Start-up et innovation : Paris devant Londres

20 mai 2015

Le 20 mai, Anne Hidalgo ouvrait l’Hôtel de Ville de Paris à 300 start-ups à l’occasion de #HackingParis. L’objectif ? Echanger, partager, et rencontrer de futurs investisseurs ou partenaires pour renforcer le dynamisme entrepreneurial de la ville. RSLN est allé à la rencontre de Paris&Co, agence de l’innovation et de l’attractivité de Paris organisatrice de l’événement, de Marie-Christine Lemardeley, adjointe « Enseignement supérieur, recherche et vie étudiante » à la Mairie, et d’Hubert du Fraysseix, directeur de l’immobilier d’entreprise chez RIVP, qui s’apprête à ouvrir le plus grand espace pour start-ups d’ici septembre. Un événement dont RSLN était partenaire.

Transformé l’espace d’une journée en hub de l’innovation, l’Hôtel de Ville accueillait ce 20 mai le fleuron de l’entrepreneuriat français : start-ups, investisseurs et professionnels, soit près de 1000 participants,  étaient invités à s’y rassembler, quelques heures après l’annonce par Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au numérique, du lancement du French Tech Ticket. Une initiative attendue qui inclut un visa, une bourse, un accompagnement et un hébergement dans un accélérateur à l’intention des entrepreneurs étrangers désireux de s’installer en France.

Marraine de l’événement, Anne Hidalgo a insisté lors de son discours d’ouverture sur le fort dynamisme entrepreneurial de la ville de Paris.

 
« Paris constitue un écosystème très favorable à l’émergence des entreprises de la nouvelle économie. […] Je le répète souvent, et l’avais dit avec Jean-Louis Missika lorsque Boris Johnson nous a rendu visite : nous sommes bien meilleur que Londres en termes d’entrepreneuriat. Nous avons réussi à percevoir cette énergie présente dans le monde économique, du côté des étudiants, des universités, du monde de la recherche et mettons en œuvre des moyens pour  l’accompagner en développant les incubateurs, les pépinières… A l’image du plus gros incubateur au monde qui ouvrira dans quelques mois à la Halle Freyssinet avec Xavier Niel. »

Paris est en effet la première ville d’Europe pour le nombre de startups créées et se distingue régulièrement dans les classements internationaux en tant que « capitale mondiale de l’innovation et du capital intellectuel » ou « 3e métropole mondiale pour les investisseurs étrangers », constats qui amènent à repenser l’image de Paris.

« Paris est vue à travers le monde comme une ville romantique. Elle le restera. Mais c’est aussi et surtout une ville qui a sa place dans ce défi économique que nous relevons face à d’autres villes du monde », ajoutait ainsi la Maire de Paris.

A ce sujet, Loïc Dosseur, directeur adjoint de Paris&Co, agence qui se charge d’accompagner les services des collectivités dans leurs démarches d’innovation, rejoignait Anne Hidalgo. Paris dispose selon lui d’atouts majeurs : un territoire très global, une grande diversité de spécialités (art, recherche, excellence en mathématiques…), une concentration d’incubateurs unique au monde et une politique fiscale favorable à l’innovation… Sans compter son hyperdensité, qui permet aux entrepreneurs d’assister à bien plus de rendez-vous par jour qu’à Londres ou au sein de la Silicon Valley.

« Paris&Co explore plusieurs grandes missions pour renforcer l’attractivité internationale de Paris. L’équipe s’adonne une chasse internationale aux investisseurs et entreprises, pour promouvoir la place de Paris et se rend pour cela dans différentes zones du monde, en Asie, en Europe centrale, aux Etats-Unis ou encore au Canada. Toute la mission sur l’innovation, dont témoigne l’événement d’aujourd’hui, consiste à stimuler la création d’entreprise et l’innovation de façon générale au travers de l’incubation de start-ups, de la relation autour des achats publics ou de grandes entreprises et de l’événementiel. Car l’innovation, ça se fête ! »

Les secteurs entrepreneuriaux les plus dynamiques à l’heure actuelle selon lui ?

