Le potentiel français en mal de cohérence

9 mars 2008

La France a un grand potentiel… qui se développe un peu dans tous les sens ! C´est, en substance, ce que nous apprend le Rapport sur la contribution des nouvelles technologies à la modernisation du système éducatif en France1 (l´un des plus complets jamais réalisés). Commençons par nos atouts. Côté équipements, on ne compte plus les collectivités qui investissent dans les nouvelles technologies. Citons la Lorraine et ses ENT(environnement numérique de travail, outil collaboratif sous la forme d’un portail web mettant en contact parents, élèves et enseignants et proposant services et infos sur l’école), les Landes et ses tableaux numériques, les Bouches-du-Rhône et la distribution d´ordinateurs portables… Côté ressources, le ministère de l´Éducation joue bien son rôle de relais pour faire connaître aux enseignants les ressources accessibles, notamment via EDUCNET, où les profs s´échangent des scénarios de cours. Côté pédagogie et programmes, la loi d´orientation et de programme pour l´avenir de l´école de mai 2005 a donné la définition d´un socle commun de compétences, et elle oblige l´Éducation nationale à s´assurer que tous les enfants acquièrent ces compétences pendant la scolarité obligatoire. «  C´est une révolution en marche, souligne Anne-Marie Bardi, inspectrice de l´Éducation nationale, la mission d´un enseignant en classe ne sera plus de “parcourir le programme”, mais de faire acquérir par chacun des élèves des compétences listées. À l´école, il existe désormais une obligation de résultats. Et ces résultats concernent également la maîtrise de compétences dans le domaine des technologies de l´information et de la communication, qui constitue l´un des sept axes du socle commun. »

Évidemment, ce bel élan se heurte encore à quelques obstacles. Les conditions matérielles sont très hétérogènes selon les territoires, les établissements, les niveaux d´enseignement – notamment dans le primaire, très à la traîne par rapport au secondaire et à l´enseignement supérieur. L´échelon central de l´Éducation nationale n´est pas encore à même d´assurer la cohérence des initiatives, qui restent émiettées – et le plus souvent liées à l´enthousiasme de quelques profs pionniers. D´ailleurs, les enseignants ont encore du mal à intégrer les TICE dans leurs pratiques pédagogiques. Enfin, la gestion professionnalisée des équipements n´est pas encore à l´ordre du jour, sauf exception (comme à Limoges, où la maintenance est gérée par la mairie). En conclusion, les auteurs du rapport recommandent un recentrage de l´administration centrale sur la définition d´une vraie politique éducative, et sur son application pratique. Mesdames, Messieurs les ministres, au travail !

1 Mission d´audit de modernisation pour le ministère de l´Éducation nationale, de l´enseignement supérieur et de la recherche, mars 2007.

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