Retour d’expérience : une semaine au Partners in Learning Institute share
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Retour d'expérience : une semaine au Partners in Learning Institute

8 septembre 2011

Comment concilier pédagogie et nouvelles technologies ? Quels outils numériques intégrer à ses cours ? Nous vous proposons, tout au long du mois de septembre, une série intitulée: « Enseigner autrement », présentant des expériences éducatives innovantes, faisant notamment une large place au numérique.

Après un tour d’horizon des nouveautés technologiques « institutionnelles » de la rentrée et un entretien avec Julien Llanas sur les expérimentations autour du jeu vidéo à l’école, nous vous proposons aujourd’hui un billet que Laurence Juin – une enseignante de La Rochelle dont nous vous avons déjà parlé pour son utilisation de Twitter en classe – a rédigé à son retour du premier Partners in Learning institute, organisé par Microsoft (l’éditeur de RSLN, NDLR), à Redmond.

Ce billet a été posté originellement, sur le blog From Pennylane to… , tenu par Laurence Juin, où elle raconte ses expériences éducatives.

« J’ai été sélectionnée  avec 49 autres enseignants du monde entier pour participer à la 1ère session du Partners in Learning institute à Redmond, état de Washington, au siège de Microsoft. Une semaine de réflexion, de discussions autour de la  pédagogie et des enjeux du XXIème siècle et des ateliers collaboratifs sur des ébauches de cours.

Une semaine fort enrichissante évidemment:

  • Par la diversité des participants : 31 nationalités
  • Par la diversité des thèmes abordés
  • Par les outils présentés et/ou utilisés pour travailler
  • Par la qualité des échanges

Rares sont ces opportunités de pouvoir échanger et travailler avec d’autres enseignants qui plus est internationaux.

Je pointerai sur quelques points ou outils abordés:

1. Une grille d’évaluation des connaissances acquises en projet

On nous a présenté le résultat des recherches réalisées par le ITL research : innovative Teaching and Learning research.

"Dans le cadre de l’engagement de Microsoft à la transformation d’éducation, son programme Partners in Learning a lancé le projet innovant d’enseignement et d’apprentissage de la recherche (ITL) […] : un programme de recherche pluriannuel global conçu pour étudier les facteurs qui favorisent la transformation des pratiques pédagogiques et l’impact que ces changements ont sur ​​les résultats d’apprentissage des élèves dans un large éventail de contextes nationaux."

Nous avons travaillé, réfléchi et évalué différents projets pédagogiques menés à terme selon une grille qui permettait d’évaluer la construction des connaissances acquises par l’élève lors de ce projet. Grille qui axe sur les connaissances requises, acquises et sur les moyens mis en œuvre et à disposition pour acquérir ces connaissances (usages des TICE, travail collaboratif). Il s’agit alors d’évaluer le savoir-faire et le savoir-être de l’élève.

Un organigramme définit le niveau atteint par l’élève à la fin du projet : du niveau 1 au niveau 4. Il ne s’agit pas de donner 1 pour un « mauvais projet » mais bien de définir de 1 à 4 le degré de construction de connaissances : le niveau 4 réunissant tous les objectifs

Cette grille m’a paru très pertinente : au-delà l’évaluation de l’élève, c’est aussi l’enseignant qui a de la matière pour évaluer sa propre démarche pédagogique :

Quels sont les moyens que je mets en œuvre pour que l’élève soit actif, qu’il sache collaborer, chercher, récupérer, partager ? Quels sont les savoirs que je veux qu’il acquiert ? Par quelle démarche ? Quels moyens, quelles ressources mets je à sa disposition ? L’objectif pédagogique est-il atteint ? Quelle est la production de l’élève ?