« Nous avons beaucoup vu émerger cette année des projets autour de l’économie circulaire, de l’économie du partage… Encouragés par de très belles réussites telles que celle de Blablacar par exemple. Ces nouvelles entreprises quittent l’univers d’un investissement matériel et utilisent finalement le bien de chacun comme un bien collectif, comme un bien commun, afin de le remettre en valeur. Une bonne façon de quitter l’automatisme de l’obsolescence programmée. Nous voyons apparaître un grand nombre de plateformes et de solutions qui utilisent le numérique pour créer du lien de façon à stimuler cette seconde vie du produit ou d’un service préexistant. »

A propos de l’intégration de Paris par rapport à l’initiative French Tech, Loïc Dosseur met en avant la complémentarité entre la capitale et les moyens déployés par l’Etat.

« Le partenariat entre la mission French Tech et la Ville de Paris revient à mettre en place les French Tech tickets qui sont un outil de services en termes de facilitation de visa, voire même de transport aérien, et d’appui notamment financier pour les entrepreneurs étrangers désireux de s’installer à Paris. Des moyens sont mis en place par l’Etat pour faciliter l’ensemble. En complémentarité, la Ville de Paris apporte tout son savoir-faire et le tissu existant d’incubateurs et d’outils d’accompagnement dans la vie quotidienne d’un entrepreneur. Ce qui comporte aussi bien des cours de français que des accompagnements pour l’inscription au Registre du Commerce ou l’aide à l’ouverture de comptes bancaires faire venir de nouveaux talents à Paris. L’objectif étant de renforcer l’attractivité de Paris et d’étendre par la suite ce dispositif aux métropoles French Tech, de Toulouse à Bordeaux en passant par Lyon et Lille. »

Un optimisme renforcé par Marie-Christine Lemardeley, adjointe « Enseignement supérieur, recherche et vie étudiante » à la Mairie.

« A Paris, on est très orienté vers le développement des start-ups et cela se retrouve dans le budget participatif. Un des projets qui est remonté fortement du budget participatif est celui des espaces de coworking étudiants/ entrepreneurs qui a été sélectionné par les Parisiens. Ce qui signifie que chez les Parisiens eux-mêmes, il y a ce désir de faire un lien entre le monde universitaire, le monde de la recherche et les applications technologiques. Nous bénéficions d’une incroyable densité d’universités, d’écoles et de créateurs d’entreprise qui sont tournés vers la recherche. Notre mission est donc d’offrir le meilleur environnement possible afin que l’attractivité de notre capitale soit renforcée. »

L’un des moyens de créer un environnement favorable au développement des start-ups ? La mise à disposition d’espaces de travail. La RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris) s’apprête à ouvrir à cet effet une nouvelle plateforme d’innovation de 15 000 m², située boulevard Macdonald (Paris 19e). Cette plateforme constituera le plus important espace de la société, qui dispose déjà de centres d’incubation spécialisés dans le numérique, les jeux vidéo, l’e-santé (avec une pépinière au sein de l’hôpital Cochin) et l’aviation.

« La vocation de cet espace est de répondre aux vœux de la Maire et de son équipe. Les structures que nous ouvrons sont beaucoup plus difficiles à gérer que les bureaux traditionnels : elles contiennent beaucoup plus de lots et recensent beaucoup plus d’occupants. Mais nous n’avons aucune ambition capitalistique de rémunération de fonds propres ou d’actionnaires », déclarait Hubert du Fraysseix, directeur du développement et de la gestion immobilière pour les entreprises chez la RIVP. Si cette dernière s’engage auprès de ses start-ups pour 9 ans, les entreprises hébergées peuvent quitter leurs locaux à tout moment.»

Et de préciser :

« Concernant la partie incubation, nous signons avec les start-ups une convention de mise à disposition commerciale de type 3-6-9 », affirmait Hubert du Fraysseix. Une sélection naturelle opère pour les jeunes start-ups : soit leur modèle ne fonctionne pas au bout de 2 ans et elles mettent un terme au contrat. Soit il fonctionne et elles procèdent à des levées de fonds, prennent des actionnaires et ont besoin de locaux plus importants. On n’obligera pas une start-up en difficulté à rester et à payer son loyer. »

Des start-ups qui ont pu se présenter et échanger au cours de l’après-midi :

Start-up meetup géant. Tous les adjoints de @Anne_Hidalgo se prêtent au jeu @maopeninou #HackingParis pic.twitter.com/Z6ZF1qnjSC

— Constance Parodi (@constanceparodi) 20 Mai 2015

 

 

Et Loïc Dosseur de conclure : « Le contexte actuel laisse à penser que l’on est effectivement devant les Londoniens. Ne reste plus qu’à regarder les chiffres et à s’en convaincre ! »

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