Pôle Emploi aux jeunes : « Osez les métiers du numérique » share
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Pôle Emploi aux jeunes : "Osez les métiers du numérique"

15 avril 2015

Si le numérique embauche, le secteur manque encore cruellement de candidats. Une opportunité perçue par Pôle emploi, qui s’est tourné vers les étudiants de la Web@cadémie pour développer une application présentée aujourd’hui sur le campus de Microsoft : « Osez les métiers du numérique ». L’objectif ? Faire découvrir aux jeunes, et plus particulièrement à ceux victimes de décrochage scolaire, une autre façon de trouver un emploi, via les métiers du numérique. A cette occasion, nous avons interviewé Nicolas Rivière, l’un des créateurs de l’application et Reynald Chapuis, Directeur de l’Innovation et de la Responsabilité Sociale&Environnementale chez Pôle emploi.

RSLN : Quels sont les principaux objectifs de l’application que vous avez créée et quels résultats en espérez-vous ?

Nicolas Rivière : L’application sert à renseigner les jeunes et moins jeunes sur les métiers du numérique et à tester ses appétences pour savoir quel métier  correspondrait le plus à l’utilisateur. Elle est constituée en deux parties principales : la première est consacrée à la découverte, par le biais de quizz métiers ou à propos des clichés du numérique. Par cliché j’entends tout ce qui a trait aux femmes du secteur et à leur sous-représentation, les clichés sur les salaires ou encore le niveau d’études requis pour travailler dans le numérique… L’autre partie est dédiée à l’information et recoupe des fiches, le regroupement de métiers par catégorie et un grand nombre d’informations à leur sujet. Le projet est un projet POC, en phase de test. Si tout se passe bien, il devrait figurer dans store que Pôle emploi devrait lancer : l’Emploi store. Le lancement dépendra des retours que nous aurons.

Reynald Chapuis : Nous souhaitons avant tout la promotion d’un secteur sur lequel on a des emplois. Il y a un gros travail à faire pour améliorer l’attractivité autour des métiers du numérique et sur la féminisation de ce secteur. Et au niveau de l’application en elle-même, au vu de tous les retours qu’on aura, on intégrera les suggestions proposées par les jeunes et on proposera l’application au comité de l’innovation de pôle emploi afin de l’intégrer dans l’emploi store. 

RSLN : Pouvez-vous nous expliquer la raison qui vous a poussé à vous engager sur un tel projet ?

Nicolas Rivière : Pôle Emploi nous a soumis l’idée après avoir visité notre école. Ils ont ensuite proposé à la Web@cadémie de réaliser une application sur les métiers du numérique et nous nous sommes portés volontaires. Avec quatre autres étudiants, nous avons défini les différents aspects que l’on verrait dans notre application idéale, à savoir tout ce qui est quizz et informations sur les métiers. 

Reynald Chapuis : Je suis directeur de l’innovation et de la responsabilité sociale et environnementale de Pôle emploi et ma mission est d’accompagner l’établissement sur le court terme et moyen terme, aussi bien par rapport à l’amélioration de la performance qu’à la création de valeur. Je le rappelle aussi, la mission de Pôle emploi c’est accompagner les personnes qui cherchent un emploi, les recruteurs pour trouver les talents mais aussi informer ces deux types de publics en permettant à ceux qui sont indemnisables d’être indemnisés. On a montré qu’en mettant des moyens en commun, on sait fédérer les énergies pour créer cette application en mode éprouvé : elle tourne, on a des contenus co-construits avec des acteurs spécialisés et impliqués.

Comment s’est concrétisée la collaboration entre Pôle Emploi, la Web@cadémie et Microsoft ?  

Nicolas Rivière : La Web@cadémie est une école qui se base plutôt sur l’autonomie. La directrice nous a permis d’avoir ce projet et nous a suivis tout au long, notamment pour organiser les différents développements sur les plateformes. Microsoft a de con côté constitué un appui pour nous aider dans le développement de la version Windows phone, et nous fournir des Windows Phone pour tester l’application. 

Reynald Chapuis : Nous avons une culture de l’ouverture qui nous pousse à être à l’écoute des autres acteurs de cet écosystème. Il se trouve qu’on  a aussi eu des gens qui étaient force de proposition et qui ont pu venir à nos côtés participer à ces démarches comme Microsoft. La Web@cadémie rejoint notre engagement sociétal car c’est un acteur de la formation engagé auprès de gens déscolarisés, les NEET [ndlr : Not in Education, Employment or Training (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire)]. 

D’où l’idée de créer un dispositif pour ces jeunes, avec eux et avec des partenaires innovants. Quand on n’a pas forcément le statut de premier embauché, il est capital  de réaliser quelque chose dont on peut être fier. La fierté crée la confiance.

En quoi la thématique des métiers du numérique constitue-t-elle à vos yeux une source d’inspiration ? 

Nicolas Rivière : Personnellement, je suis développeur web en CDI et je compte rester du côté de la technique, pour créer ma boîte si l’occasion se présente. En ce qui me concerne, je trouve que le numérique est porteur d’opportunités pour ceux qui n’ont pas leur bac. Je trouvais, avec mon équipe, qu’il était important d’aider les gens en décrochage scolaire et qui ne savent pas forcément ce qu’ils veulent faire après, pour les amener justement vers ce genre de métiers. J’ai moi-même toujours été passionné d’informatique. Je comptais au départ obtenir mon bac S pour intégrer Epitech, mais je ne l’ai pas eu.  J’ai donc suivi une formation en informatique avant de me diriger plus spécifiquement vers le web. Puis j’ai tout simplement découvert la Web@cadémie par le biais d’un reportage.

Reynald Chapuis : D’abord, on part d’un environnement dans lequel les NEET baignent depuis toujours. La perception des gens en recherche d’emploi, c’est souvent de se dire qu’ils sont loin des métiers du numérique. Ces métiers se créent et s’élargissent très vite en compétences. On me dit souvent que « les gens ont une vision de ces métiers qui est fausse », donc dans une logique de démonstration, on s’est demandé si on avait la capacité à proposer à des acteurs qui ont cet engagement social – Microsoft par ses actions, Web@cadémie pour son engagement-, de s’associer à notre démarche.

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