Microsoft Ventures, « le dernier camp d’entrainement avant d’aller rencontrer les investisseurs » share
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Microsoft Ventures, "le dernier camp d’entrainement avant d’aller rencontrer les investisseurs"

10 février 2015

Ce 10 janvier se déroulait le troisième DemoDay au cours duquel les start-up de la promo 5 de Microsoft Ventures ont eu l’opportunité de pitcher devant un panel d’investisseurs internationaux et en présence d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat en charge du numérique. A cette occasion, nous avons rencontré Martin Rigot-Muller, cofondateur de Yuflow Events, de la promo 3. Il revient sur son passage au sein de l’accélérateur, et notamment la levée de fonds de 400 000 euros que la start-up vient d’effectuer.

RSLN : Yuflow Events, c’est quoi ?

Martin Rigot-Muller : Nous avons inventé le premier ticket d’entrée « porte-monnaie » pour l’événementiel. On permet à l’utilisateur d’un ticket d’entrée de payer toutes les dépenses au sein d’un événement d’un simple scan.

Une fois sur l’événement, son ticket d’entrée (imprimé ou sur son smartphone) devient une nouvelle facilité de paiement rapide et confortable. Une rapidité et un confort qui permettent à l’organisateur d’encaisser un chiffre d’affaires plus élevé grâce à une propension à dépenser qui augmente. L’organisateur accède à des données totalement inédites, croisées avec les données de billetterie (qui consomme quoi, dans quelles quantités…). Nous fournissons ces datas, à travers un tableau de bord ergonomique pour l’organisateur qui peut en tirer de précieuses recommandations.

Vous avez intégré l’accélérateur Microsoft Ventures en janvier 2014 pour 3 mois. Qu’est-ce que vous y avez appris ?

A Microsoft Ventures, il y a deux objectifs : le premier, un accompagnement business et technique des start-up par des coachs. Et le deuxième – c’est vraiment celui-ci qui nous a servi – c’est d’apprendre l’art du pitch, c’est-à-dire  comment se comporter face à des investisseurs en vue d’une levée de fonds prochaine. Pour moi, c’est le dernier camp d’entrainement avant d’aller rencontrer les investisseurs, avant de se lancer dans le grand bain.

Quand on arrive à Microsoft Ventures, on a le droit d’avoir un produit pas fini, on a le droit de pas savoir pitcher, on a le droit de ne pas connaitre l’écosystème parisien des start-up. Dans notre cas, notre produit était quasiment finalisé et commercialisable, on a vraiment appris l’art de pitcher et comment approcher des investisseurs.

Vous annoncez une levée de fonds de 400 000 euros : qu’est-ce que cela va signifier pour le développement de votre entreprise ?

Cette levée de fonds va changer deux choses. Nous avons un produit qui est en train de se stabiliser techniquement, qu’on a pu commercialiser sur une année pilote (depuis mai 2014) qui s’est révélée concluante. Maintenant il suffit de le déployer sur le territoire national, vite et fort, car nous avons certains concurrents. On va donc recruter des commerciaux pour attaquer d’une part toutes les cibles de l’événementiel et investir d’autre part dans du hardware : des terminaux mobiles qui scannent et des guichets de vente sur place, que l’on envoie directement sur le lieu de l’événement.

Comment s’est passée la recherche d’investisseurs ?

En arrivant au sein de Microsoft Ventures, nous avions peu de connaissances de ces process, de ce monde-là.

On croyait au potentiel de notre produit et on a commencé à contacter des réseaux. Le premier auquel on a envoyé un dossier était le réseau des Arts et Métiers. On ne savait qu’une chose, c’est que l’on était prêt à pitcher suite à la formation que l’on avait eue au sein de Microsoft Ventures. Et le premier pitch a été le bon : on n’a contacté aucun autre réseau par la suite.

Cette levée de fonds s’est au final faite plus rapidement que la moyenne des start-up : on a pitché à la mi-septembre et on a finalisé la levée de fonds quelques jours avant Noël !

 

Table ronde au Demo Day, par François Tancré ©

Selon vous, qu’est-ce qui a séduit le réseau des Arts et Métiers pour investir dans votre start-up ?

Trois choses. La première, je pense que c’est l’équipe. Ça reste un argument classique, mais j’y crois plus que jamais aujourd’hui, notamment sur sa complémentarité. Nous sommes trois, avec des profils commercial, finance et technique. On ne marche donc pas du tout sur les platebandes des autres, il y a un vrai respect entre nous, on avance ensemble de façon efficace et ça transparait.

Deuxième chose, c’est le fait de s’attaquer à un secteur qui existe depuis quelques années, qui est la billetterie en ligne, où il y a des pure players, et que l’on dépoussière complètement ce secteur avec une valeur ajoutée que les autres n’ont pas. Le fait de titiller les mastodontes de la billetterie avec ces tickets d’entrée qui deviennent des tickets payeurs, ce paiement cashless dans l’événementiel, le fait de l’allier à une activité qui existe déjà, ça a plu aux investisseurs et ils y ont vu une valeur ajoutée intéressante.

La troisième, je l’ai sue quand j’ai discuté avec les investisseurs : je leur ai demandé ce qui a fait que ce soit allé assez vite avec nous. En fait, on était l’une des rares start-up à avoir une approche business. C’est-à-dire que lorsqu’on a pitché, on a dit « dans 6 mois on fait tant de chiffre d’affaires, un client ça nous rapporte tant, on atteint notre seuil de rentabilité à telle date, etc. ». Les réseaux d’ingénieurs comme celui des Arts et Métiers sont concrets et savent qu’une entreprise fonctionne comme ça. Ils voient beaucoup de startuppeurs qui ont des produits techniques incroyables mais qui ne savent pas quoi en faire : ils présentent un produit qui révolutionne les usages mais derrière, il n’y a aucune donnée sur comment ils vont le développer ou le mettre sur le marché. Et ça, les business angels n’ont pas envie de le faire à la place des équipes.

Cette levée de fonds s’est-elle faite avec la demande de contreparties quelconques de la part de votre investisseur ?

Pas du tout. C’est d’ailleurs l’une des promesses faites par le réseau lors de la réunion d’information, avant que l’on postule. Il avait été dit que les business angels n’étaient pas là pour prendre en main la stratégie de la boite. Ils ont toujours eu un pouvoir de consultation sur la stratégie, mais rien n’a jamais été imposé. Il y a une vraie relation de confiance et ils sont conscients que l’on connait mieux le marché qu’eux. En revanche, il y a des conseils de gestion, mais qui pourraient s’appliquer à n’importe quelle start-up.

Les investisseurs nous font également bénéficier de leur réseau. On ne cherchait pas que de l’argent, on cherchait aussi des associés.

Vous avez évoqué les prochaines étapes du développement de Yuflow, à savoir l’achat de hardware et le prochain déploiement. Est-ce que vous avez l’ambition d’aller à l’international ?

On a l’ambition de se déployer à l’international début 2016. Sur le marché du cashless en milieu événementiel, il y a quelques acteurs en Europe mais pas beaucoup, ce qui nous permet d’avoir l’ambition de devenir l’un des leaders, voire le leader européen du cashless d’ici fin 2016 !

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