La robe qui mord… et autres vêtements défensifs : pour se protéger d’un monde hostile ? share
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La robe qui mord... et autres vêtements défensifs : pour se protéger d'un monde hostile ?

20 mai 2014

Et si l’avenir se portait comme un vêtement ? A l’heure où les métros et bus aux heures de pointe incommodent nombre de citadin(e)s, c’est la question que s’est posée une artiste hongkongaise avec une robe qui se met en boule pour préserver « l’espace vital » de celle qui la porte. Une trouvaille de The Daily Dot.

Une robe pour protéger notre espace personnel

Réactifs à notre environnement physique, les vêtements connectés vont-ils servir à nous rapprocher des autres ou au contraire, à nous en « protéger » toujours davantage ? C’est la seconde option que semble avoir voulu explorer Kathleen McDermott. 

Grâce à ses capteurs intégrés à l’avant et à l’arrière, sa robe se gonfle et émet un son – à l’image d’un poisson-boule – pour signaler à une personne qu’elle est trop proche. L’idée était de créer un vêtement connecté d’auto-défense qui permette aux femmes de préserver leur espace personnel dans les lieux publics. 

La mode pour échapper à un monde orwellien

Ce vêtement fait partie d’une collection plus large de vêtements connectés singuliers : on y trouve, par exemple, un foulard capable de prémunir son porteur de la pollution (voir la vidéo de démonstration ci-dessous) ou encore un voile pour échapper aux caméras de surveillance.

Ces gentils accessoires ajoutent ainsi une pierre à un édifice fort fourni en ce moment : de la « capuche anti-drone », à l’« Ugly-T-Shirt » pour échapper à la reconnaissance faciale, en passant par les vêtements « déconnectés » qui empêchent les smartphones de fonctionner ou le casque pour voir le monde en slow-motion… on ne compte plus les artefacts qui tentent de nous pousser dans nos retranchements, en répondant à l’invasion des technos dans nos vies par des systèmes de protection tout aussi sophistiqués.

Jouant sur la vision pessimiste selon laquelle les nouvelles technologies nous isolent, ces vêtements connectés interrogent ainsi l’haptophobie de nos contemporains, ce mal que Bernard Andrieu juge corrélatif de l’évolution technique de l’homme : il s’agit de la névrose du toucher, amenant peu à peu les hommes à s’éviter, à produire leur existence selon des trajectoires interdisant la rencontre et la contingence du rapport à autrui.

Mais les vêtement connectés souffrent aujourd’hui d’un tel problème d’image auprès du grand public, que l’on attend avec impatience des hétérotopies plus positives, à l’image de ces chaussures qui nous chatouillent les pieds pour nous indiquer la bonne direction – nous libérant ainsi des écrans. Car le mouvement de convergence des technologies, de plus en plus centrées sur l’utilisateur et portées près du corps, ne portent-ils pas la promesse inverse – se fondre dans notre environnement et remettre l’humain au coeur de la technique ?

Pour en savoir plus, c’est ici avec The Daily Dot.

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