2. Des outils

Puisque je ne suis pas née « geek » et que je n’inclus les TICE dans ma pédagogie que depuis récemment, cette semaine m’a apportée ce qui manque tant dans mon quotidien : une présentation d’outils, une manipulation aidée et une mise en scénario pédagogique d’outils. En voici quelques-uns (qui sembleront communs et évidents aux enseignants communs des TICE) :

Les QR codes : je ne m’étais pas encore trop penchée sur cet outil même si lors des forums européens et mondiaux (à Moscou et à Cap Town) ils étaient présentés. Intéressant pour moi lors de cette semaine nous les avons imaginés dans de vrais scénarii pédagogiques comme les insérer dans des activités géolocalisantes couplées avec les possibilités offertes par Bing.map.

Pour générer un QR code, par exemple : http://qrcode.kaywa.com/

Pour un montage d’images : Autocollage à télécharger gratuitement et qui permet de compiler jusqu’à 25 photos en une.

-Un outil qui permet un travail collaboratif très visuel et organisant sous forme de post-it

-Pour créer des panoramiques photos : ultra simple d’usage et résultat bluffant, notamment avec l’appli IPhone gratuite.

– Pour un montage vidéo : Windows live movie maker m’est apparu très simple d’utilisation et applicable en classe avec des élèves (même en primaire)  (mais accessible seulement avec WIndows 7 et vista)

– Pour un visuel de mots : Wordle

– Pour des présentations très visuelles : Prezi

– Un outil que j’utilise déjà depuis quelques mois : Onenote qui permet une prise de note, une classification de son travail, le partage de données écrites, audio, vidéo avec beaucoup de facilités.

3. Des pratiques et des échanges

Nous avons beaucoup travaillé de façon collaborative et participative : réfléchir à plusieurs à une élaboration de cours, confronter nos pratiques « nationales » pour se rendre compte rapidement que nous avons des pratiques communes « internationales ». 

Les nouvelles technologies décloisonnent les pratiques éducatives, permettent des échanges forts et déjà actés. C’était ce qui nous rassemblait lors de cette semaine-là. Nombre d’Européens présents font partie, par exemple, du programme Coménius ou E-twinning.

Les différences existent dans le matériel mis à disposition de l’enseignant selon le pays. De pays ultra équipés à d’autres très faiblement dotés, on se rend bien compte que nous n’avons pas les mêmes disponibilités (ce qui ramène à un peu d’humilité entre autres française quand j’entends sans cesse que nous sommes mal dotés).

Mais la motivation, la finalité de l’enseignant qui utilise les TICE en classe sont toujours les mêmes : rendre l’élève acteur de l’éducation qu’on lui propose, l’amener à l’autonomie, à apprendre mieux, à apprendre « vraiment ».

Un très bon exercice nous a été proposé appelé en anglais « teachmeet » pour nous permettre de présenter notre travail en classe : 2 minutes de présentation orale pour expliquer une pratique pédagogique innovante s’appuyant sur les TICE.

Le choix du support de présentation était libre (vidéo, photo, PowerPoint…). N’avoir droit qu’à 2 minutes pour présenter un projet est un exercice ardu qui demande un synthétisme fort !

Ca remet en cause le sacro-saint exposé oral que l’enseignant demande souvent à l’élève: imposer 2 mn est bien plus exigeant et efficace que le 1/4 h que l’élève vit toujours comme un cauchemar !

 

Voilà ce que j’ai dû produire rapidement et en anglais: présentation. »

Billet initialement publié sur le blog de Laurence Juin, From Pennylane to…

> Pour aller plus loin :

Nous vous proposons de retrouver le numéro consacré par RSLN à la thématique de l’éducation à l’heure numérique. Il date du premier semestre 2008, mais reste largement d’actualité :

> Voici une (petite) sélection de nos articles « TICE » :

> Et ailleurs sur le net :

Nous vous recommandons également les articles du Café Pédagogique, le dossier « Penser l’école à l’ère du numérique » du site Skhole.fr, le site Ludovia, sur le site EducPros.fr, le blog "le temps des TICE", de Christine Vauffrey, rédactrice en chef de Thot cursus, un site dédié à la formation à distance et à l’utilisation des outils numériques en éducation et formation.

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