Jukeo, la musique sociale

11 juillet 2013

Dans la première promotion de Spark, aux côtés – entre autres – de Youmiam se trouve Jukeo, la start-up de Louis, Matthieu et Thibault. Fraichement arrivés chez Spark, la jeune équipe veut révolutionner les playlists de soirées. L’idée selon Louis : permettre une “gestion collaborative de playlists en live”. Retour sur leur trois mois dans l’accélérateur.

La fibre start-up

Une soirée a lieu, si personne n’est nommé pour assurer l’intérim du changement de disques, vous risquez fort de vous retrouver avec soit un auto-désigné qui ne passera rien d’autre que ce qu’il aime, soit un même disque qui tournera sur la platine, en boucle, jusqu’à ce que quelqu’un l’arrête.

Jukeo, c’est un jukebox qui simplifiera la tâche de tout le monde : localisé à la soirée, chacun peut ajouter des morceaux à la playlist et voter pour ceux qui ont été ajoutés par d’autres. Celui qui a le plus de voix l’emporte et passe après le titre en cours de diffusion. Et ainsi de suite. À destination “des particuliers, des boites de nuit ou des restaurants” ajoute Louis.

Louis, Matthieu et Thibault se sont vraiment rencontrés en novembre 2012, date à laquelle ils ont lancé le projet. Matthieu et Thibault se connaissaient déjà avant et avaient fait ensemble le 3DS Start-up. C’est là qu’ils ont rencontré Louis. Et les trois jeunes savaient qu’ils voulaient créer une entreprise. Louis explique:

J’ai terminé mon diplôme à San Diego et je travaillais sur le business Internet, je voulais participer à ce monde de création de valeur. Quand je suis rentré il y a un an et demi, je savais que pour monter une entreprise, le plus important était de trouver des personnes complémentaires. Et notre trio magique – formé à l’évènement à Centrale Paris – c’est développeur, designer et celui qui s’occupe de la partie business. » 

Scellé chez Spark, le petit groupe estime que “ça aurait pu ne pas prendre mais pour l’instant ça fonctionne et il faut avoir le coup de chance de rencontrer des personnes avec qui avancer.”

Spark, l’accélérateur

L’expérience américaine de Louis en poche, l’équipe sait que le marché du travail et la façon dont peuvent être vues les idées révolutionnaires ne sont pas les mêmes. À la fois par son volume et son objet. Louis démontre :

Les personnes aux États-Unis veulent changer le monde en faisant du cash et créer des boites pour les revendre. En France, on est plus frileux.

Et pour le business model, ils se sont axés sur trois cibles : événementiel et B2B pour une entreprise qui a besoin d’une animation musicale, les mariages ou anniversaires avec une facturation à la prestation et les particuliers et la possibilité d’offrir des espaces pour les annonceurs. Spark pour les trois entrepreneurs a été une façon d’échanger avec les autres et de concrétiser leur projet, physiquement ensemble, ils avaient ainsi la possibilité à la fois d’avancer, de se disputer et d’apprendre à se connaître.

Prendre un rythme aussi a été indispensable. Thibault précise :

Avant nous étions en cours et ils nous restaient les week-end, avec Facebook ou Skype. La fin des cours a coïncidé avec notre entrée dans Spark. En open space, notre table c’est trois start-ups différentes et nous pouvons aller voir n’importe qui et inversement, tout le monde peut venir nous voir. Les conférences sont nombreuses et on a un excellent accompagnement technique ou business. Alors qu’on était parti de rien, on nous avait juste nous.

Le milieu particulier de la musique nécessite une armada de conseils juridiques, pour savoir “comment faire du sur-mesure” ajoute Louis qui est sûr d’une chose :

“Ce n’est pas en trois mois qu’on construit une entreprise, mais nous avions beaucoup de visibilité à prendre et un réseau de partenaires à consolider.

De nombreuses occasions pour le trio de parfaire à la fois leur stratégie et leur produit. “On a aussi aimé l’ambiance précise Louis et on compte poursuivre sur le même chemin.” L’équipe cherche à présent un développeur stagiaire pour épauler Matthieu – très exigeant – qui ajoute :

C’est très difficile de trouver de bons développeurs. Notre objectif de sortir la V1 en septembre et de la mettre à disposition sur tous les stores fait que nous allons sûrement faire un mois d’août “développement garage”.

Garage, justifié notamment par la réussite de la “soirée GRDF”. L’agence qui gère les soirées de l’entreprise les a contacté et l’équipe de Jukeo, ravie, a accepté. Louis raconte :

« L’objectif, c’était de voir les demandes pour qu’on puisse les actualiser ensuite. Nous avions personnalisé l’interface aux couleurs du groupe et nous passions parmi les invités, notamment pour ceux qui avaient des problèmes de batterie. Les gens voulaient voir monter leurs chansons dans le classement. 120 inscrits et 80 présents, 68 participants pour 495 votes et 125 chansons qui ont été ajoutées. »

Belle performance pour des résultats à la hauteur de ce que l’entreprise – côtée en bourse – souhaitait.

 

Le futur

La start-up se monte et ne souhaite pas – pour le moment – activer de levée de fonds. “Peut-être dans les six prochains mois” précise Louis. Mais elle espère pouvoir se payer en juin 2014 si le bilan de décembre est positif. Et pour le moment, les troupes sont optimistes :

« Nous pourrions avoir deux nouvelles soirées, l’une en décembre prochain et l’autre en 2014. Il faut trouver une première source de revenus pour payer des locaux et indemniser un stagiaire. »

L’application est encore en phase de test et l’équipe voudrait encore insérer des options, notamment le multi-écrans, important “pour éviter que les gens ne restent collés à leurs smartphones” précise Louis. Un écran principal avec le classement des musiques qui passent, agrémenté de tweets et de photos entre autres, pourrait voir le jour. À terme, l’application devra non seulement être disponible pour tous mais surtout, elle devra être stable sur les trois plateformes de musique (Deezer, Grooveshark et Soundcloud).

Pour que l’objectif – prévu pour l’année prochaine – de pouvoir couvrir un festival soit réalisable. “On pourrait imaginer proposer des stands avec hardware et connexion 3G” ajoute Louis. Et Jukeo doit à présent changer de nom pour avoir “quelque chose de plus fun”. Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi, leur a ainsi soufflé une idée déjà éprouvée. Louis explique :

Céline nous a dit, “Quand j’ai cherché le nom de ma start-up, mes amis m’ont dit de regarder Orange et Apple, ce sont des noms de fruits qui ont plutôt bien marché. Alors autant s’en inspirer et essayer de trouver quelque chose qui ne veuille rien dire”. »

Mais difficile d’organiser des brainstorms d’équipe avec comme objet “trouver un nom qui ne veuille rien dire”. Et pour trouver ce genre de pépite, il n’existe aucune méthodologie. Alors si vous voulez aider Mathieu à dormir, envoyez vos idées de noms à contact@jukeo.net. En attendant, ils travaillent d’arrache-pied.

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