Youmiam, le réseau social culinaire de demain

26 juin 2013

Plusieurs start-ups sont venues investir Spark, l’accélérateur de start-ups de Microsoft France installé dans le Sentier et qui a officiellement ouvert ses portes il y a quelques semaines. Parmi les jeunes entreprises ayant pris quartiers dans l’immense open space, Youmiam n’a pas manqué de faire preuve d’originalité et de dynamisme. Rencontre avec les jeunes entrepreneurs qui rendent la cuisine plus sociale.

Une histoire d’amitié et de passion

Youmiam est un réseau social destiné à partager ses recettes de cuisine de manière simple et efficace. Mais c’est avant tout « une histoire d’amitié » : Théophile de La Bastie et Antoine Bachès se sont rencontrés au lycée et suivis jusqu’en classe préparatoire avant de se quitter pour des écoles de commerce différentes.

Après un stage de fin d’étude dans un grand groupe alimentaire en Argentine et un mémoire en ethno-marketing sur le rapport des jeunes à la cuisine, Théophile – passionné par la cuisine – imagine un réseau social pour partager les recettes :

« J’ai commencé par un peu de benchmark [étude de la potentielle concurrence, NDLR] et j’ai fait le constat que les sites de recettes existants n’allaient pas très loin. Elles ne sont pas faciles à partager. On a donc cherché à élaborer  l’expérience utilisateur la plus efficace.

De retour en France, Théophile n’hésite pas une seconde pour proposer à Antoine de rejoindre l’aventure : 

« Je savais qu’il voulait créer une boîte et qu’il aimait la cuisine alors le partenaire était tout trouvé. »

Et pour Antoine, la décision était aussi vite prise :

« Je terminais mon stage dans un fond d’investissement à Londres, Théophile est venu me rejoindre. J’étais emballé. On a beaucoup réfléchi et puis on a fait des prototypes. C’était beaucoup de réflexion mais pour nous c’était clair alors on s’est lancés.“

« Une équipe soudée »

Si l’idée de « faire de la cuisine sociale ” a vite germé, le plus gros restait encore à faire. Après plusieurs rencontres avec des professionnels de la publicité, de la grande consommation et du web, les deux jeunes hommes ont cherché de nouveaux collaborateurs pour lancer la start-up. Et voilà Anthony, développeur de formation, qui rejoint l’aventure. Et s’entourer des bonnes personnes pour monter une start-up est important. Antoine raconte :

« C’est un professeur de l’Epitech qui nous l’a présenté. […] Le courant est passé directement. Nous avons aussi cherché un chef pour nous accompagner et on a eu la chance de rencontrer Sonia Ezgulian. Elle est géniale parce qu’elle n’est pas une férue de technologie, c’est un couperet de lui montrer nos idées. Elle est devenue notre testeur référent. Mais on a aussi une autre développeuse et un graphiste qui nous aident beaucoup. En plus d’être un projet qui nous passionne on est une équipe soudée.

Réinventer une expérience utilisateur efficace

Pour imposer Youmiam sur le marché et en faire un réseau social innovant, il fallait donc que le trio imagine l’expérience utilisateur la plus simple et efficace possible. La jeune start-up, en étudiant la façon dont les recettes sur Internet sont écrites, pense à permettre d’autres fonctionnalités :

« Les sites de cuisine qui permettent de partager des recettes sont nombreux explique Antoine, mais ils ne sont pas toujours pertinents ni adaptés au partage finalement. »

Si l’enjeu est de taille pour les trio, il ne s’est pas laissé impressionner et n’a pas hésité à repenser l’architecture du réseau social à plusieurs reprises, quitte à repartir de zéro. Il fallait que le partage des recettes soit intuitif mais pas seulement, il était aussi nécessaire que celui qui met une recette en ligne fasse ça de façon logique. La recette n’est plus un bloc de texte accompagné d’une photo et du poids des ingrédients mais devient un enchaînement d’étapes à slider. Théophile raconte :

« On a voulu réinventer le partage de recette. On voulait qu’elle soit simple à partager et simple à retenir. On a choisi un format très épuré. »

Avec l’aide de son frère, les trois jeunes hommes ont pu mettre en place un nouveau prototype en mars dernier tout en prenant en compte les expériences précédentes :

« On a vraiment fait un bond par rapport au début même si la mission de Youmiam reste la même. » affirme Théophile.

Spark, l’accélérateur

Et pour donner un coup de fouet au projet, le trio Youmiam a vite décidé d’intégrer l’accélérateur de start-ups « Spark » :

« Pour nous c’était une nouvelle phase, celle de l’accélération. Quotidiennement le produit évolue. C’est l’occasion pour nous de travailler le développement, les fonds, chercher des partenaires, des clients. Les choses deviennent plus concrètes.

Et les jeunes hommes ne manquent pas d’ambition pour leur entreprise :

« Notre concept va être développé à grande échelle. Nous allons très prochainement lancer une version test en anglais. »

Spark s’est par ailleurs révélé être un environnement propice pour l’équipe qui après trois mois dans l’accélérateur fait un bilan des plus enthousiastes :

« Nous avons décidé de rester un mois de plus. Notre projet est déjà bien abouti, ça commence à devenir un vrai réseau social de cuisine. On va continuer de travailler tout l’été.»

Et si Théophile reconnaît l’efficacité de la formule sur trois mois, ce qui le marque le plus ce sont  les rencontres au sein de l’écosystème : 

« On avait un vrai rythme avec les événements et les conférences avec les professionnels tout en étant libres de nous organiser comme on le souhaite. C’était très stimulant. Et on voulait quelque chose d’accéléré.  

Chacun a pu adapter le programme à ses besoins. La valeur ajoutée est énorme comparée au temps où l’on travaillait de chez nous. Mais surtout on a fait de belles rencontres : les autres start-ups, des investisseurs, des mentors… On échange beaucoup, on se passe des tuyaux, on partage les bonnes et les mauvaises nouvelles. C’est une expérience humaine incroyable. »

Préparer la période post-Spark

Si Youmiam a décidé de rester un mois de plus au sein de Spark, la start-up anticipe déjà la suite et veut poursuivre sur sa lancée :

« On a l’intention de chercher de nouveaux collaborateurs, notamment en développement pour soutenir Anthony » explique Théophile.

Mais à ce stade, un autre impératif s’impose à l’équipe, celui de la levée de fonds :

« On a trouvé une partie du capital qu’il nous fallait mais ce n’est pas fini, affirme le jeune homme. La levée de fonds est un travail que l’on fait en binôme Antoine et moi. C’est important pour nous d’être à plusieurs car on investit plus sur une équipe que sur un projet finalement. 

C’est plus facile quand on est deux de démontrer la force de notre idée. Tous les tests utilisateurs montrent que l’on a l’outil le plus simple et le plus performant du marché. Ceux qui font partie de l’écosystème s’en aperçoivent très vite mais tout l’enjeu c’est de le faire comprendre aux investisseurs.»

Et pour grossir les rangs de ses utilisateurs, la start-up est allée à la rencontre de chefs en devenir dans les pretigieuses écoles de cuisine de l’Institut Bocuse à Lyon et Ferrandi à Paris. Mais le réseau social s’ouvrira bientôt à tous les passionnés de cuisine. Avis aux amateurs !

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