Travail mobile : où en est-on ?

22 octobre 2012

Il est loin, le temps où les salariés se retrouvaient autour d’immenses machines qui tenaient lieu d’outils de travail. Aujourd’hui, de plus en plus de métiers peuvent être pratiqués avec un simple ordinateur portable et une connexion internet. 

Alors, pourquoi continue-t-on à converger en masse, cinq à six jours par semaine, vers des bureaux d’entreprises souvent très éloignés de notre domicile ? Et si l’on restait parfois chez soi, ou dans un autre lieu pour travailler, quelles en seraient les conséquences pour les salariés, pour les entreprises ? Et pour l’aménagement du territoire ? 

Le 10 octobre dernier, un atelier animé par le Groupe Chronos a réuni des professionnels d’horizons divers pour dresser l’état des lieux du travail mobile en France et en Europe. L’occasion pour nous de faire un point sur la question, en deux articles. Tout d’abord, nous vous parlons des bienfaits du télétravail. A suivre, nous aborderons la question des télécentres, ces bureaux de proximité pour travailleurs mobiles. 

> Le travail mobile, une nouvelle réalité ? 

La banalisation des smartphones, « ultrabooks » et autres tablettes facilite l’apparition d’une nouvelle catégorie de travailleurs, plus mobiles. 

Une enquête en ligne menée par Chronos auprès de 533 volontaires révèle ainsi que 37% du temps de travail n’est déjà plus localisé au siège. Les répondants sont 36% à travailler à leur domicile, au moins une fois par semaine. Certains en font de même dans les transports (17%), quand d’autres travaillent parfois de chez eux en soirée, voire même certains week-ends et jours fériés.

Pour le groupe Chronos, pas de doute : ce sont ces travailleurs « hyperagiles » qui inventent les usages du travail de demain. Ce qu’ils recherchent ? Un travail plus souple, moins dissocié du reste de la vie, pour s’accorder au rythme de chacun – quitte à rendre plus floue la frontière entre vie professionnelle et privée, et fonctionner sur des horaires élargis. 

> Un système gagnant-gagnant-gagnant pour les employés, les entreprises et les territoires

85% des mises en place du télétravail sont en premier lieu motivées par l’amélioration de la qualité de vie des employés, révélait une enquête publiée en mai 2012. C’est en effet une réduction de l’absentéisme et du stress : chaque jour, les télétravailleurs consacrent en moyenne 37 minutes de plus à leur famille, et bénéficient de 45 minutes de sommeil supplémentaires. 

« A travailleurs contents, entreprise heureuse » ? Le télétravail est une source reconnue d’amélioration de la productivité : +22% en moyenne selon une récente étude, grâce à une plus grande efficacité et des gains de temps. Conscientes de cette évolution, de plus en plus d’entreprises du CAC 40 se dotent de chartes du travail à distance – car le télétravail est aussi une chose qui s’encadre juridiquement. 

Enfin, élus et collectivités apprécient le télétravail en ce qu’il peut permettre d’atténuer certaines contraintes de l’aménagement du territoire : la lutte contre les embouteillages (qui profite certes à tout le monde), ou l’attractivité des zones périurbaines et rurales, en sont deux exemples.

Alors que la distance moyenne entre le domicile et le travail s’est dramatiquement étirée ces dernières années, augmentant le temps de transport et le stress qui l’accompagne, le télétravail représente donc des gains pour tous, y compris pour la planète :

« Si on demandait à un travailleur sur deux de travailler deux jours par semaine en dehors du siège, la somme des externalités serait de 40 milliards d’euros de bénéfices par an partagés entre les ménages, les entreprises et la collectivité », nous expliquait Bruno Marzloff en juin dernier. En CO2 économisé, cela représente l’équivalent de 144 arbres par an et par télétravailleur.

Au final, il apparaît que le travail mobile s’organise spontanément, parfois en toute clandestinité. Comment prendre en compte et accompagner ces usages ? C’est la question que les acteurs se posent, au fil de nombreuses études. Des pistes se dessinent, avec notamment, la recherche d’un « troisième lieu » entre domicile et travail qui réunit parfois les « hyperagiles » autour d’un nouveau type de lieu : le centre de télétravail, ou télécentre. 

A quoi ça sert ? Quels sont les objectifs, les enjeux… et les limites ? Réponse ici, avec la suite de l’atelier.

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