La puissance de la ville sensible

11 décembre 2013
L’Internet est omniprésent, immatériel et sans endroit fixe. Pendant ses premières années explosives, beaucoup imaginait un techno-futur scintillant où l’espace physique de la ville serait détruit par la connectivité mondiale de l’Internet. Les pionniers de la théorie numérique annonçaient que l’Internet entraînerait  » la mort des villes. « 
 
Pourtant, les nouvelles technologies en réseau ont prouvé le contraire. Les villes voient aujourd’hui un phénomène sans précédent : l’espace physique est désormais baigné dans une dimension numérique – et cette intelligence ambiante permet une détection fine des flux de la ville. 
 
Lorsque des technologies atomisées sont déployés dans l’espace urbain, ils permettent non seulement une meilleure analyse, mais modifient aussi fondamentalement les modes d’habitation humaine. Plutôt que d’effacer l’importance des lieux de sociabilité humaine -comme cela a été imaginé-, la technologie l’a profondément transformé et augmenté.
La superposition numérique en réseau touche tous les aspects de la société : la politique (comme nous l’avons vu lors de la récente campagne d’Obama), l’économie (la popularité récente de la consommation collaborative), le transport (les voitures d’auto-conductrices) et l’industrie (comme l’impression 3D).
 
Au centre de tous ces changements socio-culturels se trouve la big data. A savoir,  la capacité sans précédent pour recueillir, analyser et mettre en œuvre d’énormes quantités d’informations numériques. Aujourd’hui, il existe une asymétrie considérable entre ceux qui produisent les données (nous tous) et ceux qui contrôlent les données (les sociétés qui ont des ressources et des outils pour les instrumentaliser). En tant que tel, le big data est généralement mobilisée de manière top-down (verticalement), dans l’intérêt d’un bilan économique ou politique.
… Doit-il être comme ca ? Peut-on imaginer un cadre « bottom-up », (du bas vers le haut) ? Est-ce que la Big Data peut se répandre comme une contagion sociale virale ?
 
Les véritables «villes intelligentes» de l’avenir seront construits non pas par des sociétés mais par des citoyens intelligents. Les gens vont utiliser des outils émergents pour prendre possession de leurs données et capitaliser sur leur interconnectivité. Nous allons utiliser moins d’asphalte et plus de silicium – l’architecture ne sera plus un refuge muet contre les éléments, mais une interface active entre les personnes et les données.
 
Alors que la technologie devient omniprésente et imprègne notre environnement « construit », il devient simultanément moins visible. La toile numérique va fusionner avec le tissu social, permettant aux citoyens de se réunir et de jouer un rôle actif dans la ville qui les entoure. Et ça, c’est précisément la puissance de la « ville sensible » (senseable city) : la technologie en réseau qui élève l’homme. 

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