Voyage vers l'école du futur

16 janvier 2012

Maidstone est une toute petite ville de 75 000 habitants, typiquement britannique. C’est dans ce cadre inattendu que se trouve l’école de Cornwallis Academy à la pointe des technologies et de l’innovation pédagogique. Il y a deux ans, nous étions déjà venus à la New Line Federation Academy. A l’époque, entre les murs, on croisait des tractopelles, et un grand chantier de déménagement était en cours. Deux ans plus tard, en marge du BETT, nous avons décidé d’aller faire un nouveau saut dans cette école du futur. Voir à quoi ressemble une école totalement centrée vers l’innovation. Zoom sur une école peu ordinaire qui modifie fondamentalement l’apprentissage.

> Bureau virtuel, écrans géants et clés numériques

Pour rentrer dans l’école de la New Line Learning Academy, il vous faudra sonner. Jusque-là, rien de bien étonnant. Sauf que sans clés numériques, vous ne pourrez pas rentrer dans cette école.

Ici chaque étudiant et chaque enseignant a en sa possession une clé numérique unique. Cette clé lui permet d’accéder à différents espaces dans l’école en fonction de son statut, de son niveau, de son cursus et de son âge. Par exemple, un étudiant dans sa dernière année, de dix-sept ans, aura accès à peu près tous les espaces : studio d’enregistrement sonore, bibliothèque, salle de sport et salle de travail dédiée aux dernières années. Des clés qui servent aussi à ouvrir les casiers ou payer les repas à la cantine.

Mais l’école du futur, ce n’est pas seulement une affaire de clés. Les 1630 élèves de Cornwallis ont chacun leur propre ordinateur portable. Ils sont libres de s’en servir comme ils le veulent, de l’emmener à domicile ou de le laisser dans leur casier. Cet ordinateur leur permet de travailler sur un bureau virtuel dans certaines classes ou d’afficher leur travail sur l’un des écrans numériques qui occupe chaque salle de l’établissement.

Autre surprise, l’organisation de l’espace est totalement innovante. Les nouveaux bâtiments de l’école ont ouvert en septembre et les parties les plus anciennes sont en train d’être rasées. L’architecture de l’école a donc pu être pensée au service de l’utilisation des nouvelles technologies et d’une meilleure pédagogie.

« Pour réduire les coûts et rééquilibrer le budget comme cela nous intéressait, nous avons choisi d’optimiser l’espace au maximum. Avec un bâtiment économique, nous pouvons réduire les coûts de chauffage par exemple. Et une meilleure répartition des espaces permet de faire gagner du temps aux élèves qui mettaient parfois dix minutes pour se rendre d’une salle de classe à l’autre, » souligne David Simmons, principal de l’établissement.

 

> Et aussi des méthodes de travail adaptées

Pour l’équipe pédagogique de Cornwallis, tout n’est pourtant pas lié aux nouvelles technologies. Depuis de nombreuses années, l’école s’est lancée dans des méthodes pédagogiques vraiment innovantes.

L’autonomie de travail des enfants est encouragée. Pour les enseignants, le but n’est plus de dispenser le savoir du haut d’une chaire sans jamais adresser la parole aux élèves. Le positionnement de ces nouveaux professeurs ? Ils souhaitent être aux côtés des enfants, comme un guide. L’idée est donc de réaccorder un certain pouvoir aux enfants : ce sont à eux de mener à bien leur projet en mathématiques ou en biologie selon des objectifs définis avec leur enseignant.

L’aménagement des lieux n’a pas touché que la structure générale de l’école. Elle a aussi été pensée pour aller davantage vers une éducation interactive. Les élèves sont fréquemment amenés à travailler dans des plazas. Ces grandes salles ouvertes qui peuvent accueillir jusqu’à 70 élèves à la fois sont utilisées comme des salles de classe. Des endroits où les enfants peuvent se déplacer comme ils le souhaitent, répartir les tables et les chaises – toutes entièrement modulables – comme cela leur convient. Dans ces très grandes classes, jusqu’à quatre enseignants accompagnent les élèves dans leurs travaux de groupes ou la compréhension de leur leçon.

« Cette méthode de travail est vraiment très pratique. Si je ne comprends pas l’explication de l’un des profs, je n’ai qu’à aller demander à un autre qui m’expliquera différemment. C’est facile, il est dans la même salle ! Et en plus, comme à chaque niveau nous avons notre propre plaza, nous pouvons nous approprier l’espace » souligne Samuel, élève de terminale. 

 

> Bilan d’une réussite annoncée

Et concrètement qu’est-ce que cela change ? Quatre mois à peine après l’ouverture de l’école, membre du programme Microsoft [l’éditeur de RSLN] – Partners in Learning, plusieurs conclusions peuvent déjà être tirées du fonctionnement général.

Les enfants ressentent d’abord les bénéfices matériels de l’organisation de l’école. La facilité d’utilisation des nouvelles technologies, le support technique et pédagogique qui leur est offert est un véritable avantage pour les enfants.

« La véritable différence vient du temps que je passe à travailler. En perdant moins de temps à chercher les informations, je passe plus de temps à mieux travailler, » souligne Samuel.

Autre point qui a son importance : les élèves et leurs parents sont beaucoup plus mobilisés et donc motivés. Les échanges avec les enseignants sont plus constructifs. Et les résultats suivent : 92% des élèves réussissent leur cursus sans encombre, ce qui place l’école de Cornwallis largement au-desssus de la moyenne nationale.

« Nous sommes dans une école à haute performance, ce qui n’était pourtant pas le cas il y a quelques années. Nous avons changé les mentalités et les méthodes tout en douceur, par itérations, et cela a fonctionné, » explique David Simmons, le principal.

De notre côté, nous avons hâte de voir ce que cela donnera dans quelques années une fois que Samuel aura terminé l’école de droit qui le fait rêver.

 

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