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Education : quand le numérique rend possible de nouvelles pédagogies

Education 11 avril 2016
Comment tirer parti du numérique pour renouveler son approche pédagogique et susciter l’intérêt des apprenants, en particulier des plus jeunes ? Géographie, technologie, langues étrangères ou éducation civique… Gros plan sur trois innovations permises par le numérique.

Mystery Skype : des correspondants virtuels à l'ouverture culturelle

On connaissait le fonctionnement de Skype, l’application de messagerie audio ou vidéo qui permet de joindre un destinataire précis, quelle que soit sa localisation dans le monde. Avec Mystery Skype en revanche, les interlocuteurs (un enseignant et ses élèves) restent « mystérieux ». Ou presque :

« Un site sécurisé permet aux enseignants du monde entier de se mettre en relation avec un filtrage géographique et thématique : on peut ainsi choisir de travailler sur une discipline en particulier par exemple. Une fois la mise en place et l’objectif pédagogique définis avec l’enseignant partenaire, on met les les élèves en face à face sur Skype, soit en temps réel, soit en différé pour éviter les problèmes de décalage horaire ou de compréhension. », explique David Arderiu, professeur de technologie ayant testé la solution au collège Jean Jaurès d’Albi.

L’enjeu consiste d’abord, pour les élèves, à relever des indices pour trouver l’origine géographique des correspondants virtuels et, parfois, à pratiquer une langue étrangère. Mais ce n’est pourtant pas là que réside l’atout essentiel du programme selon David Arderiu :

« À travers un outil qui permet d’ouvrir au monde de façon très concrète, directe, on propose quelque chose de nouveau, attrayant, et on sort de la routine. On se retrouve aussi autour de problématiques très communes avec des enseignants en Californie par exemple, qui essaient eux-aussi d’initier leurs élèves à Minecraft. »

Minecraft : le jeu qui décode le monde

Minecraft justement, fait partie de ces jeux favoris des élèves également capables de s’adapter à certains objectifs pédagogiques des enseignants. L’apprentissage du code, jalon essentiel du Grand Plan Numérique à l’École de François Hollande, est ainsi l’un des objectifs pédagogiques du jeu, puisque ce dernier permet de comprendre les bases de la programmation.

Nathalie, animatrice d’ateliers à destination des enfants pour Simplon, nous expliquait comment se passait la mise en pratique sur le module Minecraft à l’occasion d’Hour of Code :

« L’idée, c’est d’inviter les enfants sur ces technologies de leur monde, de leur époque : certains n’osent pas ou bien osent, sans que leurs parents ne comprennent ce qu’ils font… Ici, la démonstration permet de mettre à l’aise tout le monde : on va sur un site, on clique sur un bloc, qui est en fait une instruction avancée pour faire avancer un petit bonhomme sur une grille. Ça permet en fait de raisonner, de comprendre la démarche purement logique derrière la programmation. »

Mais au-delà du code informatique, Minecraft peut aussi aider à comprendre les principes de l’aménagement du territoire aussi bien que le chapitre de la mole en Chimie ou encore, les bases de l’intelligence artificielle. Loin d’isoler l’élève face à son ordinateur, cet outil utilisable aussi en réseau, permet aux groupes d’apprenants de gagner en autonomie et d’interagir, en ligne ou hors ligne, avec ou sans l’enseignant, en vue de la résolution d’un problème.

« Je suis assez impressionné de voir qu’une fois que je leur ai expliqué les règles de base, je peux rester en retrait et les regarder faire », estime David Arderiu, qui a fait de Minecraft la thématique centrale de l’échange entre sa classe d’Albi et une classe de Californie, que ses élèves retrouvent également sur la plateforme de jeu.

Facebook et Twitter : des réseaux sociaux d'inclusion et de débats pédagogiques

Le dispositif « EMC, partageons » se propose quant à lui de miser sur les réseaux sociaux pour répondre aux objectifs fixés par le Ministère, notamment en matière d’éducation civique et de transmission des valeurs républicaines. Utilisé avec des classes de collège, de lycée et de l’Adaptation Scolaire et  Scolarisation des élèves Handicapés (ASH), il leur permet d’échanger des idées en dehors des seuls murs de l’école.

Les débats thématiques, par exemple autour des stéréotypes racistes, se font d’abord au sein de chaque classe avant que certaines idées soient publiées sur Twitter ou Facebook. La philosophie du dispositif : favoriser l’inclusion par le dialogue en ligne et hors ligne entre les classes participantes. En se servant de hashtags sur Twitter, le dispositif articule réflexion individuelles et échanges collectifs pour nourrir le débat autour des valeurs de la République.

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