L’e-parentalité : trois questions à Magali Cipriani share
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L'e-parentalité : trois questions à Magali Cipriani

3 octobre 2009

L’étude que vous avez dirigée montre l’ambivalence des parents face à la question des dangers associés à l’usage d’Internet.

L’ambivalence se joue sur deux injonctions : l’impossibilité de couper son enfant de l’ouverture au monde qu’offre Internet, devenu un outil indispensable socialement ; et l’impératif de le protéger des dangers qui y sont associés. Des dangers dont les parents n’ont d’ailleurs qu’une vision parcellaire. Pour leur enfant de moins de 10 ans, les parents ont l’image du prédateur qui va rompre une bulle protectrice. Pour les plus de 10 ans, ils craignent, au contraire, qu’il se fasse happer par un ailleurs et soit entraîné dans des pratiques addictives. Le danger, pour eux, vient toujours de l’extérieur.

Comment réagissent-ils par rapport aux logiciels de contrôle parental ?

Chez ceux qui nourrissent le plus de fantasmes à l’égard des dangers d’Internet, on trouve les plus « contrôlants » qui installent l’outil comme un bouclier. A l’autre bout, il y a les non-utilisateurs convaincus qui opposent un refus idéologique à tout frein, estimant que « c’est comme ça qu’on grandit ». La majorité des parents évolue entre ces deux extrêmes. On trouve les « abandonnistes » qui ont installé un contrôle parental mais qui y ont renoncé après des difficultés techniques de navigation et par manque d’information ; ceux qui ne sont ni utilisateurs ni réfractaires ; et les utilisateurs désimpliqués qui ont activé le contrôle parental sans en connaître les fonctionnalités précises. La majorité d’entre eux se sont déclarés intéressés mais gênés par la mise en oeuvre de cet outil. Ce qui nous a amenés à nous poser la question d’un apprentissage dédié aux parents.

Justement, vous parlez de l’avènement d’une e-parentalité.

Un parent qui n’a pas d’information est disqualifié. Il a du mal à imaginer les dangers réels et à amorcer un dialogue crédible avec son enfant. Nous sommes en effet la première génération à devoir tout (ré)inventer dans notre métier de parents et, notamment, avec les nouvelles technologies. Avoir accès, de la maison, au monde entier de façon quasi illimitée nous force à y intégrer une nouvelle facette. Le contrôle parental ne remplace pas leur propre vigilance. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre la posture qui consisterait à les culpabiliser et celle qui les transformerait en « flics ». ll faut les guider pour les rendre qualifiés. Pour cela, ils ont besoin d’être accompagnés dans l’éducation à l’eparentalité, un nouveau versant de la parentalité.

Directrice d’Adage, cabinet d’études qualitatives, Magali Cipriani a mené pour Microsoft une étude sur les perceptions par les parents des pratiques numériques de leurs enfants. De cette réflexion est né le site www.cestplusnet.fr, premier guide interactif dédié aux parents.

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