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Le débat : Et maintenant, quelles pédagogies numériques ?

22 décembre 2014

Considéré comme l’un des grands chantiers du gouvernement, un « Grand plan numérique pour l’école » a été annoncé par François Hollande le 14 juillet dernier. Alors que l’une de ses principales promesses consiste à équiper les élèves en tablettes numériques, se pose la question de la démarche pédagogique, si nécessaire pour tirer le meilleur parti des équipements. Comment bénéficier de la formidable opportunité qu’ils offrent pour de nouveaux apprentissages ? Et maintenant, quelles pédagogies numériques ?

Pourtant tous spécialistes de l’innovation éducative, nos experts nous ont d’abord expliqué que les pédagogies numériques, ça n’existe pas. L’outil ne définit pas la pédagogie, car il n’est justement… qu’un outil ! Mais tous reconnaissent que le numérique transforme les apprentissages : le travail collaboratif, la création par le jeu peuvent changer la façon dont des millions d’écoliers se confrontent aux savoirs et se préparent à un monde en mutation rapide. 

A ce sujet, ils tordent le cou à une idée reçue : le numérique ne rend pas l’élève plus autonome. Au départ, l’usage des technologies exige une grande autonomie, bien plus qu’il n’en apporte. Car les élèves doivent d’abord être à l’aise avec les outils, or certains apprennent seul ou à la maison à se servir d’un ordinateur et d’autres pas. Cet usage doit donc être enseigné pour que tous les élèves soient égaux devant l’écran… Et une fois cette mission accomplie, seuls face à l’immensité de la Toile nos élèves ne seront pas autonomes pour autant : pour qu’ils deviennent des adultes accomplis, apprendre à apprendre est une autre compétence que l’école doit leur apporter, expliquent nos experts. 

Entre le moment où le numérique fait irruption dans l’école et le moment où il est synonyme de meilleurs apprentissages, il y a un mouvement en deux temps : déconcentration, puis reconcentration. Déconcentration d’abord, à cause des vibrations incessantes des smartphones des étudiants : l’enseignant doit souvent jouer les « flics du numérique » pour garder l’attention de ses élèves. La promesse d’une reconcentration vient ensuite, car bien utilisé, le numérique pourrait personnaliser les apprentissages au point d’offrir une pédagogie pour chacun. 

Cette bascule pédagogique exige un quasi big-bang dans la classe. Au point que nos experts expliquent que le numérique change la posture du prof : il n’est plus le seul garant de la transmission des savoirs à tous, mais devient chef d’orchestre, guide et coach dans une quête plus individuelle de chaque élève vers la connaissance. Une nouvelle posture dans laquelle les professeurs doivent être aidés, soutenus et formés, chacun selon son rythme et en accord avec sa propre démarche pédagogique.

Quel accompagnement politique pour réussir cette transition numérique de l’école ? Nos experts ne manquent pas d’idées, que vous pouvez retrouver ci-dessous dans notre synthèse des échanges et là avec leurs tribunes !

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