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Satya Nadella : « être entrepreneur demande du cran »

14 novembre 2014

A l’occasion d’un « Démo Day » où les start-up sorties de l’accélérateur parisien Microsoft Ventures ont tenté de convaincre un parterre d’investisseurs, Satya Nadella, CEO de Microsoft a profité de son premier passage à Paris pour leur prodiguer quelques conseils et les encourager à aller plus loin dans l’aventure entrepreneuriale.

Comme leurs aînées en février dernier, huit start-up des promotions 3 et 4 de l’accélérateur Microsoft Ventures se sont retrouvées, ce jeudi 13 novembre pour « pitcher » en 5 minutes chrono leur produit ou service numérique devant une cinquantaine d’investisseurs internationaux. Le but de cette matinée ? Faire la rencontre qui pourrait leur permettre de lever les fonds nécessaires au lancement de leur produit à plus grande échelle, et quitter la phase de beta-testing dans laquelle plusieurs d’entre elles sont encore.

Une guest-star de choix

« Votre énergie m’inspire. C’est cet état d’esprit qui doit nous guider chez Microsoft. Je rêve que chaque équipe chez Microsoft ressente cette énergie et cette responsabilisation ».

C’est ainsi que s’est adressé aux startupers présents le CEO de Microsoft, Satya Nadella. Profitant de son passage à Paris, le successeur de Steve Ballmer a ainsi pu donner ses impressions sur la capacité d’innovation des start-up et la source d’inspiration qu’elles constituent pour les grandes entreprises.

Cette énergie qui caractérise les start-up est, à l’en croire, le secret de leur succès : être entrepreneur, c’est « croire en son idée, avec une passion intense. Il faut du cran », et de saluer leur « capacité à surmonter toutes les contraintes et tous les obstacles avec audace ».


Objectif emploi

Faut-il encore le rappeler ? Alors que le nombre de chômeurs en France dépassait les 3,4 millions en septembre dernier, les start-up constituent un immense espoir pour accompagner vers l’emploi une nouvelle génération d’acteurs de la société numérique. En janvier dernier, un sondage OpinionWay pour Microsoft révélait que le numérique est pour eux un secteur particulièrement attirant : ils sont 67% à vouloir y travailler, et un tiers souhaite même créer une entreprise dans le domaine. Mais seule une minorité pense que ces métiers leurs sont accessibles.

Pourtant, les start-up françaises en ont sous le pied : une étude conjointe d’EY et du think tank France Digitale a montré récemment que les start-ups françaises, et notamment les plus petites, recrutent davantage que les entreprises de plus grande taille – et en CDI, dans 9 cas sur 10. Elles sont aussi les championnes du capital-risque, au point que certains observateurs voient dans nos jeunes pousses le potentiel de faire de la France une start-up nation, sur le modèle israélien.

Dans ce contexte, l’accélérateur Microsoft Ventures se fixe la mission d’encourager à la fois l’emploi (les startups aidées par cette structure et plus largement, par le programme Idées de Microsoft en France ont créé en moyenne 15 emplois par an depuis 2004), et l’employabilité de ces jeunes désireux de monter leur entreprise dans le numérique. Comprendre : leur agilité – quitte à échouer pour mieux rebondir – et surtout leur habilité à inventer leur métier dans un contexte ou 47% des emplois d’aujourd’hui pourraient avoir disparu dans vingt ans.

A cet égard, les startupers de MVA n’ont jamais déçu leurs mentors. Youmiam, le réseau social culinaire dont nous vous parlions en 2013, a levé 350 000 euros avec les business angels les plus en vue du pays, avant de se lancer en France et aux Etats-Unis. Parmi ceux ayant pitché à ce DémoDay, on trouvait aussi les fondateurs de Captain Contrat, une plateforme qui permet de faire appel à des juristes qualifiés pour simplifier les procédures nécessaires au moment de monter son entreprise : la startup a déjà obtenu un investissement de 101projects (la société de Xavier Niel) et été finaliste de deux compétitions internationales.

« On vient de recruter deux développeurs, dont un qui est quasiment un directeur technique », se félicite de son côté Matthieu Leventis, Président et cofondateur d’Airdoc Solutions.

Pour le co-inventeur de cette solution sans contact qui numérise et enrichit la communication des entreprises lors de salons professionnels ou d’événements, c’est l’obtention des financements qui a permis le déclic de l’emploi :

« On a quelque chose de plus structuré, on a davantage de pilotage, un côté gestion de projet. Et très vite, dès qu’on commence à recruter (…) on passe d’un métier où on maitrise tout à un métier où on doit savoir complètement lâcher les choses pour juste rester en pilotage même si on a des exigences et que parfois les gens fonctionnent différemment. Ce sont d’autres qualités qui sont demandées ».

Maïlys Atedzoue et Matthieu Leventis, co-fondateurs d’Airdoc Solutions

Un contexte favorable aux start-up

Si cela fait près de 10 ans déjà que Microsoft soutient les start-up françaises, ce Démo Day se déroulait le lendemain de l’annonce de l’attribution par Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat chargée du numérique, de l’attribution à neuf villes du label « métropoles French Tech ». Comme elle le déclarait dans son entretien au Monde, sa mission est de faire en sorte que « les investisseurs internationaux voient la France comme une nation innovante, un acteur incontournable du numérique, qui dispose d’un écosystème vibrant et dynamique ».

Les pitchs d’AirDoc, Captain Contrat, mais aussi Les Grappes, MasterCourses, Onemoretab, Smyle, Touchify et White entendus au cours de cette matinée ne pouvaient pas lui donner tort.

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