Moocamp : au coeur de la création d’un cours en ligne share
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Moocamp : au coeur de la création d'un cours en ligne

14 janvier 2014

Scénariser un Mooc (Massive open online course ou cours en ligne ouverts à tous en anglais) en une journée, c’était le défi lancé à la centaine de participants du Moocamp organisé par France Université Numérique samedi 11 janvier dernier.

A l’initiative du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, du Centre de Recherche Interdisciplinaire (CRI) et de SenseSchool, des acteurs publics et privés – universitaires, startups, experts de l’enseignement numérique et étudiants – se sont réunis à Paris au CRI à l’occasion d’un « Moocamp ». L’objectif : conceptualiser et scénariser dix Mooc.

Réinventer l’apprentissage

D’Edx à Coursera qui compte 2,8 millions d’étudiants dans le monde, différentes plateformes de Mooc ont vu le jour ces dernières années, notamment dans les pays anglo-saxons. Des sites qui permettent de suivre des sessions de cours de chez soi et qui démocratisent l’accès à la connaissance.

Pour Catherine Mongenet , chargée de mission France Université Numérique, FUN devrait permettre d’enclencher un cycle d’innovation dans la formation en France. Des propos auxquels acquiesce François Taddei, directeur du CRI :

« La technologie permet des productions de connaissances très différentes. […] De plus en plus de citoyens produisent collectivement de la connaissance. Nous avons désormais différentes révolutions à initier : la formation, l’innovation individuelle et collective. »

Mais la France pourra-t-elle rattraper son retard face aux initiatives anglo-saxonnes ? Pour Mathieu Cisel, doctorant spécialisé dans les Mooc, la priorité doit être donnée au développement des cours : 

« On a deux ans de retard par rapport aux Américains et on va profiter de leur avance en s’inspirant de leurs projets, mais ce n’est pas évident de travailler sur les mêmes technologies. C’est plutôt du développement et de la conceptualisation des cours dont nous devons nous inquiéter aujourd’hui. »

Le speed-dating de l’innovation pédagogique

Pendant toute une journée, les participants ont donc imaginé le parcours utilisateur/apprenant le plus pertinent en scénarisant les cours séance par séance. Entrepreneurs, ingénieurs pédagogiques, enseignants, étudiants… chacun est venu apporter son expertise pour imaginer les Mooc les plus attractifs répondant aux besoins des francophones. 

Pour Mathieu Cisel, le Moocamp est l’occasion idéale de faire se rencontrer des communautés :

« L’intérêt aujourd’hui c’est de connecter les gens qui ont des intérêts convergents. Il y a des compétences fragmentées et on arrive à combler les manques de chacun. C’est un peu comme un speed-dating de l’innovation. […] Et surtout ce sont les milieux de l’enseignement et de la recherche qui côtoient ceux du management et de l’innovation. Dans la recherche on sait créer de la valeur mais on ne sait pas nécessairement la valoriser. »

Parmi les classes scénarisées, l’on retrouve une « introduction au web sémantique », une « approche de l’innovation », une « initiation au design et à la science », un Mooc d’orientation scolaire ou encore un apprentissage des « piliers de la cognition ».

Et les meilleurs Mooc ont été récompensés par un jury d’experts parmi lesquels se trouvaient Roland Chervet, du Comité Numérique de la Conférence des Présidents d’Université, Jean-Marie Chesneaux, Vice-Président de la Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d’Ingénieurs, Françoise Colaïtis de Cap Digital, Sandrine Murcia du Spring Lab ainsi que les organisateurs de l’événement.

Le prix du MOOC le plus innovant a ainsi été remis à « TransiMOOC », dont le but est d’éviter le décrochage scolaire en permettant aux élèves de 3e de réviser l’histoire/géographie pour le brevet des collèges. Particularité : ce cours se base sur l’apprentissage de pair à pair en faisant participer des lycéens décrocheurs dans la conception du Mooc. 

De son côté, le cours « Découvrez vos super-pouvoirs, créez votre jeu vidéo » destiné aux enfants dès 8 ans a été distingué par le prix du Mooc le plus « fun ». L’objectif : attirer l’attention des parents et apprendre aux enfants à coder en créant leur propre jeu vidéo. 

S’agissant de l’intérêt général, prix décerné par l’assemblée, c’est le cours de sensibilisation à l’autisme et à ces différentes formes qui a reçu les faveurs du public.

Autant de projets qui devraient nourrir France Université Numérique dont les cours commenceront le 16 janvier prochain. Et l’initiative ne s’arrête pas là puisque d’autres Moocamps devraient être organisés en région.

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