à distance, … ». Le « hug-management » suppose donc la création d’une « hub-room », et ainsi de suite … 

Comme le note L’Express, les curieux observeront de près le lancement de l’ouvrage : il sera après tout la meilleure preuve que son auteur parvient à faire parler des sujets !

Seconde approche : celle de David Fayon, déjà auteur de plusieurs ouvrages spécialisés sur les nouvelles technologies. Sa dernière publication, co-rédigée avec Christine Balagué, s’intitule : Facebook, Twitter et les autres.., et son sous-titre indique clairement le périmètre auquel ses auteurs l’ont volontairement restreint : Intégrer les réseaux sociaux dans une stratégie d’entreprise.

« Le boom des réseaux sociaux utilisés par les internautes a eu lieu entre 2003 et 2006 »
, diagnostique-t-il. « La plupart des sites qui ont alors émergé n’étaient pas destinés à un usage professionnel. Mais leur succès a entraîné une prise de conscience progressive des entreprises, qui osent même utiliser certains des réseaux pour faire dénicher de nouveaux clients … », raconte-t-il.

Selon lui, l’année 2010 devrait voir l’explosion d’une nouvelle fonction :
le « community manager » – chargé tout à la fois de surveiller les conversations concernant l’entreprise, d’organiser sa prise de parole, voire de trouver de nouveaux marchés, tout cela grâce à une insertion active sur les réseaux sociaux.

Mais attention : pas question d’appliquer une recette miracle, encore moins remettre par terre toutes les précédentes fonctions pour autant – direction de la communication, direction du marketing, direction des systèmes d’information doivent conserver toute leur place. « Les fiches de poste sont encore embryonnaires, reconnaît David Fayon. Mais ce que l’on constate, c’est que, pour être le plus efficace possible, le community manager doit être un traitement de premier niveau, avant une éventuelle redirection vers des services plus traditionnels. » Et l’auteur de prédire : « L’influence, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, ne pourra pas remplacer la pertinence ! »

Evidemment, ces deux ouvrages ne sont que quelques-unes des publications sur cette question. Soyez sûrs que vous en entendrez de nouveau parler par ici …

> Pour aller plus loin :

– Le baromètre de « l’observatoire Ifop des réseaux sociaux » de janvier 2010 (PDF)

– « Un dirigeant anglais sur deux utilise les réseaux sociaux pour recruter » (Demain la veille)


– «
Réseaux sociaux : le point de vue du chercheur »

– « Les réseaux sociaux professionnels » : conseils pratiques sur le site de Pôle emploi

–  Un site de Microsoft sur
les nouvelles expériences de travail

– « Planète Y », un « média de réflexion sur la génération Y », édité par la Chambre de commerce de Paris

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