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Techdays 2015 : Les Makers, les artisans du numérique ?

16 février 2015

Entre découpe laser, prototypage et imprimante 3D, un mouvement est en marche : celui des makers. Vulgarisant et industrialisant l’esprit du bricolage, de l’autofabrication et du Do It Yourself (DIY), ils démocratisent l’innovation du côté des objets physiques.

Décrit par Chris Anderson (in La nouvelle révolution industrielle) comme « la génération du web créant des choses physiques plutôt que des pixels sur des écrans », ce mouvement de professionnalisation des amateurs et leur irruption dans des champs hier réservés aux spécialistes est une révolution comparable au Web qui a démocratisé l’innovation numérique du côté des octets.

Jean-Baptiste Le Clech de la société Fab Lab Shop et chargé de production des Maker Faire en France revient sur la constitution et lirruption de ce mouvement.

« Le mouvement Makers, cest penser, faire et transmettre àlheure du numérique »

Le DIY est inscrit dans nos comportements, mais également au sein d’Internet lui-même, historiquement associé à une mouvance pro-active. Les premiers ordinateurs étaient vendus en kits, et le contenu numérique est, d’autant plus à l’heure actuelle, en grande majorité produit par les usagers. 

De nouveaux outils

L’esprit résolument ouvert du web open source s’enrichit de nouveaux outils. L’imprimante 3D permet de produire des volumes sans moule, et de reproduire à partir de cartes de prototypage. Avec elle, l’objet entre dans une ère de reproductibilité extra-industrielle.

A partir d’une carte de prototypage modèle, des centaines d’utilisateurs peuvent s’en emparer pour réaliser leurs propres objets. Le robot humanoïde de Gaël Langevin est entièrement imprimé en 3D grâce à cet outil. Tous les éléments qui le composent se trouvent en open source.

Domotique, objets connectés, « on échange avec d’autres pour trouver des solutions, on propose un prototype qui s’enrichit des réactions diverses ».

De nouveaux lieux

Pour démocratiser l’usage de ces nouveaux outils, des lieux communautaires de mise à disposition de la technologie émergent. Les FabLab, nés au MIT dans les années 1990 donnent accès à un atelier permettant de tout fabriquer. On y trouve l’outillage, les imprimantes ainsi que des chefs d’ateliers qui apprennent à utiliser les machines. L’usine s’externalise, et le particulier a accès à des techniques d’ingénierie de pointe. 

Les FabLab sont peu axés sur l’entrepreneuriat et l’entreprise. Souvent bloqués dans une contrainte de partage, leur fonctionnement ne répond pas toujours aux besoins d’inventeurs-entrepreneurs.

Gary Cige présentait l’USINE IO. Le lieu offre, outre des équipements extrêmement pointus un accès à une expertise d’envergure. Sept ingénieurs (mécanique, méthode de conception, électronique, conception assistée par ordinateur), sont sur place pour orienter et accompagner les projets jusqu’à l’industrialisation.

Le FabLab est alors un accélérateur, un incubateur et une force extrêmement dynamique pour l’entrepreneuriat français !

Un événement pour les Makers

En s’inspirant du fonctionnement des espaces collaboratifs, qui mettent en relation des compétences diverses, les Maker Faire favorisent l’interdisciplinarité. Ces événements rassemblent sur plusieurs jours artisans, développeurs, créateurs et leur dynamique tend à l’expansion : 150 événements en 2014, 200 en 2015.

L’idée, c’est qu’un « spécialiste de la robotique rencontre une pro du tricot. A la fin de l’événement, ils créent un robot qui tricote ».Ces événements ont vocation à créer une porosité entre les disciplines, à favoriser l’hybridation formidable que fait naître internet.

Thierry Fabing et Nicolas Gaume nous éclairent: Comment les grands groupes industriels et les Makers peuvent-ils collaborer ?

« On ne s’attend pas à voir le monde de l’assurance s’intéresser aux objets connectés », et pourtant insiste Thierry Fabing,  AXA « les objets connectés permettent la réduction de la fréquence et l’impact du risque ». Cambriolages, incendies, dégâts des eaux, aujourd’hui des centaines d’objets connectés permettent d’influer sur ces risques courants. Leur développement va dans le sens « d’un intérêt commun entre assureur et assuré », c’est là que les Makers et lesFabLab ont un rôle à jouer.

En association avec Microsoft qui, selon Nicolas Gaume « veut changer de dynamique » et dont l’ambition « est de permettre à l’énergie et à la créativité de prendre corps, de se connecter », AXA a piloté 61 jours d’Hackathon dans les locaux de l’USINE IO. Car, pour créer « des innovations de rupture, il faut une ouverture sur le monde extérieur », comme l’explique Jean-Sébastien Dupuy qui a coordonné le projet pour Microsoft.

Les 15 projets retenus étaient présentés aux TechDays, témoins de la puissance créative d’un mouvement d’envergure, qui touche aussi bien le particulier que des multinationales.

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